En Suisse, les citoyens s’opposent à l’agriculture intensive

Par Mathilde Sallé de Chou

En Suisse, l’agriculture intensive pourrait bien disparaître dans les années à venir. C’est en tout cas le sens de cette initiative citoyenne. Explications.

Voilà un exemple de démocratie participative inspirant.

En Suisse, l’initiative populaire fédérale est un droit civique qui permet aux citoyens de proposer une modification totale ou partielle de la Constitution. Pour ce faire, il faut réunir le soutien d’au moins 100.000 citoyens ayant le droit de vote. C’est dans ce cadre que se sont exprimés nos voisins helvètes, déterminés à se battre « Pour une eau potable propre et une alimentation saine».

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Leur proposition : supprimer les subventions allouées aux exploitations qui utilisent des pesticides et des antibiotiques prophylactiques (préventifs) pour mettre un terme à une agriculture intensive. Soutenu par 114.420 citoyens, le projet de loi a été déposé à la Chancellerie fédérale le 18 janvier dernier.

En Suisse comme partout ailleurs, l’agriculture intensive cause d’importants dégâts sur l’environnement, comme la pollution des nappes phréatiques liée à l’usage abusif de pesticides ou l’émission importante d’ammoniac et de gaz à effet de serre entraînée par la surproduction de lisier. Il faut dire que dans ce pays, l’élevage (lait, viande) est très largement majoritaire. De ce fait, un déséquilibre important se crée : d’un côté, il faut importer du fourrage pour nourrir les animaux, et de l’autre, le nombre croissant de bêtes entraîne une production d’engrais trop importante et néfaste pour les sols et la biodiversité.

Un système aussi peu viable sur le plan écologique qu’économique, certaines productions se faisant à perte, notamment dans le secteur laitier, et les antibiotiques et les pesticides ayant un coût élevé. Résultat, dans ce pays quinze fois plus petit que la France, les subventions agricoles sont dix fois supérieures à celles allouées dans l’hexagone.

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1 CHF =±0,87EUR au 28/02/2018.Crédit : Association Sauberes Wasser für alle

Le projet a, pour le moment, simplement été déposé à la Chancellerie. À terme, il sera examiné par le Parlement, puis soumis au vote populaire. Pour l’heure, la date de concertation n’est pas encore connue. En cas d’adoption, le texte prévoit une période transitoire de huit ans après laquelle les subventions ne seront plus allouées qu’aux exploitations agricoles proposant une production sans pesticides ou antibiotiques prophylactiques, et élevant un bétail nourri exclusivement avec du fourrage produit sur place.

On a hâte de connaître le dénouement !

Source : POSITIVR.FR – 27 février 2018

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