Les animaux d’eau douce disparaissent en silence

Par Aurélie Delmas et Julien Guillot

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Les animaux d’eau douce disparaissent en silence. Infographie Julien Guillot

Les rivières sauvages ont vu les populations de poissons, d’amphibiens et de reptiles chuter de 83% en un peu plus de 40 ans.

Les écosystèmes d’eau douce se dégradent effroyablement depuis 1970… et les populations de poissons s’effondrent. C’est un des constats mis en avant par l’«Indice planète vivante» publié cette semaine par le WWF, et dont on a surtout retenu un autre chiffre très alarmant : la baisse de 60% des vertébrés sauvages de la planète.

Ce rapport qui mesure l’évolution de la biodiversité entre 1970 et 2014 pointe que sur 880 espèces de mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons observées, les populations ont dégringolé de 83%. Soit 4% par an en moyenne. Les zones tropicales sont celles où le déclin a été le plus marqué, notamment l’Amérique centrale et du Sud où on atteint une baisse de 94%. Des chiffres qui donnent le tournis.

Parmi les raisons avancées par les experts qui ont rédigé le rapport apparaissent la modification et la destruction de l’habitat, les espèces envahissantes, la surpêche, la pollution – notamment plastique – mais aussi les maladies et le dérèglement climatique. Des menaces qui se combinent souvent, entraînant une déclin de la biodiversité.

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Source : LIBERATION.FR – 1er novembre 2018

 

La Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages en 44 ans

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Photo : Nicolas Raymond (Freestock)

De 1970 à 2014, le nombre de vertébrés sauvages (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens) s’est effondré de 60%, alerte WWF.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, dénonce le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un bilan encore plus alarmant que le précédent.

Préserver la nature ce n’est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons,
souligne le directeur du WWF, Marco Lambertini.

Le WWF, créé en 1961, suit le déclin accéléré des populations animales sur Terre. Tous les deux ans, l’ONG publie un rapport « Planète vivante ». Voici les cinq grandes conclusions de la dernière édition, à laquelle ont contribué une cinquantaine d’experts et qui reprend aussi de grandes études scientifiques publiées sur le sujet.

1. Les effectifs de vertébrés s’effondrent

De 1970 à 2014, le nombre de vertébrés sauvages – mammifères, poissons, oiseaux, reptiles, amphibiens – s’est effondré de 60%. Le déclin des animaux d’eau douce atteint même 83%, en raison de la surexploitation, parfois involontaire comme pour les dauphins de rivière (prises accidentelles en filets), et de la perte des habitats.

Globalement la dégradation des habitats représente la menace la plus signalée.

Le rapport est basé sur le suivi de plus de 16.700 populations (4.000 espèces) : recensements par caméras (tapirs du Costa Rica, tigres en Inde), suivis des traces (lynx de Russie), programmes de recherche ou sciences participatives… Par exemple, la population d’éléphants dans les zones de Selous et Mikumi, en Tanzanie, a diminué de 66% entre 2009 et 2014. Depuis 1976, l’espèce a subi un déclin de 86%, en premier lieu en raison du braconnage.

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Source : NOUVELOBS.COM – 30 octobre 2018

La sixième extinction de masse des animaux est sous-estimée

Par Xavier Demeersman

«La sixième extinction va se poursuivre si rien n’est fait» : c’est en substance ce que dit le dernier rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), une organisation intergouvernementale qui vient de terminer sa réunion annuelle ce 23 mars 2018. Ce terme de «sixième extinction» a été sujet à débat mais en juin 2016 une étude quantitative démontrait que le taux d’extinction actuel est effectivement supérieur à l’ordinaire (…). Plus récemment, trois spécialistes ont étudié l’évolution de la taille des populations de près de 30.000 vertébrés. Verdict : 32 % sont en recul. Pour ces chercheurs, «la réelle ampleur de l’extinction de masse qui touche la faune a été sous-estimée : elle est catastrophique».

32 % des espèces étudiées sont en déclin

Les trois auteurs soulignent qu’ils n’ont pas voulu se concentrer exclusivement sur les espèces menacées. En effet, cette approche est, pour eux, trompeuse car elle «peut donner l’impression que le biote terrestre n’est pas immédiatement menacé mais qu’il entre juste lentement dans un épisode majeur de perte de biodiversité». Les chercheurs ont préféré mesurer les contractions de leurs populations, que ce soit pour les plus menacées identifiées par l’IUCN, comme pour celles dites «communes» et «peu concernées», car, rappellent-ils, « […] la disparition des populations est un prélude à celle des espèces ».

Ainsi ont-ils constaté qu’un tiers, 32 % (précisément 8.851 sur 27.600), des espèces qu’ils ont étudiées, lesquelles représentent environ la moitié de toutes celles connues, sont en déclin. Et cela, autant en effectifs qu’en d’aires de répartition. Pour ce qui est de l’échantillon de 177 mammifères dont les chercheurs précisent qu’ils disposent de données détaillées, les résultats montrent que tous ont perdu 30 % ou plus de leurs territoires et plus de 40 % ont subi de graves diminutions de leur population.

Parmi les exemples les plus représentatifs, citons les guépards, qui ne sont plus que 7.000 aujourd’hui (contre 100.000 en 1900). Les lions aussi : il y a 25 ans, ils étaient 43 % plus nombreux…, à présent, ils ne sont plus que 35.000… Et inutile de dire combien de royaumes cet animal a perdu en l’espace de quelques siècles. Les grands singes aussi sont en recul dont plusieurs comme l’orang-outan sont «en danger critique», la dernière étape avant l’extinction. Une étude publiée le 7 juillet dans Scientific Reports estime qu’à Bornéo, leur population a chuté de 25 % en dix ans seulement. Ils étaient encore 288.500 en 1973 et ne pourraient ne plus être que 47.000 en 2025, si rien n’est fait pour enrayer leur perte d’habitat et l’abattage (jusqu’à 2.500 orangs-outans sont tués chaque année).

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Source : FUTURA-SCIENCES.COM – 25 mars 2018

L’écologie essentielle n’est pas une utopie, c’est une urgence

Par Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV)

Un an après son arrivée au pouvoir, le bilan écologique de Macron n’est pas au niveau de ses prises de position sur la scène internationale. Pour Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant, ce devrait pourtant être la priorité de tous les dirigeants face à la catastrophe annoncée.

L’IPBES1, le « GIEC2 de la biodiversité », a rendu sa synthèse en mars sur l’état actuel de la biodiversité planétaire, et ses conclusions sont sans appel : d’ici 2050, entre 38 et 46% des espèces animales et végétales risquent de totalement disparaître, tandis que la dégradation des sols et le changement climatique vont pousser entre 50 et 700 millions de personnes à migrer. Toujours en mars dernier, le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS ont annoncé également les résultats de leurs études de suivi des oiseaux : en France, un tiers de leurs populations se sont réduites en quinze ans, phénomène attribué à l’intensification de pratiques agricoles comme la généralisation des néonicotinoïdes, ces pesticides neurotoxiques responsables du déclin des abeilles et de la disparition de l’ensemble des insectes. Une situation extrêmement préoccupante qui de plus, d’après les scientifiques, s’aggrave ces deux dernières années. D’après une autre étude récente publiée dans la très sérieuse revue Scientific Reports, le tristement fameux « continent de plastique » en plein cœur de l’océan Pacifique serait beaucoup plus grand que prévu, évalué à 1,6 million de km2, soit trois fois la France continentale ! Et il ne fait que s’étendre, semant la mort et la maladie parmi la faune et la flore océaniques. Le coût annuel global de la pollution au plastique a été évalué par les Nations unies à 7… trillions de dollars par an! Sur les 8,3 milliards de tonnes de plastique qui ont été produites entre 1950 et 2015, 6,3 milliards de tonnes, soit l’immense majorité, n’ont pas été recyclées et ont fini dans la nature, en particulier dans les océans où l’on continue à en déverser plus de 8 millions de tonnes chaque année.

L’accumulation de tous ces chiffres, qui n’émanent pas de groupuscules écologistes, mais d’études scientifiques indépendantes, sérieuses et objectives, donne le vertige. Ce devrait être LA priorité absolue qui nous mobilise tous, et en premier lieu nos dirigeants. On ne peut pas dire que ce soit le cas.

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Source (extrait de) : LIBERATION.FR – 7 mai 2018

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Notes :

  1. IPBES : Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques
  2. GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

L’écologie, ce n’est pas une question de petites fleurs. C’est tenter d’empêcher l’extinction du vivant

L’écologie, ce n’est pas une question de petites fleurs. C’est tenter d’empêcher l’extinction du vivant.

Dominique Bourg est philosophe. Président du conseil scientifique de l’ex-Fondation Hulot, il enseigne à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne. Il a, entre autres, publié : Transcendance et discours (1985) ; L’Homme artifice (1996) ; Vers une démocratie écologique (avec K. Whiteside, 2010) et le Dictionnaire de la pensée écologique (avec A. Papaux, 2015).

Dominique Bourg est l’auteur du livre ‘Une nouvelle terre. Pour une relation au monde’, aux éditions Desclée de Brouwer.

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Disparition des oiseaux de plaines : « L’ensemble de l’écosystème est en train de s’effondrer »

Par Marie Merdrignac

Le gouvernement annonce ce mercredi, par la voix de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, son « plan pour la Biodiversité ». Il est très attendu, notamment par les auteurs de deux études conjointes entre le Museum national d’histoire naturelle et le CNRS, qui alertaient, au printemps, de l’inquiétante disparition des oiseaux de plaines. Pour eux, il est temps de penser un autre modèle agricole, davantage centré sur la biodiversité.

C’est ce mercredi que le gouvernement va détailler son « plan pour la biodiversité ». Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé que ce serait «une grande mobilisation pour la nature».

Il s’agit aussi d’«une priorité absolue» pour Vincent Bretagnolle, écologue, directeur de recherche au CNRS, Chizé, Val-de-Sèvres, témoin depuis 25 ans, du déclin alarmant des oiseaux de plaines. Nous l’avons rencontré en juin, un mois avant les annonces du gouvernement.

Vous avez alerté en mars sur le déclin alarmant des populations d’oiseaux de plaine. Comment l’avez-vous observé ?

Dans la zone atelier du CNRS, à Chizé (Deux-Sèvres), nous avons mis en place un suivi depuis 1995. Nous avons gardé exactement les mêmes 160 sites de comptage et la même méthode depuis 25 ans. Sur la centaine d’espèces présentes dans cette zone de 450 km², on a perdu entre 35 et 40 % du nombre d’individus. L’année 2018, confirme totalement l’effondrement régulier des populations et probablement au-delà de ce qu’on avait imaginé.

La même chose est observée à l’échelle nationale et européenne, pour ce qu’on appelle les oiseaux de plaine qui vivent dans les plaine céréalière, en milieu intensif (alouette, perdrix, caille…), une quarantaine d’espèces dont les populations sont en baisse continue, à la même vitesse depuis 25 ans.

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Source : OUEST-FRANCE.FR – 4 juillet 2018

Chaque année, le nombre d’abeilles dans nos jardins diminue dangereusement

Ci-dessous une article publié dans l’édition du « Vivre à Comines-Warneton » de juillet-août 2018.

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Remarques des Amis de Warneton

La publication de tels articles visant à sensibiliser les lecteurs sur la disparition des abeilles est bien entendu positif  même si l’utilisation des mots « dans nos jardins » dans le titre nous semble très réducteur dans le sens où il peut donner l’impression que ce problème ne se limite qu’à nos jardins.
Nous regrettons en effet que les responsables de cette hécatombe, le glyphosate et autres pesticides utilisés par les agriculteurs,  ne soient pas mentionnés dans cet article.

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75% des sols de la planète sont dégradés selon le nouvel Atlas de la désertification

Par Fanny Rousset

 

Le Joint Research Centre (JRC), le service scientifique de la Commission européenne, a publié jeudi 21 juin une nouvelle édition de l’Atlas mondial de la désertification. Selon le document, plus de 75% de la surface de la Terre est déjà dégradée et plus de 90% pourrait l’être d’ici 2050. (…) 

Premier constat : « la croissance démographique et les changements d’habitudes de consommation ont mis une pression sans précédent sur les ressources naturelles de la planète ». L’Atlas 2018 indique aussi que, chaque année, 4,18 millions de km2 sont dégradés – soit une surface équivalente à la moitié de l’Union européenne -, principalement en Afrique et en Asie. Les récoltes pourraient ainsi être impactées d’une baisse de 10% d’ici 2050. Les effets du changement climatique seront aussi plus difficiles à atténuer en raison de la déforestation accélérée. Autre conséquence : les déplacements de populations, qui pourraient atteindre 700 millions de personnes en 2050. Sur le continent, c’est l’Europe du Sud, de l’Est et centrale qui sont les plus touchées par le phénomène. Le coût de la dégradation des sols pour l’Union européenne (UE) est estimé autour de 10 milliards d’euros par an.

Même si la dégradation des terres a lieu au niveau mondial, elle doit être prise en charge au niveau local, rappelle le JRC. Augmenter les rendements des terres agricoles existantes, passer à des régimes à base de plantes, consommer des protéines animales provenant de sources durables et réduire le gaspillage alimentaire sont les pistes préconisées par la Commission européenne.

Source : ACTU-ENVIRONNEMENT.COM – 25 juin 2018

Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

Par Elise Rousseau , écrivaine naturaliste et Philippe J. Dubois, écologue

Personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Les humains seront-ils les prochains ?

C’est la première fois. La première fois depuis quinze ans pour l’un, quarante ans pour l’autre, que nous travaillons dans la protection de l’environnement, que nous entendons cela. Dans notre réseau professionnel et amical, des directeurs de grandes associations naturalistes, des responsables de réserves naturelles nationales, des naturalistes de terrain sont de plus en plus nombreux à le dire, en «off» : «C’est fichu !» Ils n’y croient plus. Pour eux, les politiciens, les industriels mais aussi le grand public, personne ne comprend la catastrophe environnementale qui s’est enclenchée.

Ils continuent la lutte car il faut bien le faire, mais au fond, ils pensent que l’homme ne pourra pas faire machine arrière, c’est terminé. Nous courons à notre perte.

Quand on a, comme nous, consacré sa vie à la protection de l’environnement, de tels discours font froid dans le dos. Jusqu’ici, nous autres naturalistes, pensions que nous arriverions un jour à faire bouger les choses, à faire prendre conscience à l’humanité de son autodestruction. Mais si même nous n’y croyons plus, qui y croira ?

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Source : LIBERATION.FR – 19 juin 2018

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La Nature, une urgence à tous les niveaux!

Par Lionel Delvaux

Préserver la nature, c’est avant tout réduire notre empreinte sur la planète.

Au cours des soixante dernières années, l’Homme a modifié les écosystèmes plus rapidement et plus profondément que durant toute autre période de l’histoire de l’humanité. La disparition de nombreuses espèces, la destruction des milieux naturels les plus riches de la planète et la dégradation générale de notre environnement ne font plus de doute. Les indicateurs de notre biodiversité sont passés de l’orange au rouge. Il ne s’agit plus de la disparition uniquement des espèces les plus spécialisées : nous assistons aujourd’hui à la régression quantitative d’espèces « ordinaires » de la biodiversité, qu’il s’agisse des oiseaux, des insectes ou des végétaux. Ces espèces « ordinaires » sont essentielles pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes et les multiples services qu’ils nous rendent. L’enjeu n’est plus de transmettre un patrimoine mais bien de transmettre une planète viable à l’humanité. Il y a urgence !

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