Éveiller la conscience écologique des cadres, dirigeants et salariés

Par Constant Calvo

Les entreprises ont une double responsabilité, celle de mesurer les impacts sociétaux et environnementaux de leurs activités, et de les réduire, et celle d’accompagner leurs salariés à l’éducation au développement durable, cette double responsabilité constitue le socle de leur conscience écologique.

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Le bord de la Lys à Deûlémont (F)

Les entreprises ne peuvent plus prospérer dans un splendide isolement. Leur environnement interne et externe a changé, le monde a changé, il est devenu insoutenable.

Si les entreprises ont dans leur ensemble accepté l’idée que leur implication dans l’atteinte des 17 objectifs et de leurs 169 cibles était requise, sinon indispensable, il n’en reste pas moins que les obstacles qu’elles doivent affronter sont considérables. Le moindre d’entre eux n’est pas que leur conscience écologique fait cruellement défaut.

Chacun est en mesure de réaliser que nous faisons partie avec le reste de l’humanité, de la biodiversité et du cosmos, d’un écosystème riche et complexe, qui s’avère de plus en plus fragile, dans lequel nous devons prendre soin les uns des autres. Or, cette prise de conscience ne constitue que le premier degré, l’embryon, de la conscience écologique.

La conscience écologique est la résultante de trois facteurs : la connaissance de l’environnement, la sensibilité écologique et le comportement écologique.

Comportement citoyen et responsable

La conscience écologique ne peut naître du seul constat que la vie sur la planète terre est fragilisée, voire en sursis selon de nombreux experts et scientifiques.

En dépit du consensus international sur l’extrême gravité des dangers, et de l’urgence d’agir, qui ont conduit à l’Accord de Paris sur les objectifs du développement durable 2015-2030, on peine à discerner un changement de comportement citoyen et responsable à la hauteur des enjeux.

« Alors que l’on commence à comprendre que la question écologique est avant tout culturelle. Il demeure malgré tout une certaine forme d’inertie, voire de paralysie, sur ces questions. Où en sommes-nous de notre évolution en termes d’aspirations et de valeurs ? Comment qualifier notre conscience écologique ? Quels sont les impacts en termes d’action ? » (Dartiguepeyrou, Carine. « Où en sommes-nous de notre conscience écologique ? », Vraiment durable, vol. 4, n° 2, 2013, pp. 15-28.)

Dimension humaine et collective

L’entreprise n’est pas seulement un lieu de production de biens, services ou produits, mais également de production affective, symbolique et culturelle. Elle n’a pas qu’une dimension économique, la dimension humaine et collective occupe une place centrale. C’est dans ce sens qu’il faut entendre la notion de culture d’entreprise.

Parler de l’engagement des salariés en faveur de la RSE n’a de sens que si on le mesure à l’aune de celui du dirigeant, car c’est en grande partie de l’engagement de ce dernier que dépend l’attitude des salariés. L’attitude détermine l’intention, laquelle influence à son tour le changement de comportement.

Si l’engagement du dirigeant répond aux critères de l’éthique et de la transparence, les deux piliers de la gouvernance, les salariés afficheront une attitude positive ; dans le cas contraire, leur attitude sera celle de l’indifférence et de la défiance.

Sensibilité écologique

Les travaux de recherche en psychologie du comportement des consommateurs nous apportent des indices riches d’enseignement, afin de mieux comprendre les composantes de l’attitude au sein de l’entreprise.

On considère qu’il existe trois composantes de l’attitude : l’affectivité, la cognition et la conation.

La composante affective prend en compte les motivations du consommateur ; la composante cognitive regroupe les croyances du consommateur qui conditionnent les comparaisons qu’il effectue entre les différents produits ; la composante conative désigne le comportement du consommateur et ses actions conscientes.

La conation représente l’effort, la tendance, la volonté, c’est-à-dire l’impulsion dirigée vers le passage à l’action.

On distingue par ailleurs la sensibilité écologique, et le comportement écologique.

La sensibilité écologique relève du champ des sentiments et émotions, ceux qu’on éprouve en regard de la dégradation et raréfaction des ressources naturelles, de l’importance qu’on accorde à la pollution et aux dangers qu’elle représente pour toute forme de vie, du degré d’attention qu’on porte aux produits écologiques et à l’achat responsable ; et en regard d’un comportement spécifique susceptible de contribuer à la promotion et protection de l’environnement.

Comportement écologique

Le comportement écologique se définit par la collecte et le tri des déchets, la participation à des manifestations écologiques, à des campagnes d’alerte et de communication, le partage d’informations, ou le soutien actif moral et financier à des événements.

Le comportement écologique se caractérise par l’adoption de deux types de comportements, l’un non-marchand, l’autre marchand.

Les comportements non-marchands n’impliquent aucune dépense monétaire, ce sont des comportements sociaux d’une part, tels que la relation qu’on entretient avec des associations de lutte contre la pauvreté ; écologiques d’autre part, comme les écogestes du quotidien, recyclage, économie d’énergie, gestion de déchets.

Les comportements marchands sont l’expression de valeurs à la fois sociales et économiques comme le commerce équitable. Ils représentent l’état d’esprit de vigilance permanent de la consommation, associant consommateurs, organisations de consommateurs et ONG : boycott d’une entreprise pour cause de manquement à l’éthique, ou achat plus cher de biens, services ou produits responsables.

Solidarité écologique

La conscience écologique c’est enfin la solidarité écologique, laquelle souligne « la communauté de destin » entre l’homme, la société et son environnement en intégrant, d’une part, la sensibilité, la complémentarité et la mobilité de la diversité du vivant et des processus écologiques dans l’espace et le temps et, d’autre part la coévolution des sociétés humaines et de la nature au travers des usages de l’espace et des ressources naturelles ». (Mathevet R., Thompson J., Delanoe O., Cheylan M., Gil-Fourrier C., Bonnin M., « La solidarité écologique : un nouveau concept pour une gestion intégrée des parcs nationaux et des territoires » ; Natures Sciences Société 18, 424-433 ; 2010)

Le concept de solidarité écologique se situe à l’interface entre écocentrisme et anthropocentrisme, il apporte une perception nouvelle des écosystèmes et de leurs interdépendances.

Source : LESECHOS.FR – 27 février 2018

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