Warneton (B) – Clarebout: travailler pour gagner sa vie, pas pour la perdre

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Le décès de leur collègue a été ressenti comme un vrai traumatisme. La solidarité a été totale. (Photo : L’Avenir)

25/10/2017 (21h31) – Sous le choc de la mort d’un des leurs, les salariés n’ont pas repris le travail. Après discussions, ils ont regagné leur poste peu avant 20 h.

Ce mardi, en fin d’après-midi, Rachid, un ouvrier de 42 ans et père de deux enfants, est décédé dans un accident du travail, à l’entreprise Clarebout Potatoes. Ce citoyen de Wattrelos, était occupé d’enlever une boîte quand il est resté coincé sous un monte-charge en fonctionnement. La médecine et l’inspection du travail sont descendues ce mercredi, à 14h, sur le site.

L’entreprise a été mise à l’arrêt en soirée et durant la nuit. Toutefois, l’équipe du matin a refusé de reprendre le travail, entre émotion et colère, dénonçant un laxisme sur la sécurité. Au-delà de la peine liée à la perte d’un collègue, cet accident est la goutte qui a fait déborder le vase. Leur argument: les ouvriers viennent au travail pour gagner leur vie, pas pour la perdre. Leurs chefs leur ont bien proposé 150% du salaire, mais la solidarité a joué et personne n’a repris son poste.

Sur le site, les mines sont graves, l’ambiance est lourde. L’omerta règne en maître et le mot d’ordre de na pas parler à la presse est flagrant, puisque tous les ouvriers donnent la même réponse : « Adressez-vous à la direction. »

La matinée, les ouvriers l’ont passée sur le parking des camions, laissant faire le ballet habituel de camions sachant que, sans logistique, ils ne seraient ni chargés ni déchargés. A 14h, au changement d’équipe, l’arrêt de travail s’est poursuivi.

« Nous sommes sur place depuis 8h30, explique mercredi soir Marie Line Colin, permanente FGTB-Horval, présente avec ses collègues de l’ABVV et de l’ACV. Les délégations syndicales voulaient rencontrer les travailleurs et les écouter. Il est clair qu’ils refusent de reprendre leur poste pour des raisons de sécurité. Ils ont exprimé un ras-le-bol d’évoluer dans de telles conditions. »

Et d’évoquer certains témoignages : « L’un m’a dit qu’il ne voulait plus venir travailler la boule au ventre. Un autre que, quand il débutait son travail, il n’était pas sûr de rentrer chez lui»

Vers 11h30, une concertation a eu lieu avec la direction :  « Tous les chefs étaient présents, sauf Jan Clarebout. Nous leur avons expliqué notre façon de procéder : nous voulons un protocole très clair pour assurer la sécurité : des travaux réalisés immédiatement et d’autres planifiés»

Une grande partie de la journée passée en discussions et, peu avant 20h, les ouvriers ont repris leur poste : « Des mesures ont été acceptées, à commencer par la vérification du matériel de la logistique, surtout celui qui est lié aux clarks. De plus, un cadre de formation sera mis en place pour les intérimaires et les CDD. Une charte leur permettra de refuser certains travaux où ils ne se sentent pas en sécurité. Fin novembre, une première évaluation sera réalisée sur la logistique et, en janvier, sur d’autres aspects sécuritaires où des améliorations de sécurité doivent être apportées. Au préalable, nous rencontrerons les travailleurs pour les interroger sur le concret des améliorations. Nous avons également demandé que ce qui est appliqué à Warneton le soit aussi à Neuve-Eglise. »

Marie-France Philippo

Source : L’AVENIR – 25 octobre 2017

 

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