WARNETON (B) – Le point sur les projets de plateforme portuaire et du second super congélateur de l’usine Clarebout

Par Guy Lauwarier
12 décembre 2017

La Lys prend sa source en France dans les collines de l’Artois. Elle s’écoule vers l’Est et sert de frontière franco-belge entre Armentières et Menin puis rejoint l’Escaut à Gand.
Son parcours en Wallonie est long de 12 km, soit en en bordure d’une unique ville wallonne : Comines-Warneton.

Le transport fluvial est le moyen le plus écologique de faire circuler des marchandises lourdes et volumineuses. La Wallonie peut bénéficier d’un subside pour créer une plateforme portuaire. Le PACO (Port Autonome du Centre et de l’Ouest) est chargé de sa réalisation. Il projette de la situer à Warneton au lieu-dit Pont-rouge.

La question que nous nous posons est simple : qui va profiter de cette implantation ?
A l’ensemble de la Région wallonne ?
Non, car celle-ci dispose de 2 liaisons fluviales directes et déjà aménagées : l’Escaut qui la relier à la France et à Anvers et la Meuse qui la relier à la France et aux Pays-Bas.
A la Wallonie picarde ?
Non, l’Escaut lui suffit et la ville WaPi la plus proche de Warneton est à 30 km.
Il reste la Région flamande est la petite ville de Comines-Warneton.
Pour ce qui est de la Flandre, il est difficile de comprendre que l’argent des contribuables wallons puisse servir à favoriser l’industrie flamande et en même temps, favoriser le transport routier flamand vers le centre de Comines-Warneton.
Pour ce qui est de Comines, les besoins sont faibles car cette ville n’a pratiquement pas d’industries lourdes.

Résumons-nous.

1) La PACO doit rapidement construire un port et il doit le situer sur la Lys parce que toutes les autres rivières wallonnes en possèdent.

2) Les entreprises installées sur le zoning de Comines et sur celui de Bas-Warneton ne sont pas intéressées.

3) Le zoning du Pont-rouge est donc choisi par élimination et tant pis si l’impact environnemental y est le plus lourd.

Il se fait que ce ce zoning est occupé dans sa totalité par une société productrice de frites surgelées : Clarebout Potatoes.
Monsieur Clarebout affirme d’abord qu’il n’est pas demandeur et toute une population proteste contre la localisation du projet. Le PACO passe outre.
C’est alors que Monsieur Clarebout découvre que , finalement, ce port va régler tous ses problèmes : son usine pollue, les accidents s’y multiplient, on lui refuse son deuxième congélateur.
Il ne doit pas être difficile de faire croire au braves gens comme aux autorités au grâce au transport fluvial il réduira le transport routier et les nuisances qu’il entraîne.
Ce projet tombe du ciel, il lui permet d’améliorer l’image de son entreprise.
Et puis, surtout, quand le port sera construit, il montrera à l’évidence que, pour le rentabiliser il pourrait, peut-être, augmenter la production de ses frites. Voilà l’argument imparable qui lui permettra de réintroduire son projet de 2ème congélateur. Il semble même que c’est le ministre Di Antonio qui, dans sa récente intervention devant les députés, lui en a soufflé l’idée.

Finalement tout s’arrange, le PACO va pouvoir utiliser ses subsides, la Région wallonne va montrer qu’elle développe le transport fluvial et Monsieur Clarebout va recevoir en cadeau un port tout neuf qui lui permettra de reprendre son expansion.
Et tant pis pour la vallée de la Lys, pour l’environnement et pour les 3000 Warnetonnois et nos amis Deûlémontois.
Comme disent les politiciens : « On en fait pas d’omelette sans casser des oeufs ! »

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