Néonicotinoïdes: la Belgique s’octroiera plusieurs années de dérogation

Par Michel De Muelenaere

Malgré l’interdiction européenne, la Belgique autorisera l’utilisation des néonicotinoïdes pour le secteur betteravier et de la chicorée, annonce Denis Ducarme, le ministre fédéral de l’Agriculture. Selon lui, il n’existe pas d’alternative valable. Annuelles, les dérogations ne dureront pendant pas plus de cinq ans, promet-il.

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Il n’y aura formellement pas de transition pour l’interdiction des trois insecticides néonicotinoïdes en Europe. Ceux-ci seront interdits – réduits à l’usage en serre confinée – à partir du début de l’année prochaine. La position défendue par la Belgique n’a donc pas été suivie. Mais notre pays va aménager sa propre transition pour le secteur betterave-chicorée, indique Denis Ducarme (MR), ministre fédéral de l’Agriculture.

Nous évoquions cette hypothèse dans nos éditions de ce jeudi 26 avril. La législation européenne sur les pesticides permet en effet à un Etat membre de déroger pendant 120 jours à une interdiction de produit phytosanitaire au cas où il n’existerait pas d’autre moyen de combattre un parasite. En principe, cette interdiction – qui ne nécessite pas le feu vert de la Commission, mais doit lui être notifiée – « ne peut pas être répétée », dit l’article 53 du règlement européen. Un principe qui n’est pas respecté par certains Etats. La Commission a, en principe, la possibilité de demander à l’Etat membre de « retirer » sa dérogation, indique un « document de travail » de l’exécutif. En pratique, dit un proche du dossier, elle ne le fait jamais.

« Je ne lâche pas le morceau, plaide Denis Ducarme qui dit avoir eu une position « volontaire mais raisonnable », « notre pays est le seul en Europe à être atteint à l’échelle de l’ensemble de son territoire par la jaunisse de la betterave véhiculée par les pucerons. Ni les Pays-Bas, ni la Rhénanie, ni l’Angleterre, ni la France ne sont atteints dans une telle proportion ».

Or, poursuit le ministre fédéral, les alternatives actuelles aux néonicotinoïdes – des pulvérisations d’insecticides – ne sont pas respectueuses de l’environnement et des insectes. Elles sont même dangereuses pour les utilisateurs.

Pour Ducarme, interdire les trois néonicotinoïdes sonnerait la mort à petit feu du secteur betteravier qui couvre 10 % de la surface cultivée belge. « La fin des néonicotinoïdes signifierait une perte de rendement de 40 %, me disent les experts que j’ai consultés et déboucherait probablement sur le démantèlement de la filière. La Belgique serait acculée à s’approvisionner en sucre dans des pays sans doute moins respectueux de l’environnement ».

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Source : LESOIR.BE – 27 avril 2018

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