Di Antonio à la chasse aux pesticides

Une vaste étude sera lancée au printemps afin d’évaluer les dégâts des produits chimiques

Les pesticides sont-ils massivement présents dans l’air? Est-il dangereux de vivre aux abords des champs régulièrement pulvérisés? Autant de questions auxquelles le ministre Di Antonio compte répondre via une vaste étude environnementale qui sera lancée au printemps.

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Les pesticides sont au coeur de l’actualité depuis des mois. D’une part, certains agriculteurs qui estiment qu’ils restent essentiels pour assurer le développement des cultures; d’autre part, l’inquiétude, justifiée ou non, des citoyens face aux produits chimiques pulvérisés dans les champs. Le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio va donc lancer au printemps prochain, une vaste étude sur l’exposition des citoyens aux pesticides. « Aujourd’hui, il apparaît que l’exposition aux pesticides pourrait être plus conséquente et généralisée que suspecté. Certaines questions restent en suspens et méritent d’obtenir au plus vite des réponses validées scientifiquement pour valider les mesures de protection du public contre cette exposition. J’ai donc pris la décision de confier à l’ISSeP1, en collaboration avec le CRA-W2 et Gembloux AgroBioTech3, une étude à l’échelle de la Wallonie« , explique le ministre Di Antonio. Concrètement, des capteurs d’air et de projection seront installés en bordure de champs, dans les cours d’écoles ou autres sites publics à proximité des champs. Les capteurs seront placés à différente distances, derrière des barrière physiques, lors de différentes conditions climatiques, afin de tenir compte du maximum de cas de figure. Il y aura deux volets à cette étude de grande ampleur : un volet en conditions réelles, directement dans les champs et  un second en laboratoire, pour tester les différentes solutions que la Wallonie pourrait mettre en place pour endiguer les déperditions de produits chimiques.

Des dispersions dans l’air

Les objectifs de cette étude sont multiples : évaluer l’exposition aux pesticides des populations riveraines de champs cultivés à court et long terme. Déterminer la manière dont l’exposition varie en fonction de l’éloignement du point de pulvérisation. Mais aussi évaluer l’influence réelle de la mise en place d’une barrière physique sur la contamination des zones proches des champs ou l’influence de la météo sur la dispersion de ces produits chimiques. Selon les conditions d’application et la météo, de 25 à 75% des pesticides appliquées se retrouveraient dans l’air; une fois dans l’air, les pesticides peuvent être transportés à plus ou moins longue distance. Les aérosols et les pesticides associés aux particules peuvent se déposer dans un voisinage plus proche, à la surface du sol ou des objets. D’où l’intérêt de quantifier ces dispersions.

Un projet à 800.000 euros

« Nous avons déjà mis en place des mesures au niveau de l’environnement, cette étude nous permettra de les affiner ou d’en ajouter d’autres en fonction des résultats« , précise le ministre Di Antonio.
Dans les prochaines semaines, des capteurs seront donc placés dans des endroits spécifiques afin de commencer les premières mesures. Cette étude pilotée par l’ISSeP coûtera tout de même 800.00 euros à la Région Wallonne qui refuse de donner les lieux précis qui seront sondés afin de ne pas biaiser les résultats de l’étude. On sait en effet, que la mise en place de normes plus strictes en matière de dispersion de produits chimiques ne serait pas au goût des agriculteurs. Le ministre préfère donc rester discret sur ce sujet : « Ce sont les scientifiques en charge du projet qui se chargeront de choisir les endroits les plus adaptés. Ce sera en partie près des écoles, hôpitaux ou même les jardins privés mais je ne serai pas plus précis pour ne pas gâcher l’expérience ». Les résultats de cette étude devraient être divulgués d’ici un an.

Fanny Jacques

Source : NORD ECLAIR – 10 février 2018

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Notes

  1. ISSeP : l’Institut Scientifique de Service Public est spécialisé dans la surveillance de l’environnement en Wallonie, la prévention des risques et nuisance, la recherche et développement technologique. L’ISSeP travaille pour la Région wallonne mais aussi pour le secteur privé, les particuliers et les communes. L’Institut est également le Laboratoire de référence pour la Wallonie
  2. CRA-W : Le Centre wallon de Recherches agronomiques est un établissement scientifique du Gouvernement de la Région wallonne. Il emploie plus de 450 personnes dont 120 scientifiques – docteurs en sciences agronomiques, ingénieurs, licenciés. Localisé sur 3 sites (Gembloux, Libramont et Mussy-la-Ville), il occupe quelques 300 ha de bureaux, laboratoires, serres, vergers et champs d’expérimentation « .
    Régionalisé depuis le 01 octobre 2002, le Centre wallon de Recherches agronomiques, maintenant Organisme d’Intérêt Public, est l’unique Centre de Recherches agronomiques public de la Région wallonne (décret du Gouvernement Wallon du 3 juillet 2003 – M.B. du 18.07.2003
  3. AgroBioTech :  Depuis plus de 150 ans, Gembloux Agro-Bio Tech forme des universitaires et des ingénieurs capables de répondre aux attentes de la société dans les domaines de la protection de l’environnement, de la production, de la transformation et de la valorisation des bioressources.

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