La patate belge sème la discorde dans le Nord de la France

Par Olivier Rozencwajg

À la mi-septembre, quand sonne l’heure de la récolte, le bal commence. « On assiste à des convois de tracteurs, des Belges, qui ramènent leurs pommes de terre vers la Belgique, via cette départementale Douai-Tournai« , lance Antoine Jean, éleveur bovin, à Nomain, dans le Nord de la France.

Des agriculteurs belges qui sèment et récoltent des patates dans le nord de la France. Le phénomène n’est pas récent, mais à en croire ce porte-parole local de la Confédération paysanne, il a pris ces dernières années une ampleur inédite : « Au départ, ils restaient le long de la frontière, sur de petits espaces, mais depuis quelques années ils s’installent de plus en plus loin, cinquante, soixante, soixante-dix kilomètres, on a l’impression qu’il n’y a plus de limite, qu’ils vont remonter jusqu’à Paris ! »

Des centaines, des milliers d’hectares, difficile d’estimer la surface exploitée par les Belges. Car des deux côtés de la frontière, le sujet est tabou. Pas question d’ébruiter un phénomène qui permet aux uns de produire plus, aux autres d’arrondir leurs fins de mois. « Ça se fait complètement en dehors des radars, via un mécanisme de sous-location illégal« , lâche Dominique Fosse, chef de service à la SAFER, l’organisme français en charge de la protection des terres agricoles.

« Ils gagnent 20.000 euros sans rien faire »

La sous-location, illégale dans le domaine agricole, permet à un exploitant belge de jouir, le temps d’une saison, d’une parcelle déjà louée par un agriculteur français. Explication de texte de M. Fosse: « En France il y a des bonnes terres, exploitées par des agriculteurs qui de temps en temps sont en fin de carrière ou ont des difficultés financières, et qui ont tout intérêt à faire exploiter ces terres par des Belges qui leur proposent 1000 à 1500 euros l’hectare, alors qu’eux-mêmes en tant que locataires ne paient que 200 euros de l’hectare, donc la plus-value est de 1000 euros l’hectare, s’ils sous louent 20 hectares sur une année, ils gagnent 20.000 euros sans rien faire. »

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Source : RTBF.BE – 27 juillet 2018

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