« La politique agricole commune doit être profondément réformée »

Entretien avec Quentin Delachapelle

Le monde agricole pourrait évoluer vers moins de pesticides et davantage de qualité. Selon un collectif d’associations, l’argent nécessaire à cette transition peut être dégagé de la Politique agricole commune européenne. C’est ce qu’explique à Reporterre Quentin Delachapelle, paysan et porte-parole de ce collectif.

C’est la plus ancienne et la plus intégrée des politiques de l’Union européenne (UE) : la PAC, Politique agricole commune. Pour la période 2015-2020, elle représente 40 % du budget de l’UE, dont 9 milliards d’euros par an pour la France, distribués aux agriculteurs selon des règles durement négociées. Des règles qui vont changer pour la prochaine période de la PAC, qui ira de 2021 à 2027. Et si, en changeant la façon de le redistribuer, on pouvait se servir de ce pactole pour une transition agricole ? C’est le fol espoir de 33 organisations, à la fois paysannes, environnementales, de solidarité internationale, de défense du bien-être animal, de consommateurs [1]. Elles présentaient vendredi 21 septembre leurs propositions «pour une autre PAC».
Leur porte-parole, l’agriculteur Quentin Delachapelle, explique à Reporterre pourquoi la PAC a besoin d’être profondément réformée, et déploie les propositions de cette Plateforme pour une autre PAC.

Reporterre — Que reprochez-vous à la PAC actuelle ?
Quentin Delachapelle — On lui reproche de ne pas porter un projet à la hauteur de celui qu’elle portait à sa création. On reconnaît l’effet important qu’a eu la PAC dans les années 1960 pour accompagner l’évolution de l’agriculture. À l’époque, la problématique était d’avoir moins de bras dans les campagnes et davantage dans les industries pour reconstruire le pays. Mais, depuis les années 1980, d’autres enjeux ont émergé. Les enjeux environnementaux — climat, biodiversité, eau, on ne va pas faire tout le descriptif tellement ils sont longs. Il y a aussi de gros enjeux d’emploi. On passe d’un contexte où il y avait trop de monde dans les campagnes à un contexte où il n’y en a plus assez. Et puis, la PAC, qui était censée répondre à l’autosuffisance alimentaire, y a peut-être répondu en volume, mais pas en qualité. 20 % des citoyens ont du mal à se nourrir correctement en France d’après un récent rapport [2], il y a un vrai problème d’accès à une alimentation de qualité pour tous. Enfin, la PAC crée aussi des distorsions de concurrence avec les pays en développement. Elle nécessite d’être profondément réformée.

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Source : REPORTERRE.NET – 22 septembre 2018

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