Des tonnes de pommes de terre sont épandues sur les champs et pourrissent à l’air libre

Par Nicolas Lejman

Si vous habitez à proximité d’un champ, vous avez peut-être senti de mauvaises odeurs ces derniers jours… D’où viennent ces odeurs ? De pommes de terre en décomposition.

pommes-de-terre-epandues-sur-les-champs

De nombreux agriculteurs n’ont pas d’autre choix que d’épandre leur production de patates de l’année dernière. – © DR

De nombreux agriculteurs n’ont pas d’autre choix que d’épandre leur production de patates de l’année dernière. La récolte 2017 avait été exceptionnelle mais aujourd’hui, ils doivent se débarrasser des surplus.

Nous nous sommes rendus à Clavier, en province de Liège, dans une entreprise de biométhanisation qui utilise les pommes de terre pour en faire du gaz. Il y en a tellement que l’entreprise doit en refuser.

Sur le site, un monticule de pommes de terre est en train de pourrir au soleil. « Les pommes de terre noircissent et une odeur se dégage », précise Grégory Racelle.

L’odeur est difficilement soutenable. Le patron n’avait jamais été autant sollicité. « Cette année-ci, la pomme de terre nous a été proposée en grande quantité. Nous avons encore pas mal de tonnes en stock pour tenir près de deux mois. »

Pour les valoriser, on peut aussi composter les pommes de terre ou nourrir les animaux. Mais quand rien de tout ça n’est possible, ne reste alors que l’épandage, avec le risque de nuisances.

Marc Dolphens est agriculteur à Mont-Saint-Guibert, en Brabant wallon. « J’ai eu beaucoup trop de pommes de terre par rapport aux années précédentes, mais je ne sais pas les conserver jusqu’au mois de septembre. J’ai dû épandre quelques tonnes sur mon champ parce que la méthanisation n’a pas su toutes les accepter. »

Des pommes de terre qui retournent aux champs, c’est du jamais vu pour Pierre Lebrun de la Fiwap, la Fédération wallonne de la pomme de terre. « C’est inédit, dans la mesure où ce sont parfois des lots entiers qui n’ont trouvé aucune échappatoire et qui, effectivement, retournent au champ. On retourne bon an, mal an quelques pourcents de la production, mais c’est plutôt des morceaux de lot, des écarts de triage. À l’échelle de cette année-ci, c’est effectivement inédit. »

Une situation d’autant plus paradoxale que la récolte 2018, elle, s’annonce très mauvaise à cause de la sécheresse et que les prix sont déjà en train de s’envoler. Un été n’est pas l’autre…

Source : RTBF.BE – 2 août 2018

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s