Claude et Lydia BOURGUIGNON, mort des sols = mort des hommes !

Lydia et Claude Bourguignon sont microbiologistes des sols. Ils sont parmi les premiers scientifiques, dans les années 1970, à avoir alerté l’opinion sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes, ainsi que sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens. Ils ont contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces.

Que faire ? Par Claude et Lydia Bourguignon

Le paradoxe de l’agriculture intensive : nourrir l’humanité en détruisant le sol nourricier

En moyenne, un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre de sol. A l’échelle humaine, le sol est donc une ressource non renouvelable qu’il faut préserver pour nourrir l’humanité. Or, en 10 000 ans d’agriculture sédentarisée, l’être humain a créé 2 milliards d’hectares de désert, dont la moitié au 20e siècle. Depuis les années 60 et la révolution verte, l’agriculture intensive ne cesse de mettre à mal cette fine couche organique qui est pourtant garante de notre survie sur la planète.

labour-agriculture-intensive

Photo : Pixabay

Le sol est une réserve unique de vie microbienne, végétale et animale. Ce milieu complexe nourrit les végétaux, qui à leur tour nourrissent la faune terrestre dont nous faisons partie. Il est donc à la base de la pyramide alimentaire. Cependant, le sol est perçu par certains comme un agrégat de terre sans vie. Cette vision, certes erronée, pourrait pour peu se confirmer.

Des techniques agricoles funestes

Les techniques agricoles telles que le labour profond, l’irrigation ou l’utilisation d’intrants chimiques épuisent le sol, le privent de sa biodiversité et provoquent sa mort. Un sol mort entraîne l’effondrement de l’écosystème qui l’entoure. Et « sans terre, sans sol, nous ne mangerons pas! ».

Lire la suite

Qu’est-ce que le métam-sodium, le nouveau glyphosate ?

DSC05719

Photo :©Patrick Maton

Des dizaines de personnes ont été intoxiquées dans le Maine-et-Loire après avoir inhalé des particules de ce puissant pesticide.

Il pourrait bien provoquer un scandale à la hauteur de celui du glyphosate. Le métam-sodium, présent dans plusieurs pesticides, est soupçonné d’être à l’origine de 61 intoxications dans le département du Maine-et-Loire, ainsi que de 17 hospitalisations.

Le métam-sodium est un puissant biocide : il détruit à la fois les insectes, les mauvaises herbes et les champignons. Il est notamment utilisé dans les champs de mâche de l’Anjou. En nettoyant les sols, il permet aux agriculteurs de faire 3 à 4 rotations de culture par hiver.

Présent dans 5 pesticides en France, cette substance active est autorisée dans l’Union Européenne jusque 2022. Mais après la contamination de dizaines de personnes dans le Maine-et-Loire, le préfet a interdit son autorisation pendant 15 jours. Le parquet d’Angers a ouvert une enquête préliminaire « pour faire la lumière sur les conditions d’utilisation de ce produit ». Les résultats de cette investigation devraient être pris en compte par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a annoncé réexaminer l’autorisation de ce pesticide.

Lire la suite de l’article

Source : RTL.FR – 22 octobre 2018

Articles connexes

Monsanto aurait créé des groupes de « faux agriculteurs » pour défendre le glyphosate

Un lobby de la société Monsanto a créé des groupes de « faux agriculteurs » chargés de se prononcer en faveur du glyphosate, révèle la cellule d’investigation de Greenpeace et du quotidien britannique « The Independent ».

Pour que des « agriculteurs » disent du bien du glyphosate – cet herbicide présent dans le Roundup et classé cancérigène probable par le centre international de recherche sur le cancer –, la société Monsanto aurait créé, dans au moins sept pays, des groupes de faux professionnels.

« Mosanto a piloté de faux groupes de fermiers contre l’interdiction du glyphosate en Europe. C’est ce que révèle une enquête de la cellule d’investigation de Greenpeace et du quotidien britannique ‘The Independent‘ », que RMC dévoile ce mercredi.

« Agriculture et Liberté », est le nom du groupe français de faux agriculteurs. Sur son compte Twitter, on peut lire :

« Nous sommes un groupe d’agriculteurs français unis pour protéger notre mode de vie et nos moyens de subsistance« .

Mais ni ce compte Twitter ni le site internet, ne permettent de savoir qui sont les fondateurs de ce groupe, observe RMC. « Il est juste mentionné qu’ ‘Agriculture et Liberté’ est soutenu par une ‘coalition d’utilisateurs et de fabricants de produits agricoles’. Aucune trace d’un agriculteur parmi les fondateurs. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, ce groupe a été créé par un lobby », accuse le site internet.

Lire la suite de l’article

Source : NOUVELOBS.COM – 17 octobre 2018

39 pesticides différents découverts à l’intérieur d’une école en zone agricole

DSC05719

Photo : Patrick Maton (2018)

Des chercheurs de Gembloux agro bio tech (ULiège) ont mesuré l’exposition aux pesticides de plusieurs écoles situées en zone agricole, principalement en Brabant wallon. Les résultats confirment une étude pilote réalisée en 2016, qui avait identifié 23 produits différents dans la cour de récréation de l’école de Cortil-Wodon (Fernelmont).

Durant la période de pulvérisation, entre avril et juillet, les panneaux capteurs installés aux abords des écoles ont détecté la présence d’une trentaine de pesticides en moyenne. Le cas de Cortil-Wodon n’est pas donc pas isolé.

Dans cette nouvelle étude, intitulée Propulpp, les chercheurs ont aussi passé un chiffon sur les jeux installés dans les cours de récréation. Les analyses sont peu équivoques : les modules sur lesquels les enfants s’égayent sont recouverts de pesticides, une vingtaine de substances en moyenne.

D’autres mesures comparables ont été réalisées à l’intérieur des écoles, dans les classes, au sol et sur les appuis de fenêtre. Même constat : des dizaines de pesticides différents s’insinuent dans les bâtiments, sans doute avec la poussière ramenée de l’extérieur sur les chaussures des enfants. Dans une classe, ce sont pas moins de 39 substances différentes qui ont ainsi été mesurées !

Lire la suite de l’article

Source : RTBF.BE – 10 octobre 2018

Les méfaits de l’agro-industrie sur l’environnement et l’être humain

DSC05719

Photo: ©Patrick Maton (2018)

Les élevages porcins à Comines-Warneton

Les élevages porcins de Comines-Warneton font de notre commune la championne de Belgique en émissions d’ammoniac.
En 2015 :
– Taveirne SA : 105 T > N°1 de Wallonie et de Belgique,
– Munque SA : 46,6 T > N°2 de Wallonie
La présence d’ammoniac dans l’air peut contribuer au développement de diverses maladies respiratoires (chez les éleveurs, leurs employés, les riverains et les animaux d’élevage eux-mêmes).
Ces élevages intensifs produisent aussi des émissions d’azote (protoxyde d’azote) qui est aussi un gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique en cours. Et selon les données du SPW, les agriculteurs de Comines-Warneton sont ceux qui produisent le plus d’azote en Wallonie.
Notre bourgmestre f.f. a abusé de son autorité en interdisant un débat sur les élevages porcins prévu à l’ordre du jour du Conseil Communal du 19 septembre 2016 à la demande du groupe ECOLO…

Lire la suite

Emissions d’ammoniac (NH3)

stop-aux-elevages-demesures

Origine du polluant

Les émissions d’ammoniac sont essentiellement d’origine agricole, dont la plus grande part provient de l’élevage. L’ammoniac (NH3) est issu de la fermentation, c’est-à-dire de la décomposition incomplète de substances organiques par des microorganismes en milieu anaérobie1. Ce processus se produit tant dans les bâtiments d’élevage qu’au pâturage, dans les lieux de stockage des effluents et au moment de l’épandage au champ. L’ammoniac est également émis à partir de voitures équipées d’un catalyseur.

Effets

Les retours de l’ammoniac à la biosphère se font sous forme sèche ou humide, soit à proximité du lieu d’émission, soit après avoir parcouru de longues distances notamment pour l’ammonium dont le temps de résidence dans l’air est plus long que celui de l’ammoniac. Ces retombées ont diverses conséquences.

Effets sur la santé : L’ammoniac est un gaz irritant pouvant être incriminé dans l’apparition de certaines maladies (asthme, bronchites chroniques), en particulier chez les éleveurs qui sont exposés à ce composé de façon chronique. En effet, c’est dans certaines exploitations agricoles que d’importantes concentrations en ammoniac sont le plus fréquemment rencontrées. La mauvaise qualité de l’air (odeurs piquantes, atmosphère chargée en gaz, poussières, bactéries et endotoxines) des bâtiments d’élevage rend non seulement les conditions de travail difficiles, mais peut aussi avoir un impact important sur la santé du personnel. Des études épidémiologiques ont ainsi mis en évidence des corrélations entre le taux de contamination de l’air et la fréquence des pneumopathies chez les travailleurs. Les bronchites chroniques, l’asthme, la fibrose pulmonaire, les affections des voies aériennes supérieures constituent la majorité des maladies respiratoires professionnelles des éleveurs.
Au Danemark, une étude épidémiologique montre qu’en dehors de l’influence de l’âge et du fait que l’éleveur fume ou non, les éleveurs de porcs2 sont les plus touchés par l’asthme et les bronchites chroniques. Parmi les facteurs responsables, des gaz tels que l’ammoniac ont été incriminés.

Effets sur les écosystèmes : Les principaux effets de l’émission d’ammoniac sur les écosystèmes vont se manifester via :

  • les retombées sur les plantes qui entraînent un déséquilibre dans leur alimentation et une augmentation de leur fragilité vis-à-vis d’autres facteurs secondaires de stress ;
  • la participation de l’ammoniac au phénomène d’acidification des milieux naturels qui participe au dépérissement des forêts ;
  • les retombées atmosphériques en composés azotés qui contribuent aux phénomènes d’eutrophisation. Ce phénomène crée un déséquilibre nutritif en favorisant certaines espèces végétales dominantes. Il en résulte un appauvrissement de la biodiversité tant végétale qu’animale ;

Effets sur les biens et sur l’économie : Les principaux effets de l’émission d’ammoniac sur les biens et l’économie vont se manifester via :

  • sa participation au phénomène de formation des pluies acides qui réduisent les rendements agricoles et sylvicoles et entraînent la dégradation de certains types de pierres de construction.
  • la diminution des performances zootechniques des animaux qui respirent ce gaz.

En outre l’ammoniac est un important précurseur de la formation de particules secondaires, principalement par réaction avec les oxydes d’azote pour former des particules de nitrate d’ammonium. Ceci renforce donc encore son effet négatif sur la santé.

Secteurs les plus émetteurs

Les trois secteurs suivants représentent plus de 90% des émissions d’ammoniac en Wallonie. Parmi ceux-ci, l’agriculture est de loin la principale source d’émission d’ammoniac :

emiss20nh320tab1

Lire la suite de l’article

Source : AWAC.BE (Agence Wallonne de l’Air et du Climat)

_____________

Notes :

  1. Anaérobie : On appelle milieu anaérobie un milieu où il n’y a pas présence d’oxygène sous forme de dioxygène (O2).
  2. Eleveurs de porcs : Selon les statistiques 2017, Comines-Warneton comptent 59.993 porcs (et 292.070 volailles)…  Les émissions d’ammoniac par les élevages porcins font de Comines-Warneton la championne de Belgique des émissions d’ammoniac (en 2015).

Articles connexes

Comment l’agriculture participe à la pollution de l’air

Les zones agricoles ont la particularité d’être à la fois des sources et des puits pour la pollution de l’air. Le séminaire scientifique Primequal «Agriculture et pollution atmosphérique», organisé le 2 juillet à Paris a été l’occasion de s’intéresser au rôle de l’agriculture dans la pollution de l’air.

«L’agriculture participe aux émissions de composés azotés, des COV [composés organiques volatils], du méthane et des pesticides, ainsi que des particules primaires», explique Carole Bedos, Chargée de Recherche à l’Inra spécialisée dans la volatilisation des pesticides. Une fois émis dans l’air, ces différents composés peuvent interagir entre eux et avec les composés déjà présents dans l’atmosphère. Ils vont alors générer des composés secondaires. Les NOx1 et COV constituent des précurseurs d’ozone2 ; l’ammoniac3 et les acides des précurseurs de particules fines4.

Quantitativement, les flux des polluants peuvent paraître faibles. Mais, sur des surfaces étendues, les émissions deviennent significatives et diffuses. Selon différentes sources, l’agriculture et la forêt émettent ainsi 53 % du total des particules en suspension (20 % des PM10, 9 % des PM2,5 et 6 % des PM1), 89 % du protoxyde d’azote (N2O), 76 % du méthane, 10 % des oxydes d’azote (NOx), 50 % des COV biogènes et 97 % de l’ammoniac présents dans l’air (l’élevage contribuant à hauteur de 77 % des émissions). De plus, le secteur agricole utilise 91 % des pesticides.

Comment sont émises les particules ?

En agriculture, les particules primaires sont émises par les cultures et l’élevage, mais il y a peu de données sur ces émissions dans le contexte agricole français. «Pour les cultures, la préparation du sol, la fertilisation, l’apport de produits phytosanitaires, les récoltes vont générer l’émission de particules primaires en fonction du type de sol et de la météo», note Carole Bedos. «Pour l’élevage, les émissions de particules peuvent avoir lieu au niveau des bâtiments, du stockage des effluents, de l’épandage d’effluents et en pâturage», ajoute-t-elle.
Lire la suite

Appel des 100 pour l’interdiction de tous les pesticides

stop-pesticides.png

Nous voulons des Coquelicots
Appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides* en France. Assez de discours, des actes.

* de synthèse

Suivre ce lien pour signer l’Appel

Un puissant insecticide autorisé en Europe désormais interdit aux Etats-Unis

Par Marc Metdepenningen

Le chlotpyriphos interdit, une autre victoire sur les pesticides reléguée au second plan à cause de la condamnation de Monsanto.

Une autre décision de la justice américaine, reléguée au second plan à cause de la décision condamnant Monsanto, satisfait les environnementalistes et des groupes d’agriculteurs qui militent depuis des années pour l’interdiction du chlorpyriphos, un puissant insecticide produit par Dow Chemical et distribué mondialement depuis 1965.

La Cour d’appel du 9e Circuit fédéral a donné vendredi 60 jours à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) pour procéder à l’interdiction effective aux Etats-Unis de l’emploi, en agriculture, de cet organophosphate, déjà interdit pour les usages domestiques depuis l’année 2000. Il était aussi interdit d’aspersion depuis 2012 dans des zones tampons entourant des lieux fréquentés par les enfants, essentiellement les écoles. Il demeurait toutefois utilisé dans 50 types de cultures de céréales, de fruits et de légumes, dont des pommes, les oranges ou les brocolis.

Lire la suite