Warneton: pas de congélateur en zone agricole humide

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Mastodonte installé sur les bords de Lys, le congélateur ne passe pas inaperçu dans le paysage.

En refusant le congélateur, les élus affirment leur intention de ne plus faire le moindre cadeau à Clarebout tant que des nuisances sont avérées.

Fin juillet, le collège a refusé le congélateur de 65 520 palettes. Une décision prise à l’unanimité, avec un absent: Didier Vandeskelde. Au préalable, le fonctionnaire délégué de la Région wallonne a émis un avis défavorable.

«En plus de ceux rédigés par les fonctionnaires de la Région, 23 avis ont été sollicités, parmi lesquels ceux venus de France », explique Emmanuel Dubuc, chef du bureau technique où le dossier est consultable.

Quels sont les griefs?: «Il y a deux aspects essentiels: d’une part, la construction en zone agricole avec un impact urbanistique et paysager; d’autre part, le site est partiellement en zone inondable », précise Emmanuel Dubuc.

Ces avis sont argumentés sur des rapports dont on trouve synthèse dans les 106 pages. Épinglons les remarques du CWATUP, service du SPW. «L’article 35 stipule que la zone agricole est destinée à l’agriculture au sens général du terme. Elle contribue au maintien ou à la formation du paysage. Elle ne peut comporter que les constructions indispensables à l’exploitation et le logement des exploitants dont l’agriculture constitue la profession. »

Des caractéristiques qui n’entrent pas dans le schéma Clarebout, avec un congélateur de 138 m de long, 81 m de large et 33 m de haut. «Il existe actuellement sur le site une installation de gabarit identique localisée au sein de la zone industrielle dont l’impact paysager est important. […] L’implantation cumulée des deux congélateurs le long de la Lys risque de créer une barrière visuelle importante au vu de leur gabarit imposant ».

La DREAL française (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a pesé de tout son poids. Elle explique que «le projet Corrid’or renforce l’identité paysagère de la vallée de la Lys et que Deûlémont et les voies sur berge font partie des 1 300 ha d’espace naturel mis en valeur par la MEL (Métropole Européenne de Lille). »

L’extension se fait en zone humide, avec comblement de plans d’eau; ce qui va aggraver le risque d’inondation. «Globalement, la description des enjeux côté français n’est pas traitée, reproche-t-on, page 61. Le projet se situant en partie en zone humide côté belge et à proximité immédiate de zone d’intérêt faunistique et floristique côté français, le dossier aurait pu contenir une description exhaustive des enjeux liés à la biodiversité ainsi que les incidences notables directes et indirectes du projet sur ceux-ci. »

Des arguments environnementaux auxquels il faut ajouter le tableau de la situation actuelle, page 77. «Il a été constaté que les activités de l’entreprise provoquent des nuisances (olfactives, sonores, etc.). Il lui appartient d’adopter des mesures nécessaires afin d’assurer le strict respect des normes fixées dans les différentes autorisations qui lui ont été délivrées. Les normes du permis unique octroyé par le conseil communal en sa séance du 3 février 2012 ne sont pas respectées. »

Des phrases écrites noir sur blanc qui vont résonner agréablement dans les oreilles des riverains…

Source : L’AVENIR – 13 août 2017

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