Terres agricoles : peut-on mettre fin au grignotage belge ?

Par Aude Deraedt

Des « verrous réglementaires ». C’est ce qu’a promis Emmanuel Macron, à la veille du Salon de l’agriculture en début de mois. L’annonce du président de la République vise à freiner l’augmentation du rachat de terres agricoles par des sociétés étrangères. Une situation qui, bien que naissante, concerne encore peu le Nord – Pas-de-Calais, plus touché par la sous-location de terres agricoles, notamment par les Belges. Une pratique illégale en plein essor.

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Tracteur de pommes de terre cultivées dans le Nord de la France traversant le centre de Warneton. Au moment de la récolte des pommes de terres cet agriculteur établi dans notre  région transporte ainsi une centaine de remorques à 3 essieux remplies de pommes de terre comme sur cette photo….

Quand sonne l’heure de la récolte, le bal commence. « Un bal de plaques rouges », qu’observe « depuis une dizaine d’années » Jean-Luc Bardel, agriculteur à Éringhem, en Flandres. Celles des tracteurs et des camions belges, qui arrivent en masse dès l’été pour récolter les pommes de terre, puis les choux de Bruxelles, semés par leurs soins sur les terres agricoles nordistes.

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Tracteur de choux de Bruxelles cultivées dans le Nord de la France traversant le centre de Warneton.

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L’écologie essentielle n’est pas une utopie, c’est une urgence

Par Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV)

Un an après son arrivée au pouvoir, le bilan écologique de Macron n’est pas au niveau de ses prises de position sur la scène internationale. Pour Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant, ce devrait pourtant être la priorité de tous les dirigeants face à la catastrophe annoncée.

L’IPBES1, le « GIEC2 de la biodiversité », a rendu sa synthèse en mars sur l’état actuel de la biodiversité planétaire, et ses conclusions sont sans appel : d’ici 2050, entre 38 et 46% des espèces animales et végétales risquent de totalement disparaître, tandis que la dégradation des sols et le changement climatique vont pousser entre 50 et 700 millions de personnes à migrer. Toujours en mars dernier, le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS ont annoncé également les résultats de leurs études de suivi des oiseaux : en France, un tiers de leurs populations se sont réduites en quinze ans, phénomène attribué à l’intensification de pratiques agricoles comme la généralisation des néonicotinoïdes, ces pesticides neurotoxiques responsables du déclin des abeilles et de la disparition de l’ensemble des insectes. Une situation extrêmement préoccupante qui de plus, d’après les scientifiques, s’aggrave ces deux dernières années. D’après une autre étude récente publiée dans la très sérieuse revue Scientific Reports, le tristement fameux « continent de plastique » en plein cœur de l’océan Pacifique serait beaucoup plus grand que prévu, évalué à 1,6 million de km2, soit trois fois la France continentale ! Et il ne fait que s’étendre, semant la mort et la maladie parmi la faune et la flore océaniques. Le coût annuel global de la pollution au plastique a été évalué par les Nations unies à 7… trillions de dollars par an! Sur les 8,3 milliards de tonnes de plastique qui ont été produites entre 1950 et 2015, 6,3 milliards de tonnes, soit l’immense majorité, n’ont pas été recyclées et ont fini dans la nature, en particulier dans les océans où l’on continue à en déverser plus de 8 millions de tonnes chaque année.

L’accumulation de tous ces chiffres, qui n’émanent pas de groupuscules écologistes, mais d’études scientifiques indépendantes, sérieuses et objectives, donne le vertige. Ce devrait être LA priorité absolue qui nous mobilise tous, et en premier lieu nos dirigeants. On ne peut pas dire que ce soit le cas.

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Source (extrait de) : LIBERATION.FR – 7 mai 2018

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Notes :

  1. IPBES : Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques
  2. GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

La patate belge sème la discorde dans le Nord de la France

Par Olivier Rozencwajg

À la mi-septembre, quand sonne l’heure de la récolte, le bal commence. « On assiste à des convois de tracteurs, des Belges, qui ramènent leurs pommes de terre vers la Belgique, via cette départementale Douai-Tournai« , lance Antoine Jean, éleveur bovin, à Nomain, dans le Nord de la France.

Des agriculteurs belges qui sèment et récoltent des patates dans le nord de la France. Le phénomène n’est pas récent, mais à en croire ce porte-parole local de la Confédération paysanne, il a pris ces dernières années une ampleur inédite : « Au départ, ils restaient le long de la frontière, sur de petits espaces, mais depuis quelques années ils s’installent de plus en plus loin, cinquante, soixante, soixante-dix kilomètres, on a l’impression qu’il n’y a plus de limite, qu’ils vont remonter jusqu’à Paris ! »

Des centaines, des milliers d’hectares, difficile d’estimer la surface exploitée par les Belges. Car des deux côtés de la frontière, le sujet est tabou. Pas question d’ébruiter un phénomène qui permet aux uns de produire plus, aux autres d’arrondir leurs fins de mois. « Ça se fait complètement en dehors des radars, via un mécanisme de sous-location illégal« , lâche Dominique Fosse, chef de service à la SAFER, l’organisme français en charge de la protection des terres agricoles.

« Ils gagnent 20.000 euros sans rien faire »

La sous-location, illégale dans le domaine agricole, permet à un exploitant belge de jouir, le temps d’une saison, d’une parcelle déjà louée par un agriculteur français. Explication de texte de M. Fosse: « En France il y a des bonnes terres, exploitées par des agriculteurs qui de temps en temps sont en fin de carrière ou ont des difficultés financières, et qui ont tout intérêt à faire exploiter ces terres par des Belges qui leur proposent 1000 à 1500 euros l’hectare, alors qu’eux-mêmes en tant que locataires ne paient que 200 euros de l’hectare, donc la plus-value est de 1000 euros l’hectare, s’ils sous louent 20 hectares sur une année, ils gagnent 20.000 euros sans rien faire. »

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Source : RTBF.BE – 27 juillet 2018

Articles connexes

Jour du dépassement : le 1er août, l’humanité aura épuisé les ressources annuelles de la Terre

Le Jour du dépassement mondial tombera cette année le 1er août 2018. Calculé par l’ONG Global Footprint Network, il désigne la date à laquelle la population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire en un an.
Le 1er août prochain, selon Global Footprint Network, la population humaine aura consommé depuis le début de l’année autant de ressources naturelles, c’est-à-dire en eau, en terres ou en forêts, que la Terre peut renouveler en un an. Cette étude, menée chaque année par l’organisme, tient compte de plusieurs empreintes écologiques liées à l’Homme, comme ses besoins en terres et en pâturages, l’ensemble des zones de pêches utilisées et la déforestation. À cela s’ajoutent les zones biologiquement productives remplacées par des infrastructures, ainsi que la quantité d’émissions de dioxyde de carbone, supérieure à la capacité d’absorption des océans et des arbres.

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Source : LINFODURABLE.FR – 13/07/3018

Ozone : Bulletin d’information

Des concentrations d’ozone élevées ont été observées hier sur l’ensemble du pays. Le seuil d’information européen a été dépassé en cinq points de mesure en Flandre.

D’aujourd’hui et jusque vendredi on prévoit un risque important de dépassement du seuil d’information sur de grandes parties du pays. Pour demain jeudi un dépassement local du seuil d’alerte n’est pas exclu.

Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger notre bulletin d’information à partir du lien suivant :http://www.irceline.be/fr/smog/pdf/bulletin-ozone-25-07-2018/view

Source : IRCEL-CELINE – 25 juillet 2018

Dégradation de l’air à Comines-Warneton entre 2010-2012 et 2012-2014, selon l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat (AWAC)

Un indicateur de qualité de l’air a été mis au point pour chaque commune wallonne. Cet outil fournit une information synthétique permettant de situer la qualité de l’air d’une commune par rapport à celle de l’ensemble de la Région.

Dans le graphique ci-dessous nous constatons que la qualité de l’air à Comines-Warneton s’est (sérieusement) dégradée au cours de ces dernières années….

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Source : Annexe E2 de l’étude d’incidences sur l’environnement du projet de plateforme bimodale au Pont Rouge à Warneton (B) – Pages 54 et 55

Quatre paramètres sont pris en compte dans le calcul de l’indicateur de qualité de l’air par commune, à savoir :

  • l’ozone (O3),
  • le dioxyde d’azote (NO2),
  • les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2.5 µm (PM2.5),
  • les particules dont le diamètre est compris entre 2.5 µm et 10 µm (PM10-2.5).

Les paramètres ci-dessus sont ceux qui permettent de mesurer la pollution de l’air par les gaz d’échappement des moteurs diesel… Ne pas oublier que les particules fines sont très nocives pour les voies respiratoires et cancérigènes. C’est scientifiquement prouvé.

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Le département du Nord placé en vigilance sécheresse !

Par J B

Comme vous pouvez le constater depuis maintenant 2 mois, il ne pleut presque plus dans les Hauts-de-France. Et malheureusement, la situation ne s’arrange pas, ce qui inquiète les autorités. D’ailleurs, la préfecture du Nord a décidé de placer ce département en vigilance sécheresse. Le niveau est de 1 sur 4. Ainsi, la préfecture lance un appel à économiser l’eau.

« Il est ainsi demandé à tous d’adopter les bons réflexes pour une gestion économe de l’eau, que ce soit à partir des prélèvements dans les cours d’eau, les nappes ou à partir des réseaux publics de distribution, explique la Préfecture dans un communiqué. Chaque citoyen doit être vigilant et faire preuve de civisme en réduisant les utilisations de l’eau qui ne sont pas indispensables pour éviter de porter atteinte à la ressource en eau, patrimoine commun et bien précieux de tous les usagers. »

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Source : LOBSERVATEUR.FR – 23 juillet 2018.

Incendies en Suède : un avant-goût de ce qui attend l’Europe, prévient Jean Jouzel

Par Sarah Sermondadaz

D’inhabituels feux de forêts font rage en Scandinavie, et plus particulièrement en Suède. Le réchauffement climatique est en cause, explique le climatologue Jean Jouzel.

La Suède, mais aussi la Finlande (et dans une moindre mesure la Norvège) font face à des feux de forêts particulièrement violents, y compris sous des latitudes plus au nord que le cercle polaire arctique. En Suède seulement, 20.000 hectares de forêts sont déjà parties en fumée. Du jamais vu au cours de la dernière décennie : « La dernière fois que nous avons vu des feux de cette envergure, c’était il y a douze ans », a raconté à l’AFP Thomas Andersson, secouriste dans la région. Un phénomène attribuable au réchauffement climatique, explique à Sciences et Avenir le climatologue Jean Jouzel.

Une sécheresse historique et des températures record, les conditions d’un cocktail explosif

Les conditions climatiques relevées au nord du cercle polaire son exceptionnelles », commente le climatologue. « C’est une situation qui cumule à la fois une température record (32°C au cercle polaire le 17 juillet 2018 !, NDLR) et une sécheresse persistante. » Les causes sont météorologiques : « Il y a une situation de blocage anticyclonique », qui empêche la survenue de précipitations… ce qui amplifie la sécheresse. Des feux ont même été repérés en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire. Dans la périphérie de la ville de Jökkmokk, destination prisée par les touristes en hiver et située sur le cercle polaire, cinq incendies ont été recensés.

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Source : SCIENCESETAVENIR.FR – 23 JUILLET 2018

Le syndrome de manque de nature : comment la nature contribue au bien-être humain

La nature aux environs du bras mort de la Lys au Bizet – Photo : Patrick Maton (juin 2018)

La Dynamique Sortir du Réseau École et Nature a présenté le syndrome de manque de nature lors d’une conférence suivie d’un temps d’échange. Depuis les années 90, des maladies telles que l’obésité, l’hypertension, le diabète, les cancers, les dépressions ou encore le stress, se développent fortement dans les pays occidentaux. La sédentarité, le manque d’activité physique et le rythme de vie entre autres raisons, sont mis en cause. Des chercheurs émettent l’hypothèse que les problèmes physiques et psychiques identifiés sont également dus à un manque de contact avec la nature. Pour passer de l’hypothèse aux preuves, de nombreuses études scientifiques sont menées. Quels en sont les résultats ? Quelles sont les pistes pour remédier au syndrome de manque de nature ?

L’enregistrement de la conférence et divers documents sur ce sujet sont accessibles sur le site du réseau École & Nature.

Télécharger le dossier « Syndrome du manque de nature »

Source : SPORTSDENATURE.GOUV.FR – 15 mai 2015

Pompages de l’eau de la Lys à Comines-Warneton

Par Philippe Mouton,
Conseiller Communal Ecolo à Comines-Warneton.

Comines-Warneton est la seule commune du Hainaut qui soit enclavée entre la France et la Flandre Occidentale. Géographiquement elle fait partie du bassin de l’Escaut, plus précisément en rive gauche de son affluent la Lys.

Bras mort de la Lys entre Warneton et Bas-Warneton – Photo: Patrick Maton (août 2017)

L’herbe des prairies est brûlée, les champs sont poussiéreux, on voit que les nappes phréatiques baissent car les eaux des mares sont basses et il n’y a presque plus de courant dans les cours d’eaux.

De nombreux agriculteurs flamands viennent s’approvisionner en eau dans la Lys en un point situé exactement à la frontière avec la ville de Wervik. Ils ont le droit de le faire à la condition d’avoir demandé une autorisation aux voies navigables.

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