La prise de conscience environnementale

Si les nombreuses crises environnementales de ces dernières décennies ont contribué à une prise de conscience sur la fragilité des écosystèmes, celle-ci s’est faite par phases et n’a pas encore véritablement conduit à un changement des modes de vie.

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Déversement d’effluents polluants dans la Lys par l’usine Clarebout de Warneton (B) – Photo: ©Denis Viaene (14/09/2018)

Le tournant des années 1970

Le début des années 1970 marque un tournant dans la prise de conscience environnementale, tant au niveau national qu’international. La fin des Trente Glorieuses est concomitante au premier choc pétrolier et à l’émergence d’un chômage de masse. Le modèle de société qui avait prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dans les pays occidentaux est largement remis en question. À la suite du mouvement de la Beat Generation et des groupements pacifistes, le modèle productif des sociétés industrielles est remis en question.
Une sensibilisation plus grande aux problématiques environnementales voit alors le jour.
En 1971, sont créées deux des plus grandes organisations non gouvernementales
agissant dans le domaine de la protection de la nature, Greenpeace et le World Wide Fund (WWF). En 1972, est publié le rapport du Club de Rome The limits to growth (traduit en français Halte à la croissance?).
Ce rapport publié sous l’autorité de Dennis Meadows et du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, annonçait qu’en ne maîtrisant pas leur développement et croissance économiques, les grandes puissances industrialisées entraîneraient un épuisement des réserves mondiales (de pétrole et de gaz) à l’orée des années 1990. La même année est fondé le Programme des Nations unies pour l’environnement chargé de coordonner les actions devant être mises en place afin de sauvegarder l’environnement naturel.

L’impact des catastrophes environnementales

Les catastrophes écologiques ont beaucoup participé à la prise de conscience environnementale.
Le processus a été initié dès la fin des années 1960 avec la multiplication des marées noires (Torrey Canyon en 1967, Amoco Cadiz en 1978, Exxon Valdez en 1989, Erika en 1999 ou encore Prestige en 2002).
Les avaries ou accidents mettant en cause des pétroliers ne sont pas les seules catastrophes à avoir contribué à une plus grande sensibilisation des individus. En 1986, la catastrophe de Tchernobyl, liée à l’explosion d’un réacteur nucléaire, a souligné la dangerosité de cette technologie quand elle n’est pas strictement encadrée.
Enfin des catastrophes comme celle de Bhopal (en 1984) où un nuage toxique a survolé une région de l’Inde ou Seveso ont montré la dangerosité des activités industrielles.
Plus récemment de grandes catastrophes climatiques ont rappelé la vulnérabilité des pays industrialisés comme des États en développement.
En 2005, les États-Unis ont été frappés par l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle Orléans.
Cet événement a eu une importance considérable montrant que la plus grande
puissance du monde n’était pas à l’abri des phénomènes climatiques. En France la canicule de 2003, qui a provoqué la mort de 15.000 personnes, aura exercé le même effet sur les consciences, sans modifier pour autant les comportements.

Le tournant du XXIe siècle

Le début du XXIe siècle a constitué un nouveau tournant dans la prise de conscience internationale en matière environnementale.
Les travaux du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat
(GIEC1) ont beaucoup contribué à l’évolution des consciences, à défaut des comportements.
La certitude du réchauffement climatique pour les prochaines décennies apparaît désormais évidente. En attribuant le prix Nobel de la paix 2007 au GIEC, conjointement avec l’ancien candidat à la Maison Blanche converti à la cause environnementale Al Gore, l’Académie de Stockholm a souligné sa volonté de rappeler l’urgence à relever les défis liés aux crises environnementales présentes et futures.
Les prochaines années et décennies pourraient voir une multiplication des phénomènes extrêmes comme les canicules, les sécheresses et autres cyclones.
Début 2008, le Vatican est également intervenu sur les questions environnementales. De manière symbolique, L’archevêque Gianfranco Girotti, régent de la Pénitence apostolique, a défini de nouveaux péchés, contre lesquels l’Église catholique appelle à lutter, parmi lesquels, la pollution.
Désormais, la pollution, par les conséquences qu’elle implique pour l’ensemble de la communauté humaine, est dénoncée et doit être combattue par les catholiques au même titre que les autres péchés.

Source : LETUDIANT.FR 

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Notes :

  1. Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat créé en 1988 à l’initiative du PNUE et de l’Organisation mondiale de la météorologie est chargé du suivi des changements climatiques. Ses travaux font autorité et ont beaucoup compté dans la prise de conscience internationale sur les changements climatiques menaçant la planète. Dans son 4e rapport publié en janvier 2007, le GIEC confirme que l’homme est «responsable à 90 %» de l’aggravation de l’effet de serre et estime que l’augmentation moyenne des températures avant la fin du siècle oscillera entre 1,8 °C et plus de 4 °C, par rapport à la période de référence 1980 – 1999 (ce qui devrait provoquer une montée du niveau des océans variant entre 28 et 43 centimètres).

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