Clarebout Potatoes : « Jamais vu un tel laxisme »

Témoignage accablant d’un ancien ouvrier qui dénonce des problèmes d’hygiène et de sécurité au nom d’une production intensive.

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Pas évident d’éviter les chutes avec ce qui traîne sur le sol…

Chez Clarebout Potatoes la mort de Rachid a été un traumatisme pour beaucoup. Et les langues se délient…
C’est ainsi qu’un ancien travailleur, qui a quitté l’entreprise de son plein gré, a souhaité témoigner de ce qu’il a vécu. Fort opportunément, il a pris des photos de la situation telle qu’elle était en août dernier.
Nous l’avons rencontré à son domicile, dans la métropole lilloise, mais nous respectons son souhait de garder l’anonymat.
« J’ai travaillé dans d’autres usines; tout n’était pas parfait, mais je n’ai jamais vu un tel laxisme. Il y a plusieurs années, quand j’ai commencé chez Clarebout, tout était plus ou moins en ordre, propre. C’est lorsque l’usine a commencé à s’agrandir que l’unique mot d’ordre a été « production ». Partout, dès qu’il y avait un blocage, on avait l’ordre d’enlever la sécurité. »
Comme le nettoyage ne rapporte rien, on le néglige : « Nous étions toujours avertis des contrôles d’hygiène. Tous les deux ou trois mois, on faisait le grand nettoyage et tout était propre quand le contrôleur passait. Mais, entre deux, on ne fait pas grand-chose. »

Un site en suproduction

Même constat pour la sécurité : « Quand j’ai appris l’accident, je me suis dit « encore un », mais cette fois, il y a un mort et une famille dans la peine. J’ai vu des tas d’accidents : des brûlures suite à l’huile qui déborde, un pied arraché par une fraise, des membres écrasés par un clark, des chutes parce qu’il glisse partout et des incendies à répétition. Ils sont monnaie courante. En une  semaine, il y a en eu sur la ligne 5. Une fois, la production a été arrêtée durant deux jours parce que le câblage avait brûlé. A mon sens, la cause principale est la surproduction. Si une machine est conçue pour pour produire 30 tonnes et qu’elle en débite 45, il est normal qu’il y ait de la surchauffe.
En plus, comme il pleut dans le bâtiment, il a fallu placer des bâches bleues sur les armoires électriques. Je n’ose imaginer ce qui va arriver quand la ligne 7 sera opérationnelle. »

Solidarité entre ouvriers

Malgré tout, il est resté plusieurs années : « le salaire que je touchais était très correct d’autant plus que, comme il y a un manque permanent de personnel, je faisais des heures supplémentaires. Il faut bien que je paie les crédits. Il y avait aussi une solidarité entre les ouvriers, on se serrait les coudes. Les chefs sont Flamands et le petit personnel parle français, mais il n’y a pas beaucoup de Wallons. Ils arrivent, mais ils ne restent pas longtemps! »

Marie-France Philippo

Lire la suite de l’article : L’AVENIR – 30 octobre 2017

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