Le paradoxe de l’agriculture intensive : nourrir l’humanité en détruisant le sol nourricier

En moyenne, un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre de sol. A l’échelle humaine, le sol est donc une ressource non renouvelable qu’il faut préserver pour nourrir l’humanité. Or, en 10 000 ans d’agriculture sédentarisée, l’être humain a créé 2 milliards d’hectares de désert, dont la moitié au 20e siècle. Depuis les années 60 et la révolution verte, l’agriculture intensive ne cesse de mettre à mal cette fine couche organique qui est pourtant garante de notre survie sur la planète.

labour-agriculture-intensive

Photo : Pixabay

Le sol est une réserve unique de vie microbienne, végétale et animale. Ce milieu complexe nourrit les végétaux, qui à leur tour nourrissent la faune terrestre dont nous faisons partie. Il est donc à la base de la pyramide alimentaire. Cependant, le sol est perçu par certains comme un agrégat de terre sans vie. Cette vision, certes erronée, pourrait pour peu se confirmer.

Des techniques agricoles funestes

Les techniques agricoles telles que le labour profond, l’irrigation ou l’utilisation d’intrants chimiques épuisent le sol, le privent de sa biodiversité et provoquent sa mort. Un sol mort entraîne l’effondrement de l’écosystème qui l’entoure. Et « sans terre, sans sol, nous ne mangerons pas! ».

Le labour profond ou le principe de l’upside down

Le labour ramène à la surface les matières enterrées qui contiennent la microfaune, les vers de terre, les microbes… Ces organismes endogènes sont déplacés dans un milieu hostile et meurent. Par la même occasion, les matières organiques en décomposition à la surface sont enterrées. Or, ces matières nécessitent de l’air pour se décomposer et créer du compost qui va nourrir la faune du sol (les vers de terre). La faune ne remonte ainsi plus à la surface pour se nourrir.

Trois catastrophes sont ainsi produites par le labour profond :

• les vers de terre, ne remontant plus pour se nourrir, n’aèrent plus le sol ;
• ils ne produisent plus, via la digestion des matières organiques, le « complexe argilohumique », vital pour une bonne fertilité de la terre ;
• l’absence de couverture végétale à la surface du sol le rend plus vulnérable à l’érosion.

Le sol, par le labour profond, meurt.

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Source : SOSFAIM.BE – 30 novembre 2016

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