Terres agricoles : peut-on mettre fin au grignotage belge ?

Par Aude Deraedt

Des « verrous réglementaires ». C’est ce qu’a promis Emmanuel Macron, à la veille du Salon de l’agriculture en début de mois. L’annonce du président de la République vise à freiner l’augmentation du rachat de terres agricoles par des sociétés étrangères. Une situation qui, bien que naissante, concerne encore peu le Nord – Pas-de-Calais, plus touché par la sous-location de terres agricoles, notamment par les Belges. Une pratique illégale en plein essor.

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Tracteur de pommes de terre cultivées dans le Nord de la France traversant le centre de Warneton. Au moment de la récolte des pommes de terres cet agriculteur établi dans notre  région transporte ainsi une centaine de remorques à 3 essieux remplies de pommes de terre comme sur cette photo….

Quand sonne l’heure de la récolte, le bal commence. « Un bal de plaques rouges », qu’observe « depuis une dizaine d’années » Jean-Luc Bardel, agriculteur à Éringhem, en Flandres. Celles des tracteurs et des camions belges, qui arrivent en masse dès l’été pour récolter les pommes de terre, puis les choux de Bruxelles, semés par leurs soins sur les terres agricoles nordistes.

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Tracteur de choux de Bruxelles cultivées dans le Nord de la France traversant le centre de Warneton.

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La patate belge sème la discorde dans le Nord de la France

Par Olivier Rozencwajg

À la mi-septembre, quand sonne l’heure de la récolte, le bal commence. « On assiste à des convois de tracteurs, des Belges, qui ramènent leurs pommes de terre vers la Belgique, via cette départementale Douai-Tournai« , lance Antoine Jean, éleveur bovin, à Nomain, dans le Nord de la France.

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Des agriculteurs belges qui sèment et récoltent des patates dans le nord de la France. Le phénomène n’est pas récent, mais à en croire ce porte-parole local de la Confédération paysanne, il a pris ces dernières années une ampleur inédite : « Au départ, ils restaient le long de la frontière, sur de petits espaces, mais depuis quelques années ils s’installent de plus en plus loin, cinquante, soixante, soixante-dix kilomètres, on a l’impression qu’il n’y a plus de limite, qu’ils vont remonter jusqu’à Paris ! »

Des centaines, des milliers d’hectares, difficile d’estimer la surface exploitée par les Belges. Car des deux côtés de la frontière, le sujet est tabou. Pas question d’ébruiter un phénomène qui permet aux uns de produire plus, aux autres d’arrondir leurs fins de mois. « Ça se fait complètement en dehors des radars, via un mécanisme de sous-location illégal« , lâche Dominique Fosse, chef de service à la SAFER, l’organisme français en charge de la protection des terres agricoles.

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Néonicotinoïdes: la Belgique s’octroiera plusieurs années de dérogation

Par Michel De Muelenaere

Malgré l’interdiction européenne, la Belgique autorisera l’utilisation des néonicotinoïdes pour le secteur betteravier et de la chicorée, annonce Denis Ducarme, le ministre fédéral de l’Agriculture. Selon lui, il n’existe pas d’alternative valable. Annuelles, les dérogations ne dureront pendant pas plus de cinq ans, promet-il.

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Il n’y aura formellement pas de transition pour l’interdiction des trois insecticides néonicotinoïdes en Europe. Ceux-ci seront interdits – réduits à l’usage en serre confinée – à partir du début de l’année prochaine. La position défendue par la Belgique n’a donc pas été suivie. Mais notre pays va aménager sa propre transition pour le secteur betterave-chicorée, indique Denis Ducarme (MR), ministre fédéral de l’Agriculture.

Nous évoquions cette hypothèse dans nos éditions de ce jeudi 26 avril. La législation européenne sur les pesticides permet en effet à un Etat membre de déroger pendant 120 jours à une interdiction de produit phytosanitaire au cas où il n’existerait pas d’autre moyen de combattre un parasite. En principe, cette interdiction – qui ne nécessite pas le feu vert de la Commission, mais doit lui être notifiée – « ne peut pas être répétée », dit l’article 53 du règlement européen. Un principe qui n’est pas respecté par certains Etats. La Commission a, en principe, la possibilité de demander à l’Etat membre de « retirer » sa dérogation, indique un « document de travail » de l’exécutif. En pratique, dit un proche du dossier, elle ne le fait jamais.

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Une entreprise de Harelbeke reçoit une forte amende due aux odeurs de frites

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Photo : Agristo

La société de transformation de pommes de terre Agristo, son PDG Dirk Decoster et son fondateur Luc Raes ont été condamnés à une amende par le tribunal correctionnel de Courtrai pour nuisance sonore et olfactive aux abords de l’établissement de Harelbeke, en Flandre occidentale.

Ils doivent également verser à certains résidents une compensation matérielle et morale.
Agristo, qui produit entre autres des frites surgelées, s’est installé en 1985 à Harelbeke et a connu une croissance exponentielle, avec au fil des années une installation aux Pays-bas à Tilburg, ainsi qu’à Nazareth et Wielsbeke. Mais la société de Harelbeke a continué à se développer, au grand dam de beaucoup de riverains.

A la mi-avril, l’entreprise a été jugée pour nuisances sonores et olfactives. Selon les dernières exigences de la délivrance du permis environnemental, la Province avait imposé quelques conditions, comme la diminution des nuisances olfactives, mais à ce jour les problèmes ne sont pas résolus.

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Le CNRS et le Muséum démontrent une corrélation entre disparition des oiseaux et agriculture intensive

Par Laurent Radisson

Deux nouvelles études scientifiques révèlent une diminution d’un tiers des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. Cette diminution apparaît directement corrélée aux pratiques agricoles intensives.

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L’alouette des champs (Alauda arvensis) / Photo: Wikipedia/

Les chiffres révélés en ce premier jour du printemps par le Muséum d’histoire naturelle et le CNRS ont de quoi faire frémir. « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans« , révèlent les organismes de recherche à travers deux études.

La première a été menée à l’échelle nationale grâce à un programme de sciences participatives porté par le Muséum. Elle met en évidence les pertes les plus importantes parmi les espèces spécialistes des milieux agricoles comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan. Loin d’être enrayé, le déclin s’est même accéléré ces deux dernières années.

La deuxième étude a été menée à une échelle locale par le CNRS dans une zone atelier située dans les Deux-Sèvres. « En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées« , révèle le CNRS.

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Source : ACTU-ENVIRONNEMENT.COM – 20 mars 2018

Infos connexes

Comines-Warneton, championne des émissions d’ammoniac…

Par Delphine Reuter1

Dans le cadre d’une enquête journalistique paneuropéenne, Le Vif/L’Express a investigué les émissions d’ammoniac d’exploitations agricoles belges. Consultables en ligne, ces données sont toutefois anonymisées. Un manque de transparence en contradiction avec les exigences que l’Europe s’est fixées en matière d’accès à l’information et de protection de l’environnement et de la santé.

Overview of Pigs in their Pens, Gaspor Farm, Mirabel, Quebec

Les déjections animales sont une des sources principales de la production d’ammoniac.

En 2015, 64 élevages porcins et de volailles belges ont émis chacun plus de dix tonnes d’ammoniac dans le cadre de leurs activités, selon le registre E-PRTR (European Pollutant Release and Transfer Register), tenu par l’Agence européenne pour l’environnement. Soit 1.311,8 tonnes d’ammoniac au total. Parmi ces 64 exploitations agricoles, 20 sont situées en Flandre et 44 en Wallonie. Les élevages wallons sont responsables de 79 % des émissions rapportées : tandis que les fermes du nord du pays ont émis 274,1 tonnes d’ammoniac en 2015, les wallonnes, elles, ont en émis 1.037,7. L’élevage wallon le plus polluant a émis 105 tonnes d’ammoniac, soit plus de dix fois le seuil de reporting du registre.

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On a 20 ans pour changer le monde

Ce documentaire d’Hélène Médigue part d’un constat sans appel : le modèle agricole développé depuis les années 60 consomme beaucoup plus qu’il ne produit. Il coûte très cher à la société et a des conséquences désastreuses sur l’environnement et sur notre santé. Pourtant, un autre monde est possible et c’est exactement ce que veut nous prouver le documentaire.

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22/04/2018 – Rejet d’effluents industriels dans la Lys par l’usine CL Warneton

Les rejets d’effluents industriels par l’usine Clarebout de Warneton sont fréquents.

Cette vidéo a été enregistrée dans l’après-midi du 22 avril dernier par D. V., un membre de l’association Deûlémont Environnement.

Si vous êtes témoin de ce type de pollution il faut :

    • Prendre des photos et, mieux, enregistrer une vidéo comme celle ci-dessus (durée minimum : 30 secondes) et nous les envoyer sans tarder
    • Téléphoner immédiatement à la Police de l’Environnement au n° (gratuit) suivant :
 SOS ENVIRONNEMENT – NATURE
Tél.: 0800/20026 (de France: 00 32 80 02 00 26)

joignable 24/24h, 7/7j.
qui viendra constater/verbaliser…

Articles connexes

Néonicotinoïdes : l’Europe cesse de jouer à la roulette ruche

Par Coralie Schaub

Les Etats membres ont voté vendredi une proposition de la Commission visant à interdire les trois principaux pesticides néonicotinoïdes sur toutes les cultures en plein champ.

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Manifestation devant la Commission européenne à Bruxelles, vendredi. Photo Emmanuel Dunand. AFP

C’est un vote historique. Et une énorme surprise. Vendredi, l’Europe a dit «non» aux trois principaux pesticides néonicotinoïdes dits «tueurs d’abeilles». Ces insecticides au nom si imprononçable qu’ils sont surnommés «néonics» ont été commercialisés dans les années 90 pour les grandes cultures, les céréales, les légumes mais aussi les fruits, et sont devenus les plus vendus au monde. A tel point qu’ils sont omniprésents dans l’eau, l’air, le sol, les plantes, jusqu’au contenu de nos assiettes et nos verres. Neurotoxiques, ils agissent sur le système nerveux central des insectes, provoquant une paralysie mortelle. Résultat, ils massacrent les «nuisibles» qu’ils visent, mais aussi les pollinisateurs (ils sont jusqu’à 10 000 fois plus toxiques pour les abeilles que le très décrié DDT), la faune du sol, de l’air et des rivières. Vers de terre, batraciens ou oiseaux, nul n’y échappe, directement ou indirectement. Pas même l’homme. Plusieurs études ont établi un lien entre ces pesticides et les maladies du spectre autistique, les malformations cardiaques… Ils sont aussi perturbateurs endocriniens, cancérigènes, et ont des effets sur la thyroïde, le foie et les testicules.

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Le Parlement européen milite pour l’interdiction des néonicotinoïdes

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Les eurodéputés des principaux groupes politiques du Parlement européen ont adressé une lettre le 20 mars à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, et à Vytenis Andriukaitus, le commissaire européen à la santé. [Shutterstock]

Les législateurs européens ont appelé la Commission à convaincre les États membres de soutenir l’interdiction des néonicotinoïdes et éviter ainsi d’autres retards qui seraient nocifs pour l’environnement et les abeilles.

Les eurodéputés des principaux groupes politiques du Parlement européen ont adressé une lettre le 20 mars à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, et à Vytenis Andriukaitus, le commissaire européen à la santé.

Dans cette lettre, ils demandent à la Commission d’éviter de retarder davantage l’interdiction des néonicotinoïdes lors de la prochaine réunion du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (SCOPAFF) le 22 mars, estimant que cela serait nocif pour les abeilles et l’environnement.

« Un retard supplémentaire dans la prise de décision prolongera l’exposition des abeilles et des autres pollinisateurs aux toxines qui les tuent, avec des conséquences graves pour les produits alimentaires, en particulier le miel », ont averti les eurodéputés.

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