Pommes de terre : des pesticides à tout bout de champ

Par Greenpeace France
Octobre 2015

Résultats d’analyses effectuées sur des échantillons de sol et d’eau prélevés dans des champs de pommes de terre, et sur des échantillons de pommes de terre.

Cette étude porte sur l’analyse d’échantillons de sol et d’eau de surface provenant de champs de pommes de terre français, et d’échantillons de pommes de terre de conservation d’origine France pour détecter la présence de résidus de pesticides et leurs éventuels métabolites.

10 échantillons de sol et d’eau de surface provenant de champs de pommes de terre conventionnels, dont les produits alimentent les rayons de la grande distribution, ont été prélevés en France au cours du mois de juillet 2015. Ces échantillons représentent un ‘instantané’ des substances présentes dans les milieux agricoles, dans les principales régions de production de pommes de terre, à un moment spécifique de la culture et du cycle de production des pommes de terre, à savoir la maturation, suite à la floraison.

13 échantillons de pommes de terre de conservation (1 kg chacun) ont été achetés dans des magasins des 6 principales enseignes de la grande distribution française : Leclerc, Carrefour, Auchan, Intermarché, Système U et Casino. Il s’agit de 12 échantillons de pommes de terre issues de l’agriculture conventionnelle ainsi que d’1 échantillon de pommes de terre issues de l’agriculture biologique, achetés entre le 24 août et le 10 septembre 2015, tous issus de la production d’origine France.

Tous les échantillons d’eau et de sol prélevés dans les champs de pommes de terre contenaient des niveaux détectables de substances actives de pesticides. Au total, 40 substances actives ont été détectées, dont deux sont probablement des métabolites, et nous avons retrouvé 104 résidus de pesticides, dont 64 % de fongicides, 17 % d’insecticides, 17 % d’herbicides et 1,9 % d’un nématicide. Les échantillons d’eau contenaient un nombre bien plus élevé de pesticides (18 substances actives différentes en moyenne dans chaque échantillon), tandis que les échantillons de sol contenaient en moyenne 2,8 substances actives pesticides.

Dans les échantillons de pommes de terre, les analyses ont révélé la présence de trois substances actives différentes : deux fongicides et un herbicide, utilisé également en tant qu’inhibiteur de la germination. 3 échantillons conventionnels ainsi que l’échantillon biologique ne présentaient aucun niveau détectable de pesticide. Dans les 9 autres échantillons, 11 résidus de pesticides ont été détectés au total.

Les résultats de cette étude montrent que les échantillons d’eau prélevés dans des champs de pommes de terre contiennent une grande variété de pesticides, les fongicides étant le type de substance active le plus fréquemment retrouvé.

Les animaux, notamment les pollinisateurs, sont ainsi exposés aux pesticides présents dans les eaux de surface sous forme de cocktails pouvant contenir jusqu’à 26 substances différentes. Bien que la plupart des études portent sur la toxicité de ces substances pour les abeilles domestiques, les insecticides fréquemment retrouvés lors de ces analyses (chlorpyriphos, imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) sont tous connus pour avoir des effets létaux et sublétaux à différents niveaux d’exposition (Tirado et al, 2012). Il est très difficile d’évaluer les effets synergiques de ces substances, en particulier dans des conditions d’emploi réalistes dans les champs, où les niveaux et les voies d’exposition font l’objet d’une compréhension insuffisante.

Les résultats de cette étude montrent clairement que les espèces qui sont bénéfiques pour les cultures (en participant à la pollinisation ou en favorisant la lutte naturelle contre les parasites) sont exposées à des cocktails de pesticides, ainsi qu’à une grande variété d’autres substances toxiques, par le biais de multiples voies d’exposition et, dans certains cas, à des niveaux supérieurs à ceux signalés lors d’études antérieures. Cette étude présente des exemples de cas où ces niveaux d’exposition sont susceptibles d’avoir plusieurs effets sublétaux sur les principaux pollinisateurs. Les effets des cocktails de pesticides sur les autres insectes auxiliaires sont inconnus et intrinsèquement complexes à évaluer. Nous avons également retrouvé dans des échantillons d’eau de surface des métabolites de pesticides dont les effets toxiques n’ont jamais été évalués.

Il est essentiel d’améliorer notre compréhension de l’importance de la biodiversité fonctionnelle et de la présence d’habitat appropriés pour les pollinisateurs et d’autres organismes participant à la lutte naturelle contre les parasites, si l’on veut garantir la sécurité alimentaire dans un environnement en constante évolution. Cette étude met en évidence la nécessité de changer la façon dont nous gérons les rendements agricoles en adoptant des approches écologiques basées sur les écosystèmes, de façon à intégrer le rôle des pollinisateurs et d’autres espèces bénéfiques pour les cultures.

Lire la suite de l’étude

Source : GREENPEACE FRANCE – Octobre 2015

Remarques des Amis de Warneton

Selon le site internet YUKA, les pommes de terre contiennent encore des pesticides à 81% même lavées et épluchées. Les pommes de terre sont fortement traitées afin de les empêcher de germer après récolte.

Articles connexes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s