La Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages en 44 ans

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Photo : Nicolas Raymond (Freestock)

De 1970 à 2014, le nombre de vertébrés sauvages (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens) s’est effondré de 60%, alerte WWF.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, dénonce le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un bilan encore plus alarmant que le précédent.

Préserver la nature ce n’est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons,
souligne le directeur du WWF, Marco Lambertini.

Le WWF, créé en 1961, suit le déclin accéléré des populations animales sur Terre. Tous les deux ans, l’ONG publie un rapport « Planète vivante ». Voici les cinq grandes conclusions de la dernière édition, à laquelle ont contribué une cinquantaine d’experts et qui reprend aussi de grandes études scientifiques publiées sur le sujet.

1. Les effectifs de vertébrés s’effondrent

De 1970 à 2014, le nombre de vertébrés sauvages – mammifères, poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens – s’est effondré de 60%. Le déclin des animaux d’eau douce atteint même 83%, en raison de la surexploitation, parfois involontaire comme pour les dauphins de rivière (prises accidentelles en filets), et de la perte des habitats.

Globalement la dégradation des habitats représente la menace la plus signalée.

Le rapport est basé sur le suivi de plus de 16.700 populations (4.000 espèces) : recensements par caméras (tapirs du Costa Rica, tigres en Inde), suivis des traces (lynx de Russie), programmes de recherche ou sciences participatives… Par exemple, la population d’éléphants dans les zones de Selous et Mikumi, en Tanzanie, a diminué de 66% entre 2009 et 2014. Depuis 1976, l’espèce a subi un déclin de 86%, en premier lieu en raison du braconnage.

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Source : NOUVELOBS.COM – 30 octobre 2018

La Commission européenne interdit à Bruxelles d’interdire le glyphosate: voici son argument

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La Commission européenne recale l’interdiction du glyphosate par la Région de Bruxelles-Capitale, révèle mardi L’Echo. L’exécutif européen souligne que la Région ne peut pas s’appuyer sur le « principe de précaution » pour interdire l’herbicide, car il s’agit d’une considération trop abstraite, selon une communication au gouvernement bruxellois que L’Echo a consultée. Les autorités régionales appuyaient leur interdiction sur l’absence de consensus scientifique sur la nocivité du produit. Une raison insuffisante pour la Commission européenne. Cette dernière dresse une liste d’avis d’experts pour qui « il n’existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène ». En mai dernier, la Région bruxelloise avait attaqué la Commission devant la Cour de justice européenne pour non-respect du principe de précaution lors de la prolongation de l’autorisation du glyphosate. La décision européenne apparaît dès lors comme une réponse du berger à la bergère, avance L’Echo.

Source : RTL.BE – 23 octobre 2018

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Plus que deux ans avant une « menace existentielle » : l’appel catastrophé de l’ONU pour le climat… et les humains

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Photo : Pixabay

PLANETE – Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique sinon il affrontera des « conséquences désastreuses », a averti l’ONU, en appelant la société civile à réclamer « des comptes » aux dirigeants de la planète.

C’est un compte à rebours qu’il a lancé. Et qui sonne comme une annonce de fin du monde. Lundi, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique. « Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe« , dit-il. « Le changement climatique est la question déterminante de notre époque – et nous sommes à un moment décisif. Le changement climatique évolue plus vite que nous et sa rapidité a provoqué un séisme à travers le monde. »

Pour lui, c’est clair : « Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU dresse un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier« , dit-il. « Selon l’Organisation météorologique mondiale, au cours des deux dernières décennies, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées et cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude. Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

Trop de dirigeants ont refusé d’écouter
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Il estime encore que « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies« , mais que « beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. » Et selon lui, les résultats sont déjà visibles. « Dans certaines situations, ils ressemblent aux pires scénarios des scientifiques. »

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Source : LCI.FR – 21 septembre 2018

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L’Europe dit « stop » au plastique à usage unique

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Photo : Charles Lecompte (Wikimedia)

Adieu pailles, assiettes, couverts et touillettes en plastique, ballons à tige plastique et autres cotons-tiges… Leur interdiction dans l’Union européenne n’est pas encore acquise, mais le but est qu’elle le soit en 2021.

Un premier pas important vient d’être franchi ce mercredi au Parlement européen, lors d’une plénière strasbourgeoise où a été voté le rapport de l’eurodéputée libérale belge Frédérique Ries. Consacré à un projet de directive visant à réduire “l’incidence des produits plastique à usage unique sur l’environnement”, il a récolté 571 voix pour, 53 contre et 34 abstentions. Un franc succès.

Soutien des ONG

Derrière la formulation technocratique du texte se cache un objectif concret : “Stop” à la société du “tout jetable” qui transforme les océans en “ultime poubelle”. Un mot d’ordre partagé dans l’hémicycle mais aussi au-delà. “On a vraiment été encouragés, raconte Frédérique Ries. Jamais dans ma carrière d’eurodéputée, je n’ai vu une directive soutenue à ce point par les opinions publiques et les ONG.”

L’enjeu est crucial. Chaque année, en Europe, 150.000 tonnes de plastique sont déversées en mer, ce qui représente 80 % des déchets marins. Un chiffre d’autant plus préoccupant qu’à cause de sa très longue durée de décomposition, ce plastique s’accumule dans les mers, les océans et les plages de l’Union européenne et du monde entier.

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Claude et Lydia BOURGUIGNON, mort des sols = mort des hommes !

Lydia et Claude Bourguignon sont microbiologistes des sols. Ils sont parmi les premiers scientifiques, dans les années 1970, à avoir alerté l’opinion sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes, ainsi que sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens. Ils ont contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces.

Que faire ? Par Claude et Lydia Bourguignon

Le paradoxe de l’agriculture intensive : nourrir l’humanité en détruisant le sol nourricier

En moyenne, un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre de sol. A l’échelle humaine, le sol est donc une ressource non renouvelable qu’il faut préserver pour nourrir l’humanité. Or, en 10 000 ans d’agriculture sédentarisée, l’être humain a créé 2 milliards d’hectares de désert, dont la moitié au 20e siècle. Depuis les années 60 et la révolution verte, l’agriculture intensive ne cesse de mettre à mal cette fine couche organique qui est pourtant garante de notre survie sur la planète.

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Photo : Pixabay

Le sol est une réserve unique de vie microbienne, végétale et animale. Ce milieu complexe nourrit les végétaux, qui à leur tour nourrissent la faune terrestre dont nous faisons partie. Il est donc à la base de la pyramide alimentaire. Cependant, le sol est perçu par certains comme un agrégat de terre sans vie. Cette vision, certes erronée, pourrait pour peu se confirmer.

Des techniques agricoles funestes

Les techniques agricoles telles que le labour profond, l’irrigation ou l’utilisation d’intrants chimiques épuisent le sol, le privent de sa biodiversité et provoquent sa mort. Un sol mort entraîne l’effondrement de l’écosystème qui l’entoure. Et « sans terre, sans sol, nous ne mangerons pas! ».

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Qu’est-ce que le métam-sodium, le nouveau glyphosate ?

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Photo :©Patrick Maton

Des dizaines de personnes ont été intoxiquées dans le Maine-et-Loire après avoir inhalé des particules de ce puissant pesticide.

Il pourrait bien provoquer un scandale à la hauteur de celui du glyphosate. Le métam-sodium, présent dans plusieurs pesticides, est soupçonné d’être à l’origine de 61 intoxications dans le département du Maine-et-Loire, ainsi que de 17 hospitalisations.

Le métam-sodium est un puissant biocide : il détruit à la fois les insectes, les mauvaises herbes et les champignons. Il est notamment utilisé dans les champs de mâche de l’Anjou. En nettoyant les sols, il permet aux agriculteurs de faire 3 à 4 rotations de culture par hiver.

Présent dans 5 pesticides en France, cette substance active est autorisée dans l’Union Européenne jusque 2022. Mais après la contamination de dizaines de personnes dans le Maine-et-Loire, le préfet a interdit son autorisation pendant 15 jours. Le parquet d’Angers a ouvert une enquête préliminaire « pour faire la lumière sur les conditions d’utilisation de ce produit ». Les résultats de cette investigation devraient être pris en compte par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a annoncé réexaminer l’autorisation de ce pesticide.

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Source : RTL.FR – 22 octobre 2018

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«Anthropocène»: le cri d’agonie d’une terre violée

Par Odile Tremblay

Jamais un documentaire abordant les méfaits de la race humaine contre son propre habitat ne sera tombé aussi à pic. Depuis le temps que les scientifiques et les environnementalistes jouaient aux prophètes de l’Apocalypse devant des audiences en général aveugles et sourdes, le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié le 8 octobre dernier a frappé les esprits en montrant les impacts catastrophiques actuels et futurs du réchauffement planétaire. Il a confondu les sceptiques (sauf Trump, les multinationales, l’Arabie saoudite et d’autres défenseurs du capitalisme sauvage).

Anthropocène est réalisé par un trio canadien : Jennifer Baichwal, Nick de Pencier et Edward Burtynsky. Les regards de ces derniers se posent sur la transformation du paysage planétaire à travers des images d’une beauté et d’une monstruosité affolantes.

Anthropocène (terme recouvrant la nouvelle ère, sous modification environnementale de main humaine), avec l’appui de scientifiques, dresse un constat implacable de destruction et, en ce sens, donne froid dans le dos. La force du film, comme dans Manufactured Landscapes et Watermark, les oeuvres précédentes du trio, réside dans son approche contemplative.

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Source : LEDEVOIR.COM – 20 octobre 2018

La sixième extinction de masse des animaux est sous-estimée

Par Xavier Demeersman

«La sixième extinction va se poursuivre si rien n’est fait» : c’est en substance ce que dit le dernier rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), une organisation intergouvernementale qui vient de terminer sa réunion annuelle ce 23 mars 2018. Ce terme de «sixième extinction» a été sujet à débat mais en juin 2016 une étude quantitative démontrait que le taux d’extinction actuel est effectivement supérieur à l’ordinaire (…). Plus récemment, trois spécialistes ont étudié l’évolution de la taille des populations de près de 30.000 vertébrés. Verdict : 32 % sont en recul. Pour ces chercheurs, «la réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique».

32 % des espèces étudiées sont en déclin

Les trois auteurs soulignent qu’ils n’ont pas voulu se concentrer exclusivement sur les espèces menacées. En effet, cette approche est, pour eux, trompeuse car elle «peut donner l’impression que le biote terrestre n’est pas immédiatement menacé mais qu’il entre juste lentement dans un épisode majeur de perte de biodiversité». Les chercheurs ont préféré mesurer les contractions de leurs populations, que ce soit pour les plus menacées identifiées par l’IUCN, comme pour celles dites «communes» et «peu concernées», car, rappellent-ils, « […] la disparition des populations est un prélude à celle des espèces ».

Ainsi ont-ils constaté qu’un tiers, 32 % (précisément 8.851 sur 27.600), des espèces qu’ils ont étudiées, lesquelles représentent environ la moitié de toutes celles connues, sont en déclin. Et cela, autant en effectifs qu’en d’aires de répartition. Pour ce qui est de l’échantillon de 177 mammifères dont les chercheurs précisent qu’ils disposent de données détaillées, les résultats montrent que tous ont perdu 30 % ou plus de leurs territoires et plus de 40 % ont subi de graves diminutions de leur population.

Parmi les exemples les plus représentatifs, citons les guépards, qui ne sont plus que 7.000 aujourd’hui (contre 100.000 en 1900). Les lions aussi : il y a 25 ans, ils étaient 43 % plus nombreux…, à présent, ils ne sont plus que 35.000… Et inutile de dire combien de royaumes cet animal a perdu en l’espace de quelques siècles. Les grands singes aussi sont en recul dont plusieurs comme l’orang-outan sont «en danger critique», la dernière étape avant l’extinction. Une étude publiée le 7 juillet dans Scientific Reports estime qu’à Bornéo, leur population a chuté de 25 % en dix ans seulement. Ils étaient encore 288.500 en 1973 et ne pourraient ne plus être que 47.000 en 2025, si rien n’est fait pour enrayer leur perte d’habitat et l’abattage (jusqu’à 2.500 orangs-outans sont tués chaque année).

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Source : FUTURA-SCIENCES.COM – 25 mars 2018

On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n’avons-nous rien fait ?

Par Andrew Revkin

Dans le temps qu’il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l’activité humaine, la crise s’est profondément aggravée.

Il y a trente ans, l’impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d’accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l’enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l’ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers «des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids.»

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d’énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l’article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives : l’abondance des combustibles fossiles. «Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l’industrie aussi longtemps que cela sera rentable.»

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé à la fin de l’année 1988, après que divers facteurs ont mis en lumière l’effet de serre. Les grandes lignes d’une solution avaient été forgées un an plus tôt alors que les nations du monde entier se mettaient d’accord sur le Protocole de Montréal, qui fixait des mesures pour éliminer certains composés synthétiques mettant en péril la couche d’ozone.

Depuis, les détails ont changé, mais à bien des égards, les principaux problèmes demeurent à peu les mêmes que ceux que moi et d’autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.

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Source : NATIONALGEOGRAPHIC.FR