Numérique : le grand gâchis énergétique

Par Laure Cailloce

Server Center

Ordinateurs, data centers, réseaux… engloutissent près de 10 % de la consommation mondiale d’électricité. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. S’il n’est évidemment pas question de se passer des progrès apportés par le numérique, les scientifiques pointent un mode de fonctionnement peu optimisé et très énergivore.

Nous vivons dans un monde de plus en plus dématérialisé. Nous payons nos impôts en ligne, regardons nos séries préférées en streaming, stockons nos milliers de photos dans le cloud… Dématérialisé, vraiment ? « Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis », rappelle Françoise Berthoud, informaticienne au Gricad et fondatrice en 2006 du groupement de services EcoInfo – pour une informatique plus respectueuse de l’environnement. Car les mots des nouvelles technologies sont trompeurs : ils évoquent l’immatériel comme le mot « virtuel », l’éthéré comme le mot « cloud », ou encore la pureté comme l’expression de « salle blanche ». Et nous font oublier un peu vite les millions d’ordinateurs et de smartphones, les milliers de data centers et de kilomètres de réseaux utilisés pour traiter et acheminer ces données. Et la quantité considérable d’énergie qu’ils engloutissent. « Le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre, assène Françoise Berthoud. Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans. »

Lire la suite

La concentration de CO2 dans l’atmosphère vient de passer un cap jamais atteint depuis des millions d’années

arton14649-afa22

Mardi 17 avril, l’Observatoire de Mauna Loa a enregistré sa toute première lecture de dioxyde de carbone dépassant 410 parties par million (précisément 410,28 ppm). C’est la première fois qu’une telle concentration est atteinte dans l’atmosphère depuis des millions d’années. Ce qui signifie aussi que l’humanité est entrée dans une nouvelle atmosphère, qui piégera plus de chaleur et fera changer le climat à un rythme accéléré.

Le dioxyde de carbone était de 280 ppm lorsqu’on a commencé à enregistrer les niveaux à Mauna Loa, un observatoire à Hawaï, en 1958. En 2013, il a dépassé 400 ppm. Et en quatre ans plus tard, on est à 410.

Lire la suite

Climat : la Belgique sur la mauvaise pente

Par Cécile de Schoutheete

Le 15 janvier 2018, la Belgique a communiqué à la Commission européenne son Inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) portant sur les émissions 1990-2016. Les émissions de notre pays sont reparties à la hausse pour la deuxième année consécutive, mettant fin à une longue période de réduction depuis 2005 environ.

Lire la suite

Les émissions de CO2 repartent à la hausse à cause de la chute du diesel

Par Florent Ferrière

La dégringolade des ventes de voitures à moteur diesel a pour conséquence l’augmentation des rejets moyens de CO2, les véhicules à bloc essence rejetant plus de dioxyde de carbone.

emissions-co2-circulation.jpg

Photo : ©Shutterstock

C’est une première depuis 23 ans : la moyenne des émissions de CO2 des véhicules vendus en France a progressé. Selon AAA Data, spécialiste des statistiques automobiles, elle était l’année dernière de 111 g/km, une hausse de 1 gramme par rapport à 2016. Voilà qui peut sembler étonnant, avec la progression régulière des immatriculations de véhicules écologiques. Hybrides et électriques ont représenté 5 % des livraisons en 2017, contre 4 % en 2016.

Mais cette augmentation s’explique par la chute des ventes des voitures à moteur diesel, qui émettent moins de CO2 que les autos à bloc essence. La part de marché du gazole a encore chuté de 5 points pour tomber à 47,3 % l’année dernière. Et le recul se poursuit, avec seulement 41 % en janvier 2018 ! Les raisons sont désormais bien connues : scandales à répétition, offre qui se réduit avec des modèles sans diesel et resserrement des prix à la pompe.

Lire la suite

Au Canada, une entreprise capture le C02 pour en faire de l’énergie

Cette nouvelle technologie permet d’aspirer le gaz carbonique présent dans l’atmosphère pour le transformer énergie. Un procédé présenté comme révolutionnaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

8378673-13138348

Ce mur géant constitué de ventilateurs absorbe le dioxyde de carbone et le transforme en carburant (Photo : Carbon Engineering)

Le gaz carbonique n’a jamais été aussi abondant dans l’air depuis 800 000 ans. Pour éviter que ce gaz à effet de serre ne dérègle irrémédiablement le climat, sa captation apparaît comme une solution possible. En théorie. Car en pratique, le défi scientifique et industriel est majeur.

Plusieurs sociétés expérimentent à ce jour différents procédés permettant de capturer du CO2, principale cause du changement climatique. Parmi elles, la société canadienne Carbon Engineering.

Fondée en 2009 par David Keith, un climatologue de l’université de Harvard, l’entreprise a inauguré vendredi 9 octobre son usine pilote à Squamish, en Colombie-Britannique.

Présentée comme un moyen de combattre le réchauffement climatique, la technologie développée consiste en premier lieu à capturer le C02 directement dans l’atmosphère à l’aide de ventilateurs géants. Une fois filtré et purifié, le composant est transformé en boulettes de combustible synthétique, qui peuvent enfin servir de carburant.

« Il est maintenant possible de prendre le Co2 de l’atmosphère et de l’utiliser comme un combustible qui, combiné à l’hydrogène, produit une énergie zéro émission », explique Adrian Cordless, PDG de Carbon Engineering, à l’AFP.

Lire la suite

Environnement: 16 000 scientifiques se mobilisent, un tiers des mammifères menacés en France, les émissions de C02 repartent à la hausse…

C’est une initiative sans précédent : plus de 16 000 scientifiques de 184 pays ont signé un appel paru ce lundi dans la revue Bioscience contre la dégradation catastrophique de l’environnement. Deux rapports parus cette semaine viennent conforter leur inquiétant constat.

« Mise en garde des scientifiques à l’humanité : deuxième avertissement. » C’est le titre de cet appel, paru 25 ans tout pile après le premier du genre lancé en 1992 après le Sommet de la Terre à Rio, et signé alors par 1700 chercheurs et plusieurs centaines de Prix Nobel. Ces 16 000 scientifiques formulent treize recommandations et enjoignent les décideurs politiques réunis en Suisse pour la COP23 à  «freiner la destruction de l’environnement. Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui.»

C’est l’écologue américain William B. Ripple qui, avec  sept autres auteurs principaux, a entrepris de faire le point sur toutes les tendances inquiétantes discernables en 1992, pour constater leur aggravation dramatique, (à l’exception de l’état de la couche d’ozone stratosphérique, en voie de guérison). C’est  Franck Courchamp, Directeur de Recherche au CNRS, à l’Institut National d’Ecologie et Environnement qui a diffusé l’appel en Europe.

Lire la suite