Clarebout Warneton – Demande de permis unique pour le second congélateur géant et de nouvelles extensions. Enquête publique du 2 au 17 mai 2017.

 L’affichage de la demande de permis relative à ce projet et l’annonce de l’enquête publique ont été réalisées le 24 avril 2017, ce qui nous laisse que 7 jours avant le début de l’enquête publique pour résumer les tenants et aboutissants de ce projet…
Le dossier de cette demande de permis unique contenant 92 documents (!) nous avons pris l’initiative d’entreprendre son étude afin de mettre à votre disposition une synthèse efficace et réaliste, donc plus « digeste ».
Afin faciliter l’accès à ce type de document et de permettre à chacun de s’exprimer plus facilement nous allons demander à l’administration communale de Comines-Warneton de mettre à disposition les demandes de permis unique en téléchargement libre au moins 15 jours avant le début de l’enquête publique.

Motivation de la demande

A l’arrière du congélateur existant, Clarebout Potatoes souhaiterait construire un nouveau congélateur. La variété des qualités et des produits voulues par les clients exige de plus en plus de place de stockage. La construction du nouveau congélateur permettra également de réunir l’ensemble des stockages de frites surgelées chez des tiers dans un seul endroit. Actuellement, une grande partie des frites surgelées (produite dans les sites de Warneton et Neuve-Eglise) est stockée chez des tiers, ce qui provoque un trafic inutile.
Réf.: Annexe 8, §8.5, p. 75

Objet de la demande de permis unique

  • Implantation d’un bâtiment congélateur de stockage automatisé (T=-22°C, L=138,75m x l=81,4m x h=32m, contenance : 65 520 palettes, avec système de transport intégré et automatisé par convoyeurs de 175kW, ponts roulants de 300kW et rouleaux de 60kW;
  • Aménagement d’un bâtiment logistique avec 10 quais de chargement (T=-22°C, L=77,45m x l=59,85m x h=15m);
  • Extension d’installation de réduction d’oxygène (extension du bâtiment existant: B021: installation de réduction d’oxygène existant, 170kW);
  • Extension avec des bureaux logistiques (avec un axe de liaison technique, L=35m x l=8m, prévu entre le congélateur existant et celui en projet);
  • Zone d’attente pour les camions (20 places);
  • Zone d’attente pour 10 camions pendant les week-ends (zone exclusive pour les week-ends, cette nouvelle zone évite que les camions doivent se garer près de la route, avec un local de repos et sanitaire);
  • Débourbeur et séparateur d’hydrocarbures (traitement des eaux pluviales venant du nouveau parking, 12 226 l, Classe I);
  • Local sanitaire – repos avec une fosse septique et une épuration individuelle, rejet vers la station d’épuration (STEP) existante (local sanitaire servant aux chauffeurs de camions les week-ends);
  • Bâtiment contenant la pompe (existante et autorisée) pour le captage d’eau de .surface (existant et autorisé);
  • Talus (le long du congélateur : h=10m, le long de la Chée du Pont rouge: h=4,5m);
  • Stockage des eaux pluviales à réutiliser (2 citernes de 975m3);
  • Bassin d’orage (aérienne) avec une zone humide (2 595m3).

Réf.: Annexe 8, §8.5.1 (p. 75 & 76)

Visualisations du projet

Cliquer sur les images pour les agrandir

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RN58, voisins vigilants, caméras : les gros dossiers 2017

La police de Comines-Warneton (B) a présenté, lundi en marge du conseil communal, son rapport d’activités 2016. Et a présenté les dossiers qui devraient déboucher en 2017. Tour d’horizon, entre la limitation à 90km/h sur la RN58, la poursuite du déploiement de la vidéosurveillance et les voisins qui veillent.

COMINES-WARNETON (B).

1. La RN 58, ça avance

« Le dossier relatif au passage de 120 à 90 km/h sur la RN58 avance, a assuré le commissaire Sébastien Dauchy. Dans les prochains mois, la signalisation sera placée. » La bourgmestre Mari-Eve Desbuquoit espère une mise en route au 1er juillet (nous y reviendrons prochainement). Le but est de « désengorger les villages, d’utiliser de manière plus intensive cette route« . Notamment pour les tracteurs qui se rendent chez Clarebout, ainsi que les poids lourds. La police a exigé « des moyens de contrôle sur treize kilomètres« .

Un radar « multi-tronçons »

Un radar « multi-tronçons » doit être installé afin, comme tous les radars, de vérifier que la limitation de vitesse est respectée, mais celui-là lira aussi les plaques d’immatriculation des voitures. Pratique pour les enquêtes.

(…)

Plana Radenovic

Source : La Voix du Nord du 27 avril 2017

Camions et tracteurs déviés sur la N58

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A Warneton, des panneaux interdisent le passage du pont aux plus de 3,5 T. Une interdiction peu respectée… des dispositions légales ont été prises.

En apéro, les élus ont absorbé une portion de frites avec les soucis de la mobilité. Le plat de consistance, un méga congélateur, mijote.

Lundi, durant deux heures, la séance du conseil a abordé une vingtaine de points.
La mobilité a occupé une bonne part des débats. Les élus ont voté un règlement complémentaire de police instaurant la limitation à 3,5 T, rue Pierre De Simpel à Warneton, soit le passage du front-frontière.
La décision n’est pas nouvelle, des panneaux ont déjà été installés, mais ils semaient le doute dans !’esprit des camionneurs qui les découvraient une fois le pont franchi.
Au nom du MR, Alice Leeuwerck a demandé quelques précisions. Réponse de la bourgmestre, Marie-Eve Desbuquoit : le travail se fait en collaboration avec les communes françaises voisines; un panneau de pré-signalisation sera placé au rond-point du magasin Match, à Deûlémont. « Pour, l’heure, même s’il y a eu des contrôles, la police n’a pas verbalisé car nous attendions l’adoption d’un arrêté royal et la pose de la pré-signalisation.  »
Le dossier avance aussi du côté de la mise à 9o km/h de la N58. « Une réunion importante est prévue ce vendredi, avec signature d’un protocole avec le SPW. Attendons qu’il soit signé… » (…)

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Clarebout Potatoes a déposé sa demande pour le second congélateur géant

Lundi soir, les élus belges de Comines-Warneton se sont réunis e conseil communal. Et à la faveur d’une question posée par l’opposition, on a appris que Clarebout Potatoes lance son projet de second congélateur.

WARNETON (B). C’est l’élu Ecolo Philippe Mouton, qui a ouvert le bal sur le sujet, en évoquant l’affichage annonçant, au Pont Rouge, le lancement du projet de second congélateur. De fait, sur le site, les panneaux ont été posés le jour-même du conseil communal : la direction de Clarebout y expose sa demande de permis unique pour un bâtiment frigorifique automatisé pouvant contenir 65 520 palettes de frites surgelées.

« L’enquête publique sur le second congélateur va durer du 2 au 17 mai : les documents seront visibles à la mairie de Comines (B).

Un bâtiment dont les dimensions sont imposantes : 138 mètres de long sur 81mètres de large, pour une hauteur de 33 mètres. Soit plus imposant que le premier construit en 2013.
Le nouveau permis évoque aussi la construction d’un bâtiment logistique équipé de dix quais, ainsi qu’un local dédié aux sanitaires et repos des salariés.
Un axe de liaison devra être réalisé et l’entreprise prévoit d’ériger un talus le long du nouveau congélateur, talus d’une hauteur de 4,50 à 10 mètres. Encore inclus dans le permis unique, la réalisation d’un basin d’orage et de stockage des eaux pluviales et le déplacement du parking existant. Cette extension « n’entraîne pas d’augmentation de la capacité de production , précise encore l’entreprise, en soulignant que ce projet qui se situe « partiellement en zone agricole« , nécessitera une dérogation au plan de secteur.

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Un procès pour comprendre comment Alison a pu mourir happée par une machine à Clarebout

Le 11 avril 2016, on retrouvait Alison Engrand morte sur son lieu de travail, l’usine Clarebout Potatoes de Neuve-Église en Belgique. Après des mois d’enquête, un procès va s’ouvrir en juin. La famille mervilloise s’est constitué partie civile. Un an après, l’ex-compagnon, Sébastien Guille, témoigne.

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1 Ce jour-là

À peine un an avant sa mort, Alison Engrand avait passé le permis de conduire et depuis, elle «  travaillait à droite, à gauche, elle prenait tout, raconte Sébastien Guille. C’était une battante, elle voulait une belle petite famille  ».

On lui avait parlé de Clarebout. De l’intérim. Ce samedi-là, c’était seulement son quatrième jour de travail là-bas. «  D’après ce qu’elle m’avait dit, elle devait trier des choses dans les frites congelées qui passaient sur un tapis roulant  », rapporte son ancien compagnon. Ce samedi-là, elle finissait à 18 h. «  Je l’ai appelé à 18 h 05, raconte Sébastien Guille. Puis à 15 puis à 20. On était comme ça. Et à sept heures moins le quart, on a toqué à ma porte. C’était un Mervillois dont la femme travaille à Clarebout. Il m’a dit : Bastien, tu t’assois. Après… C’est un cauchemar.  »

2 Alison

Elle est de celles qui ont été cabossées par la vie. Élevée par un oncle et une tante puis placée dans de multiples foyers. Elle atterrit à Merville et y rencontre Sébastien Guille, à 16 ans. «  Elle m’a impressionnée cette fille, livre aujourd’hui le Mervillois. C’est elle qui s’est débrouillée pour tout. Pour avoir des apparts. Même avec les enfants, elle faisait tout. Elle avait 18 ans quand elle a accouché. Elle s’est faite elle-même.  » Jusqu’à ce jour où tout s’est arrêté sur une machine de Clarebout. «  Elle avait 29 ans et des projets par-dessus la tête, c’est pour ça que je suis dégoûté.  »

3 Le procès

À l’époque des faits, la famille disait ne pas souhaiter porter plainte. Clarebout a pris en charge l’enterrement. «  Ils m’ont appelé plusieurs fois  », glisse Sébastien Guille.

Mais depuis, une enquête a été ouverte et transmise au procureur du Roi. L’ex-compagnon s’est rapproché d’un avocat mervillois (lire ci-contre) et a pu appeler les enquêteurs. «  Ils ont répondu à mes questions. Ils m’ont dit qu’il y avait des choses qui n’allaient pas : elle travaillait toute seule, il n’y avait pas de bouton d’arrêt…  »

Aujourd’hui, le Mervillois de 38 ans est plus déterminé que jamais à faire la lumière sur les faits  : «  Je voudrais savoir comment ça s’est passé. Ça vaut le coup de le faire. En espérant que ça serve (…). Et puis je voudrais qu’il (le patron de Clarebout, ndlr) comprenne qu’on n’est pas des chiens.  »

4 Les circonstances de la mort

Deux mois après la mort de sa compagne, Sébastien Guille a demandé à aller à Clarebout voir les lieux. On lui a dit qu’on avait trouvé Alison près de quatre mètres plus loin de l’endroit où elle travaillait, coincée entre deux machines. On lui a dit que les tapis tournaient encore quand un salarié est arrivé. On lui a dit qu’à leur arrivée, les secours n’avaient rien pu faire. Mais on ne lui a pas dit combien de temps elle était restée là. Ni ce qu’il s’est vraiment passé. «  À Clarebout, on m’a dit : «Si on pouvait vous répondre, on vous le dirait mais on ne comprend pas»  », indique Sébastien Guille.

Alison aurait été entraînée par un habit sur le tapis roulant, peut-être par une manche (à l’époque, on avait aussi parlé d’une écharpe). « On a dit que c’était à cause de son écharpe. Ça m’a fait mal. C’était son quatrième jour, si elle ne devait pas porter d’écharpe, on aurait dû lui dire (…). Je n’arrête pas d’imaginer la scène. Tous les jours, même la nuit, je me demande comment elle a pu faire, comment elle a pu être entraînée, pourquoi elle ne s’est pas débattue… J’espère qu’elle est partie au plus vite, qu’elle n’a pas paniqué.  »

5 La vie depuis

Alison avait deux enfants : Camille, aujourd’hui 12 ans et Baptiste, 8 ans. «  Parfois mon fils a les larmes qui coulent. J’ai l’impression qu’il croit que la mort, ça dure qu’un temps. Il me dit : «Je vais la revoir au moins une fois dans ma vie, maman ?» Ma fille, elle fait ça discrètement, elle a tendance à vouloir me protéger.  »

Sébastien Guille, lui, est sujet aux crises d’angoisses : «  Je prends des cachets, heureusement. Il m’a gâché ma vie quand même. Alors je ne vais rien lâcher. Je sais qu’Alison n’aurait pas lâché l’affaire, c’est mon devoir.  »

Un procès opposera Clarebout Potatoes à la famille, en juin

C’est quelques semaines après le décès de sa compagne que Sébastien Guille s’est rapproché d’un avocat mervillois, Yves De Coninck. Mais la famille d’Alison Engrand est aussi assistée d’une avocate belge dans une audience, qui se tiendra vraisemblablement à Ypres (B) et qui se déroulera en flamand.

«  Sinon, le système judiciaire est assez similaire que le français, explique Me Yves De Coninck. Une enquête préliminaire a été faite. Puis le dossier a été remis au procureur du Roi. Il existe un parquet, comme en France, sauf qu’on l’appelle le parquet du roi en Belgique.  »

L’avocat se dit assez étonné, positivement, de la rapidité avec laquelle l’affaire a été traitée. Lui se dit persuadé qu’il y a eu des défaillances de la part de Clarebout. «  Personnellement, j’espère qu’on va aller jusqu’à une condamnation pénale. Pour essayer que cela ne se reproduise plus. D’ailleurs la famille, ne demande rien, on n’est pas dans une question d’indemnisation, on est dans la recherche de la vérité.  »

Contactée, l’avocate belge de la famille n’a pas souhaité commenter le dossier.

« On verra ce qu’il se dira »

Contactée, la direction du groupe Clarebout a indiqué ne pas vouloir commenter l’affaire en attendant la tenue du procès «  pour garder de la sérénité et laisser les choses se dérouler (…). On verra ce qu’il se dira  ».

Rappelons que le site de Neuve-Église – Clarebout est une entreprise spécialisée dans la production de pommes de terre – emploie près de 200 salariés dont une grande majorité de Français qui passent la frontière chaque jour.

Une équipe de conseillers en prévention

En septembre 2015, un énorme incendie avait ravagé une partie de l’usine. En avril, date du terrible accident qui a vu la mort d’Alison Engrand, la production venait tout juste de reprendre sur la deuxième ligne, après des travaux.

Après le drame, la société Clarebout s’était défendue dans nos colonnes, par la voix de son porte-parole : «  Nous avons une équipe de conseillers en prévention. Nous sommes contrôlés régulièrement (…). Ce sont des choses qui peuvent toujours arriver dans de grandes sociétés, il y a toujours des risques. Mais c’est évident qu’on est en train de regarder comment cela a pu se produire et qu’on va chercher des améliorations (…) Une formation et des instructions de sécurité sont données… Mais cela n’a pas empêché le drame.  »

Source : La Voix du Nord – 25/04/2017

Un nouveau frigo géant à Warneton (B)

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Durant cette législature, l’entreprise Clarebout Potatoes à Warneton aura été le sujet le plus souvent évoqué au conseil communal de Comines-Warneton. Les nuisances en matière d’odeur, de bruit et de charroi ont fait l’objet de débats au sein de l’assemblée des élus.

Clarebout Potatoes sera un des sujets majeurs de la prochaine campagne électorale. L’entreprise de transformation de pommes de terre dont le siège se trouve à Nieuwkerke, et qui possède également une implantation de plus en plus importante à Warneton, souhaite s’agrandir sur ce second site. L’enquête publique débute ce 2 mai.

L’entreprise a déposé une demande de permis d’urbanisme pour la construction et l’exploitation d’un bâtiment frigorifique automatisé. Les dimensions prévues : une base de 138 sur 81 mètres et une hauteur de 33 mètres. Le frigo serait entouré d’un talus le long du congélateur oscillant entre 4,5 et 10 mètres de hauteur.

Le projet de l’entreprise Clarebout Potatoes prévoit également la construction d’un bâtiment logistique de dix quais et d’un local sanitaire et de repos, la réalisation d’un bassin d’orage pour le stockage des eaux pluviales…

La bourgmestre FF de Comines-Warneton Marie-Eve Desbuquoit (Action-cdH) avait indiqué en février 2016 que la majorité Action-PS n’accorderait pas de permis pour le second frigo « tant que les exigences mises en place pour les précédents permis n’étaient pas rencontrées ».

Le collège Action-PS a octroyé début janvier le permis demandé par Clarebout Potatoes dans le but de construire un nouveau hangar, une nouvelle aire de stationnement pour les camions et un espace pour le nettoyage et le réapprovisionnement en carburant des poids lourds.

Le collège avait dans un premier temps émis un avis défavorable avant de faire marche arrière. L’administration wallonne, donnant un avis favorable, avait indiqué que ces mesures permettaient de réduire les nuisances.

Laurent Dupuis

Source : DH.BE (Edition Ath-Mouscron-Tournai) du 25/04/2017

 

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Quelque 200 personnes protestent contre la pollution de l’air à Bruxelles

Quelque 200 personnes, rassemblées à l’initiative du collectif citoyen Bruxsel’AIR, ont protesté samedi dans les rues de la capitale contre la pollution de l’air aux particules fines. « Nous voulons faire prendre conscience au grand public de l’ampleur et de la gravité de la situation », ont affirmé les organisateurs, qui dénoncent « l’immobilisme des décideurs politiques en la matière ».

Actifs depuis 08h30, une centaine de militants ont affublé plusieurs statues de masques anti-pollution aux quatre coins de la capitale, avant de rejoindre les autres sur la place Royale vers 13h00, où un grand rassemblement était prévu autour de la sculpture en bronze de Godefroid de Bouillon. Certains agitaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « La pollution nous pompe l’air », « Pollution de l’air: agir, pas négocier » ou encore « Fresh air for the Bruxsel’AIR »

Les particules fines (PM10), ces micro-poussières en suspension dans l’air dues notamment à la combustion industrielle, aux moteurs automobiles et au chauffage urbain, peuvent pénétrer à l’intérieur des poumons et entraîner un risque accru de cancers, d’asthme, d’allergies et de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires.

Selon la Cellule interrégionale de l’Environnement (Celine), à Bruxelles, la concentration de ces particules dans l’air a franchi à quatre reprises – parfois pendant plusieurs jours consécutifs – le seuil d’information de 50 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m³), à partir duquel la population doit être avertie et adapter son comportement, comme ne pas pratiquer d’activité physique prolongée en plein air. Depuis qu’il est entré en vigueur en novembre 2016, ce seuil a également été dépassé trois fois en Région wallonne et cinq fois en Région flamande.

Le seuil d’alerte, établi à 70 µg/m³ et donnant lieu aux limitations de vitesse, n’a lui plus été franchi depuis 2014, précise l’organisme en charge de surveiller la qualité de l’air. Pour le collectif Bruxsel’AIR, les autorités tardent toutefois à mettre des réponses adéquates en place.

« Il faut des mesures structurelles qui nécessitent une action coordonnée des différents niveaux de pouvoir », insistent les organisateurs de la manifestation. Ces mesures consistent, selon eux, en la mise en œuvre d’un péage urbain à Bruxelles, de la fin des subsides accordés aux voitures de société, de l’interdiction des véhicules Diesel ou encore de l’amélioration des transports en commun et des infrastructures pour la mobilité active.

Selon les chiffres de l’Agence européenne de l’Environnement, chaque année près de 500.000 décès prématurés sont liés à la pollution de l’air en Europe, dont 12.000 en Belgique.

Source : 7sur7.be  – 18 février 2017

L’air pollué cause 12 000 décès par an en Belgique

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La Belgique est le pire pays européen en termes de qualité de l’air, juste après le Monténégro. Un score qui mérite d’être nuancé, selon les chiffres de l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE).

L’information fait presque froid dans le dos : selon un rapport publié fin janvier par les très prestigieuses universités américaines de Yale et Columbia, la Belgique est le pire pays européen en termes de qualité de l’air après le Monténégro. Ce classement mondial baptisé « Environmental Performance Index » (EPI) a évalué et comparé l’efficacité des politiques environnementales selon seize critères (pollution intérieure, surpêche, consommation d’eau, etc.). Il estime que la moitié de la population mondiale respire un air jugé nocif pour la santé. Et la situation serait donc particulièrement grave en Belgique.

Les particules fines : ennemi public n°1

« La pollution de l’air est un problème planétaire« , rappellent les auteurs du rapport EPI. Une fois de plus, leur évaluation met l’accent sur les particules fines, composant polluant jugé le plus nocif pour la santé et présent dans la majorité des grandes villes européennes. Sans surprise, Bruxelles fait partie des mauvais élèves avec une concentration moyenne annuelle en particules fines de 15µg/m3. Même si elle parvient à respecter la norme européenne (fixée à 25µg/m3), elle dépasse néanmoins la norme imposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fixée à 10µg/m3. «  Bien qu’il s’agisse d’une estimation moyenne, on constate une augmentation de 6,2 % de décès prématurés lors d’une concentration en particules fines de 10mg/m3« , indique le professeur Alfred Bernard, toxicologue à l’UCL.

Jugées cancérigènes depuis juin 2012 par le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC), les particules fines seraient responsables de nombreuses maladies, essentiellement cardiovasculaires et respiratoires, telles que la pneumonie, le cancer du poumon ou l’accident vasculaire cérébral. « Nous ne sommes pas surpris par le faible score de la Belgique sur le classement EPI. Nos propres chiffres recensent environ 12 000 décès prématurés par an en Belgique et 400 000 en Europe« , commente Hans Bruyninckx, directeur de l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE).

Une voiture pour deux habitants

Forte concentration de la population, activité industrielle importante, densité du réseau routier; les sources d’émission de ces particules mortelles sont nombreuses. « Les particules fines sont un problème typiquement européen, son parc automobile étant constitué pour 60 % de moteurs diesel. En Belgique, c’est une voiture pour deux habitants« , explique le professeur Bernard. Sur le banc des accusés, le diesel répond encore à l’appel. Avec huit milliards de litres de gazole consommés par an et plus de trois millions de véhicules diesel en circulation, la Belgique fait partie des plus gros consommateurs européens. A partir des années 70-80, le parc automobile de l’Europe se « diesélise » grâce à une promotion glorifiante du gazole. « On a promu le diesel pour plusieurs raisons : sa moindre taxation par rapport à l’essence, ses moteurs plus performants et sa faible émission de CO2 « , rappelle Jean-Louis Nizet, secrétaire général de la Fédération pétrolière belge (FPB).

Dans la course à la réduction des émissions de CO2, les politiques de l’époque ont créé auprès des consommateurs une véritable passion pour le diesel. Mais à partir des années 2000, le carburant devenu roi devient rapidement la cause de tous les problèmes. « Dans la lutte contre le réchauffement climatique, diminuer notre consommation de pétrole et d’énergies fossiles est devenu primordial. Le diesel est donc devenu quelque chose à bannir absolument« , ajoute Jean-Louis Nizet.

Stigmatisé, le diesel ?

S’il est certain que les pots d’échappement polluent notre atmosphère, certains s’insurgent contre l’omission d’autres facteurs tout aussi responsables. Pour le Pr. Bernard, la pollution résulte de deux autres sources importantes : l’industrie et le chauffage domestique. «  Il est important de rappeler que les particules fines ne viennent pas uniquement des moteurs diesel. Tout le monde attaque le transport alors que le chauffage domestique et les combustibles fossiles ont également leur part de responsabilité « , précise-t-il. Le dernier rapport de l’AEE confirme que le secteur du transport ne représente « que » 13 à 15 % des émissions de particules fines.« Aujourd’hui, les technologies existent pour que les moteurs diesel puissent respecter les normes d’émissions. Il faut simplement laisser le temps au parc automobile européen de se renouveler », ajoute Jean-Louis Nizet. Tandis que les normes européennes anti-pollution imposées au secteur de l’automobile se durcissent d’année en année, ça ne fait plus de doute : le diesel émet de moins en moins de particules fines.

Mesures strictes, moteurs plus propres

En 2009, la norme Euro 5 imposait déjà l’application de filtres à particules (FAP) sur les nouveaux moteurs diesel afin d’en limiter les émissions. Fin 2011, le gouvernement belge stoppe les incitants sur le gazole et lui fixe une taxation plus importante via un système d’accises. L’objectif : faire en sorte et de manière progressive que les prix de l’essence et du diesel s’égalisent d’ici à 2018. Enfin, la norme Euro 6 de 2014 donne naissance au dit « diesel propre » : de plus en plus contrôlé, de moins en moins polluant. Des progrès dont l’industrie automobile ne manque pas de se vanter.

Des efforts encore nécessaires

Malgré des mesures strictes et une réduction notable des émissions de particules, le débat reste vif pour les acteurs de l’environnement. Bien que plus « propres », les moteurs diesel restent très polluants en dioxyde de carbone (NO2). « La politique du diesel a faiblement évolué depuis les vingt dernières années. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir afin d’inverser la tendance actuelle », déclare Hans Bruyninckx de l’AEE. « Des efforts sont encore nécessaires pour conforter et assurer le respect des normes européennes relatives aux concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote », indique, pour sa part, la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH). « L’amélioration de la qualité de l’air est un enjeu essentiel pour la santé des Belges », conclut-elle.

L’approche américaine contestée

Les données du rapport américain « Environmental Performance Index 2016 » (EPI) diffèrent de celles récoltées par l’Agence européenne de l’Environnement (AEE). Le score médiocre de la Belgique nécessite donc d’être nuancé aux yeux de la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (CDH).

Données satellites versus données au sol

Basé sur une moyenne spatiale pondérée par la population, le classement mondial EPI est calculé sur base de mesures satellites de particules fines. Toutefois, ces données américaines ne reprennent pas les mesures au sol, elles-mêmes utilisées par l’Agence européenne de l’Environnement. « Si l’on se base sur les résultats de l’AEE, un calcul similaire de moyenne pondérée par la population permet de constater que la Belgique n’est non pas avant-dernière, mais bien dans la moyenne européenne« , déclare Céline Fremault. Si les données au sol, calculées via stations de mesures, ont été imposées par la législation européenne, leur fiabilité est cependant discutée. « La mesure via satellite est évidemment plus fiable. Les stations de mesures qui coûtent cher et qui sont donc limitées ne donnent pas une vue d’ensemble. Elles ne mesurent que les bruits de fond « , souligne le Pr Bernard, toxicologue à l’UCL.

Afin d’obtenir des données plus représentatives, la solution serait de combiner ces deux techniques de mesure. « La mesure via satellite est une technique récente dans laquelle nous souhaitons et commençons à investir. Mais on ne peut pas tout mesurer par satellite, c’est pourquoi il est important d’avoir des stations positionnées sur le territoire« , ajoute Hans Bruyninckx, directeur de l’AEE.

La politique du « ranking »

Dans la « moyenne européenne« , la Belgique demeure néanmoins dans la seconde moitié du classement avec un taux de concentration en particules fines qui reste élevé, surtout à Bruxelles. La mission d’un tel rapport est claire : « Signaler aux politiques dans quels secteurs spécifiques les performances environnementales doivent être améliorées. » La politique du « ranking » qu’ils utilisent vise ainsi à motiver les changements politiques et à capter l’attention générale. « Même si, à l’AEE, nous n’aimons vraiment pas ce système de classement, ce rapport constitue un véritable avertissement qu’il ne faut pas prendre à la légère », indique Hans Bruyninckx. Mais la ministre bruxelloise de l’Environnement se veut rassurante : « La qualité de l’air belge s’améliore sur le long terme. L’exposition des Bruxellois à certains polluants a déjà pu être réduite, permettant ainsi de respecter les normes européennes en termes d’émissions et de concentration pour la majorité des polluants », assure-t-elle.

J.C. (st.)

Source : LA LIBRE.BE ( 21 février 2016)

La pollution de l’air en lien avec les performances à l’école

L’étude a été menée dans trois écoles primaires flamandes, à Zonhoven, Tirlemont et Hasselt.

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Les écoliers sont moins performants en classe les jours où l’air est davantage pollué dans et autour de leur école, ressort-il d’une étude belge reprise vendredi dans le Morgen.

Les chercheurs se sont rendus plusieurs fois dans trois écoles primaires flamandes, à Zonhoven, Tirlemont et Hasselt. Ils y ont observé que les points des élèves augmentaient quand l’air était davantage pur. Ce n’était pas le cas, en revanche, pour les élèves dont l’environnement à domicile était fort pollué.

« Il faut faire quelque chose urgemment »

«  Les différences sont subtiles mais interpellantes. L’effet de la pollution de l’air est presqu’aussi déterminant que le niveau d’éducation des parents  », indique le professeur en épidémiologie Tim Nawrot (UHasselt). «  Nous ne pouvons pas nier que la qualité de l’air a des conséquences au niveau cognitif. Vu que la Flandre est traversée par un trafic intense, nous devons y faire quelque chose urgemment. Nous avons réalisé l’étude dans des écoles où l’air était d’ailleurs relativement peu pollué. Dans une ville dense, les effets sont certainement plus importants.  »

Source : Le Soir du 6 janvier 2017