Wallonie – Conserver des terres agricoles

par Janine Kievits

Alors que les autorités wallonnes aiment à présenter leur Région comme disposant d’importantes réserves foncières propres à accueillir de nouvelles activités économiques, les surfaces agricoles fondent. Une évolution inquiétante à plus d’un titre.

Article réalisé dans le cadre du dossier « Y a-t-il un pilote dans la grue ? »
à lire dans le n°55 de la revue « Politique »

En Belgique, bon an, mal an, c’est à peu près un terrain de football qui est urbanisé toutes les heures. Faut-il s’en étonner ? Mille raisons convergent pour pousser l’autorité publique et le citoyen à urbaniser les terres.

La plus-value d’urbanisme d’abord, sur laquelle peuvent se bâtir de véritables fortunes. En Wallonie, un terrain constructible vaut quasiment quinze fois plus qu’une terre agricole, en Flandre près de cinquante fois plus [1] ! Dans ces conditions, comment s’étonner que tant de particuliers se pressent au portillon du ministre responsable dans l’espoir de voir « passer leur terrain en zone rouge » (c’est à dire de la zone agricole le plus souvent, à la zone d’habitat) ?

Lire la suite

Réforme de la Politique Agricole Commune – la société civile se mobilise

Le système agricole et alimentaire européen est en faillite : il ne profite qu’à une minorité, au détriment des consommateurs, de l’agriculture familiale et locale et de l’environnement. Une consultation sur la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) est en cours. La société civile est bien décidée à se faire entendre. Et appelle les citoyens à s’exprimer.

Les débats sur la PAC sont habituellement confinés, et soumis à une pression intensive du lobby agro-alimentaire. Mais, jusqu’au 2 mai, la Commission Européenne consulte les citoyens. Une telle opportunité ne se représentera peut-être plus. Or, vu qu’elle touche à l’alimentation, la santé, la biodiversité et les paysages, l’agriculture est typiquement une politique sur laquelle doit pouvoir s’exprimer le plus grand nombre.

Réunis en plateforme commune en Belgique, Natagora, Natuurpunt, le WWF-Belgique, Inter Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu ont mis en place un outil pour permettre aux citoyens de s’exprimer de façon simple et rapide à cette consultation. Les associations appellent un maximum de personnes à se faire entendre. L’outil est disponible sur natagora.be/pac et wwf.be/fr/livingland. Une cinquantaine d’ONG dans toute l’Europe mobilisent leurs concitoyens à participer à la consultation également. L’enjeu est local mais aussi véritablement européen.

Lire la suite

Enquête : quand la PAC finance la pollution

Où va l’argent de la Politique agricole commune (PAC) ? C’est à cette question que nous avons voulu répondre en commandant une enquête à Mark Lee Hunter, journaliste d’investigation, afin de déterminer si les exploitations agricoles qui polluent le plus recevaient des subventions européennes de la PAC. Mettons tout de suite fin au suspense : la réponse est oui.

Intensive Livestock Farming in France

Les pollutions environnementales sont très mal surveillées

Afin d’arriver à cette conclusion, deux jeux de données ont été croisés : la liste des bénéficiaires des aides PAC et les montants alloués, et la liste qui répertorie les émissions d’ammoniac par ferme (c’est la seule pollution qui soit suivie à l’échelle des exploitations). Nous avons ainsi effectué un classement des exploitations qui polluent le plus alors qu’elles reçoivent beaucoup de subventions. L’ammoniac est un composé chimique dont l’odeur âcre est caractéristique et il provient principalement des activités agricoles. Il peut impacter sévèrement la santé humaine et la vie sauvage lorsqu’il est relâché dans l’environnement.

Sauf que nous nous sommes vite rendus compte que ce système de suivi des émissions d’ammoniac était loin d’être sérieux et suffisant. A peine 3% des émissions d’ammoniac liées à l’élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l’élevage représente 64% des émissions d’ammoniac en France. Par ailleurs, il existe 31 000 fermes porcines et/ou avicoles en France, seules 727 d’entre elles figurent dans la base de données ! Sans compter que les fermes bovines n’y figurent même pas alors qu’elles sont de grosses contributrices.

Lire la suite

Comment évaluer l’impact visuel d’une éolienne ?

eolienne_impact_visuel

  1. munissez-vous d’une tige (crayon, latte ou règle graduée) d’une vingtaine de centimètre
  2. tenez-le dans votre poing et laissez dépasser 21 centimètres au-dessus du pouce
  3. tendez votre bras à l’horizontale face à vous (en direction de l’emplacement présumé d’une éolienne), de façon à ce que la tige soit verticale et que sa base (le haut de votre poing) se trouve à l’horizontale de vos yeux
  4. observez le sommet de la tige : celui-ci indique grosso modo l’espace occupé par une pale d’éolienne terrestre de 180 m. (soit les plus hautes) dans sa position supérieure ; si un obstacle naturel (forêt, haie, végétation) ou non (maison, hangar) se trouve dans votre champ de vision, il est fort probable que celui-ci cachera l’éolienne

Lire la suite

Éoliennes : contrôler les nuisances sonores et mieux informer les riverains

Les éoliennes, sources de pollution sonore, sont-elles préjudiciable à la santé ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un rapport dans lequel elle recommande de systématiser les contrôles des émissions sonores et de renforcer l’information des riverains lors du déploiement des parcs éoliens.

Y a-t-il des conséquences sanitaires liées aux émissions, par les éoliennes, de sons à basses fréquences et d’infrasons ? Le ministère de l’environnement avait chargé l’Anses de répondre à cette question suite au « développement des éoliennes comme source d’énergie renouvelable et [aux] plaintes de riverains ».

Conclusion de l’Agence : « il est très difficile d’isoler, à l’heure actuelle, les effets sur la santé des infrasons et basses fréquences sonores de ceux du bruit audible ou d’autres causes potentielles qui pourraient être dues aux éoliennes. »

Les éoliennes sont en effet des sources d’infrasons (moins de 20 Hz) et de basses fréquences sonores (de 20 à 200 Hz), d’après les résultats de mesures effectuées par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Cet organisme, mandaté par l’Anses, a pour cela mené des campagnes de mesures à proximité de trois parcs éoliens.

Il indique cependant qu’aucun dépassement des seuils d’audibilité (le volume sonore minimal perceptible par l’oreille humaine) dans les domaines des infrasons et basses fréquences (jusqu’à 50 Hz) n’a été relevé. La réglementation actuelle indique que la distance minimale entre une éolienne et les habitations est de 500 m1, une distance qui peut d’ailleurs être étendue au cas par cas afin de respecter les valeurs limites d’exposition au bruit.

Les limites actuelles suffisantes… si elles sont respectées

Dans son rapport, l’Anses indique par conséquent « que les résultats de cette expertise ne justifient ni de modifier les valeurs limites d’exposition au bruit existantes, ni d’étendre les fréquences sonores actuellement considérées dans la réglementation aux infrasons et basses fréquences sonores ».

L’Agence préconise toutefois trois mesures principales : « renforcer l’information des riverains lors de l’implantation de parcs éoliens », systématiser « les contrôles des émissions sonores des éoliennes avant et après leur mise en service » et « poursuivre les recherches sur les relations entre santé et exposition aux infrasons et basses fréquences sonores », notamment via « une étude épidémiologique visant à observer l’état de santé des riverains de parcs éoliens ».

De nouvelles recherches sont en effet nécessaires, les effets potentiels des basses fréquences et infrasons n’ayant « fait l’objet que de peu d’études scientifiques » et « l’ensemble des données expérimentales et épidémiologiques aujourd’hui disponibles ne [mettant] pas en évidence d’effets sanitaires liés à l’exposition au bruit des éoliennes autres que la gêne liée au bruit audible ».

Source : FRANCETVINFO.FR – 31 mars 2017

_______________

Notes :

  1. 500m : c’est peu comparé à la distance minimale imposée par la législation dans les pays suivants :
    – 1000m au Danemark;
    – 1500m dans la plupart des Länder allemands (recommandations des offices de la santé);
    – 2000m en Espagne;
    – 3200m (2 miles) aux Etats-Unis.

Articles connexes

 

Quels sont les intérêts des haies ?

Les haies sont des structures linéaires et arborées, associant des essences variées d’arbustes, de buissons, de cépées, d’arbres morts et d’arbres de haut jet qui se développent sur un tapis herbacé.

haies-02

Photo : Sillon belge

Extrait du livre « Les arbres entre visible et invisible » de Zürcher Ernst

(…) En ce qui concerne le microclimat, un système de haies peut réduire la force du vent jusqu’à 40% des valeurs en terrain ouvert. Il en résulte une baisse de l’évaporation au sol, une formation de rosée accrue, une légère augmentation de la température du sol, associée à une humidité plus élevée. Ces effets positifs pour le rendement agricole se font sentir jusqu’à une distance estimée à 30 fois la hauteur de la haie.

A ces effets s’ajoutent diverses fonctions écologiques : par exemple, du fait qu’elle hébergent une riche entomofaune naturelle (insectes) et ses prédateurs (oiseaux, mammifères, batraciens, autres insectes), elles constituent un élément essentiel de la protection biologique des cultures avoisinantes contre les parasites.

Lire la suite

Interdire le glyphosate ? « Impossible »

La France ne peut pas déroger au principe de « coopération réglementaire » du Ceta pour interdire le désherbant.

thumbnail_large-38693

PHOTO : JOHN THYS / AFP

Et si la France interdisait le glyphosate, cet herbicide cancérigène connu également sous le nom de « Roundup », comme elle affirme vouloir le faire avant 2021 ? C’est Marielle de Sarnez, présidente (MoDem) de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, qui pose la question, le 10 avril, à la commissaire européenne au Commerce. Cecilia Malmström est auditionnée à propos des CetaMercosur, Jefta et autres gigantesques accords de libre-échange dont l’Europe est devenue boulimique.

Lire la suite

Pollution : le préfet du Nord abaisse les limitations de vitesse de 20 km/h

Le niveau 2 du plan de lutte contre la pollution a été enclenché par la préfecture pour tout le département du Nord ce vendredi. En conséquence, toutes les limitations de vitesse sont abaissées de 20 km/h de manière obligatoire. La pollution demeure ce samedi.

voiture_20-3618691

Images d’illustration. / © MAXPPP

L’agence de surveillance de l’air, Atmo, déclenche ce samedi un niveau « d’alerte » aux particules en suspension dans le Nord, et un niveau « d’information et de recommandation » pour le Pas-de-Calais.

Pour lutter contre l’épisode de pollution atmosphérique qui s’installe dans notre département du Nord, la préfecture a décidé de mettre en place son plan de réductions des émissions de polluants. Lire la suite

Faire payer les compagnies pétrolières pour leur contribution aux changements climatiques

Par Christian Noël

Un député de Queen’s Park a déposé un projet de loi pour forcer les compagnies pétrolières à payer pour leur contribution aux changements climatiques et ainsi permettre aux villes ontariennes et à la province de récupérer des milliards de dollars dépensés pour réparer et prévenir leurs dégâts. Si ce projet de loi était adopté, il s’agirait d’une première mondiale.

toronto-inondations-3

Des inondations à Toronto en 2013 Photo : La Presse canadienne/Frank Gunn

Des dizaines de voitures prisonnières des eaux sous les viaducs de Toronto, des couvercles de bouches d’égout projetés vers le ciel sous la force de la pression, des stations de métro inondées, des sous-sols de particuliers envahis par les eaux usées.

Durant l’été 2013 à Toronto, des pluies torrentielles ont causé des inondations monstres, qui ont coûté presque un milliard de dollars à la ville. L’hiver suivant, une tempête de verglas a causé des dommages de 400 millions de dollars.

« Les phénomènes météo extrêmes augmentent en fréquence, à cause des changements climatiques. Les gouvernements n’ont pas assez d’argent dans leurs coffres pour réparer et prévenir les dégâts », fait valoir le député néo-démocrate de Toronto Peter Tabuns, qui porte ce projet de loi.

Lire la suite