Impacts environnementaux de l’artificialisation des sols

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L’imperméabilisation des sols engendre de graves conséquences environnementales:

  • Elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation, comme en témoignent de nombreuses catastrophes naturelles exacerbées par l’absence de couvert végétal protecteur. Citons les inondations de 2016 et 2018 en France.
  • De plus, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d’eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).
    L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement).
  • Elle fragmente (découpe) les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant fortement la biodiversité. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones d’extension périurbaine, où la construction de logements individuels de plus en plus éloignés des centres historiques urbains est extrêmement consommatrice en sols cultivés. Le mitage y est renforcé par la construction de réseaux de communication nécessaires aux trajets domicile-travail.
  • L’imperméabilisation des sols contribue fortement à l’îlot de chaleur urbain qui ne permet pas aux villes de se rafraîchir suffisamment la nuit.
  • Enfin, l’artificialisation des sols est une source de nuisances pour la population : plus on se situe en centre urbain où l’urbanisation est importante, plus les nuisances (bruit, pollution atmosphérique…) sont cumulées et concentrées.
    Or, l’imperméabilisation des sols est le plus souvent irréversible et particulièrement dommageable pour les sols à grande valeur agronomique : le potentiel de production alimentaire y est perdu à jamais. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne estime que quatre millions de tonnes de blé sont perdues chaque année du fait de l’artificialisation des sols.

S’exprimant sur le sujet, M. Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré : « Certains des services fondamentaux liés aux écosystèmes sont tributaires de la qualité des sols, et sans ces derniers, la vie sur notre planète serait menacée d’extinction. Nous ne pouvons pas laisser l’imperméabilisation des sols se poursuivre. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille mettre un terme au développement économique ou cesser de moderniser nos infrastructures, mais la démarche adoptée doit être plus durable. »

Les recommandations de la Commission européenne

Pour faire face au problème de l’imperméabilisation des sols, le rapport de la Commission propose une approche en trois volets.

  • Limitation de la progression de l’imperméabilisation des sols par une amélioration de l’aménagement du territoire ou le réexamen des subventions «négatives» qui encouragent indirectement l’imperméabilisation des sols ;
  • Mise en œuvre de mesures d’atténuation afin de limiter les dommages lorsque l’imperméabilisation des sols ne peut être évitée. Il s’agit par exemple de recourir à des revêtements perméables au lieu de l’asphalte ou du ciment classiques, ou de prévoir des toitures végétales ;
  • Mise en place de mesures de compensation permettant de compenser partiellement les pertes de sols dans une zone par d’autres mesures réalisées ailleurs. Ces mesures peuvent se présenter sous la forme de paiements, comme dans la République tchèque et en Slovaquie, ou d’actions de remise en état de sols déjà imperméabilisés. Des exemples de bonnes pratiques ont notamment été observés à Dresde et à Vienne.

La Commission, dans sa stratégie thématique en faveur de la protection des sols, a reconnu que la dégradation des sols, et notamment leur imperméabilisation, pose un grave problème au niveau de l’UE. Afin de protéger les sols de l’Union européenne, la Commission a présenté en 2006, avec le soutien du Parlement européen, une proposition de directive-cadre sur les sols. La proposition est toutefois bloquée au Conseil le 20/12/2017 en raison de l’opposition de certains États membres : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Autriche et Pays-Bas.)

Source : NOTRE-PLANETE.INFO – 16 juin 2011

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