Füdo, l’appli belge qui relie agriculteurs locaux et consomm’acteurs !

 

Et si internet permettait aux agriculteurs de se passer des intermédiaires ? C’est le pari de Rémy Bouckaert, jeune étudiant en marketing à Bruxelles et à l’origine de la plateforme Füdo. Grâce à un site qu’il espère lancer d’ici la fin de l’été, il veut convaincre agriculteurs et particuliers belges de vendre leurs produits en ligne en passant par un intermédiaire unique. En leur permettant de fixer eux-mêmes les prix, il souhaite leur offrir l’opportunité de gagner en indépendance, tout en encourageant la production locale, les circuits courts et la réduction du gaspillage alimentaire.

Füdo ? C’est une « plateforme d’achat et de vente de produits de fermes locales et de surplus de production de potagers de particuliers », explique Rémy Bouckaert, à l’origine du projet. Si le jeune homme revendique un attachement aux questions environnementales et sociales, il confie surtout avoir été inspiré par le film « Demain » de Cyril Dion qui « lui a remis les idées en place ». Décidé de « changer les choses avec ses moyens », il s’est lancé dans la concrétisation de Füdo après avoir présenté le projet au sein de son école.

Une plateforme de mise en relation entre producteurs et consommateurs

Le principe de Füdo est relativement simple. Agriculteurs locaux et citoyens peuvent proposer des produits frais à la vente sur le site : ils fixent les prix librement et « recevront la rémunération demandée », explique Rémy Bouckaert. Les visiteurs, pour leur part, découvrent les différentes annonces à proximité de chez eux et peuvent ainsi s’approvisionner facilement en produits frais et locaux, sans nourrir la grande distribution ou une quelconque multinationale. À Bruxelles, les fruits et légumes vendus par les particuliers seront même livrés à vélo.

Dans le soucis d’être le plus transparent possible, Rémy explique : « ce sont les consommateurs qui payent la commission qui sert au fonctionnement régulier de la plateforme ainsi que les frais de port ». Füdo prend ainsi en charge les aspects logistiques liés à la livraison, en encourageant les trajets le plus courts et écologiques possibles. Pour que l’idée puisse aboutir, une campagne de financement participatif est actuellement organisée afin de pouvoir développer le site internet de Füdo et rendre son interface la plus simple possible.

Alors que la Belgique n’est pas épargnée par la crise qui traverse le monde agricole – d’après Rémy Bouckaert, 63% des exploitations agricoles ont disparu en l’espace de moins de 30 ans dans ce pays – le jeune étudiant espère apporter une réponse concrète à certaines des problématiques rencontrées par le monde paysan : le manque de liaison entre des consommateurs engagés et ces producteurs locaux. Füdo, permet surtout d’ « éviter les intermédiaires pour les fermes pour qu’elles puissent se rémunérer à leur juste valeur ».

« Tous les agriculteurs qui souhaitent vendre en circuit court via notre plateforme sont bienvenus », commente Rémy Bouckaert qui a constaté, pendant l’étude de faisabilité du projet, qu‘il existait une forte demande en ce sens de la part des agriculteurs qui veulent quitter autant que possible les circuits de vente traditionnels « mais qui ont peur de changer de modèle ou ne connaissent pas d’alternatives ». En effet, il est courant que les centrales d’achat fixent les prix d’achat aux acteurs du marché. Des prix qui, trop souvent, sont insuffisants pour permettre aux agriculteurs de simplement vivre et assumer leurs frais.

Par ailleurs, il s’agit également de valoriser une production locale et de saison. En 2016, quand germe le concept « j’ai été estomaqué par le nombre de personnes n’ayant pas accès à de la nourriture saine alors que la périphérie de Bruxelles regorge de fermes et que 23% des Bruxellois cultivent chez eux ! » se souvient l’étudiant. « C’est là que l’idée de pouvoir faire profiter tout le monde d’une nourriture produite localement et consommée localement a germé dans ma tête » précise t-il. Aujourd’hui, il espère que sa démarche puisse permettre de « valoriser des fermes qui adoptent de nouvelles techniques de production plus respectueuses de l’environnement », comme l’agro-écologie et la permaculture. Reste à leur souhaiter bon courage pour concrétiser ce projet ambitieux !

Source : MRMONDIALISATION.ORG – 5 mars 2018

 

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