La Wallonie veut voir à quel point les pesticides nous touchent

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Une étude va être menée au printemps prochain sur le territoire régional.

Aujourd’hui, il apparaît que l’exposition aux pesticides pourrait être plus conséquente et généralisée que suspecté. Certaines questions restent en suspens et méritent d’obtenir au plus vite des réponses validées scientifiquement pour valider les mesures de protection du public contre cette exposition. »

Cette déclaration du ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio (CDH), faite vendredi par communiqué, rappelle, entre autres, l’inquiétante découverte faite au printemps 2016 par le professeur Bruno Schiffers, chef du laboratoire de phytopharmacie de Gembloux Agro-Bio Tech. Il avait installé des panneaux collecteurs de pesticides le long de la clôture qui sépare l’école primaire Saint-Martin de Cortil-Wodon (Fernelmont) des champs cultivés par un agriculteur. Des traces de quinze herbicides, sept fongicides, un insecticide et trois molécules non autorisées avaient été trouvées.

Jeudi, le gouvernement wallon a validé et budgétisé (à hauteur de 805 000 euros) une étude similaire mais à plus grande échelle. Elle sera menée en partenariat avec l’Institut scientifique de service public (Issep), le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) et Gembloux Agro-Bio Tech.

Capteurs d’air et de projection
Dès le printemps prochain, soit en pleine période de pulvérisation des cultures, des capteurs d’air et de projection, dont le nombre et la localisation précis ne sont pas encore déterminés, seront installés un peu partout en Wallonie en bordure de champs, dans des cours d’écoles ou d’autres sites publics situés près de champs cultivés. De quoi mesurer qualitativement et quantitativement l’exposition des populations aux pesticides, pour le moins néfastes à la santé humaine et l’environnement.

Les capteurs seront placés à différentes distances, derrière des barrières physiques comme des haies, dans différentes conditions climatiques afin de tenir compte du maximum de cas de figure, annonce le ministre Di Antonio.

Les objectifs visés par l’étude sont multiples : évaluation de l’exposition aux pesticides des riverains à court et plus long terme (dans les 24 h après l’épandage et les jours suivants), de la manière dont l’exposition varie en fonction de l’éloignement par rapport à la source; appréciation de l’influence d’une barrière physique ou de paramètres agronomiques sur la contamination des zones voisines du champ.

Limiter les heures d’épandage
Et ensuite, quels types de décisions pourraient être pris par le gouvernement wallon ? « La Wallonie est déjà dans une dynamique de réduction de l’utilisation des pesticides et de durcissement des normes. Le but de cette étude, c’est d’aller encore plus loin », explique la porte-parole de Carlo Di Antonio. « On pourrait agir sur les heures d’épandage, en les interdisant de 8 h à 16 h quand les champs sont près d’écoles et de 16 h à 8 h à proximité des zones résidentielles. Ou voir si la plantation de haies permettrait de réduire la dispersion », ajoute-t-elle.

Sur ce dernier point, le professeur Bruno Schiffers est plus que sceptique. Dans une interview accordée récemment à « Paris Match Belgique« , il affirme que, lors de son étude réalisée à Fernelmont l’an dernier, il a constaté que les gouttelettes de pesticides portées par le vent sautaient des obstacles comme des haies d’arbres et de miscanthus.

I. L.

Source : LA LIBRE BELGIQUE – 16 décembre 2017

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