Climat : la Belgique sur la mauvaise pente

Par Cécile de Schoutheete

Le 15 janvier 2018, la Belgique a communiqué à la Commission européenne son Inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) portant sur les émissions 1990-2016. Les émissions de notre pays sont reparties à la hausse pour la deuxième année consécutive, mettant fin à une longue période de réduction depuis 2005 environ.

Les émissions du secteur non-ETS (transport, bâtiment, agriculture, déchets) posent particulièrement problème. Or la Belgique s’est engagée au niveau européen à réduire ses émissions de GES dans ces secteurs de 15% en 2020 par rapport 2005. L’atteinte de cet objectif en 2020 suit une trajectoire linéaire établissant des limites d’émissions annuelles à partir de 2013. Selon les projections, la Belgique aurait dû dépasser (manquer) son objectif annuel en 2018, or cela s’est déjà produit en 2016. L’augmentation des émissions du bâtiment liées à une année moins douce que les précédentes, une certaine reprise économique et les émissions du transport qui ne cessent de croître sont à l’origine de ce mauvais résultat. Si le dérapage se poursuit, il n’est peut-être pas garanti que les surplus engrangés entre 2013 et 2015 permettront de compenser le déficit sur la fin de la période, avec de possibles sanctions financières à la clé pour la Belgique.

N’oublions pas que pour résoudre la crise climatique, il ne faut pas se contenter de réduire les émissions de GES produites sur notre territoire, telles qu’elles sont actuellement rapportées dans l’Inventaire national dont il a été question plus haut. En effet, notre mode de vie est responsable d’importantes émissions produites à l’étranger, par exemple pour la production d’un smartphone en Chine. C’est le concept d’empreinte carbone qui détermine l’ensemble des émissions de GES tout au long de la chaîne de production d’un bien et les attribue finalement au consommateur.

Dans une étude publiée en septembre 2017 [1], le Bureau fédéral du Plan a calculé cette empreinte carbone sur la période 1995 à 2007. Résultat : les émissions de GES liées à notre consommation dépassent largement les émissions produites sur notre territoire et sont en hausse.

Un rapport de juin 2017 de VITO [2], l’agence flamande pour l’environnement, a évalué l’empreinte carbone liée à la consommation en Flandre à 20 T de CO2eq/habitant dont seulement un tiers liée à la consommation de biens produits en Flandre. Rappelons que pour maintenir la température sous la barre des 2°C d’augmentation, les émissions mondiales de GES devraient être réduites à 2 T CO2eq/habitant en 2050.

En plus des défis posés par la réduction des émissions sur notre territoire, particulièrement dans les secteurs des transports et tertiaire, il est indispensable d’agir au niveau du comportement des consommateurs et de rendre l’ensemble des chaînes de production plus durables.

[1http://www.plan.be/press/communique-1713-fr-la+belgique+un+importateur+net+d+emissions+de+gaz+a+effet+de+serre

[2https://www.milieurapport.be/publicaties/koolstofvoetafdruk-van-de-vlaamse-consumptie

Source : IEWONLINE.BE – 8 février 2018

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