Une plainte pour inaction climatique jugée recevable : l’espoir d’ « une décision qui s’apparente à celle de Monsanto »

La justice européenne vient d’accepter d’examiner une plainte pour « inaction climatique » contre les Etats européens. Elle a été déposée par dix familles, dont un producteur de lavande installé dans la Drôme.

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« Mes récoltes ont baissé en moyenne de 44% sur les dix dernières années, sans compter cette année« , déplore Maurice Freschet, un producteur de lavande de Grignan (Drôme). Il fait partie des dix familles qui ont saisi la justice européenne pour réduire davantage les émissions de CO2. La Cour de justice de l’Union européenne a annoncé, lundi 13 août, qu’elle acceptait d’examiner cette plainte pour « inaction climatique ». C’est la première fois qu’une telle assignation est jugée recevable en Europe.

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Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

Sur l’archipel arctique canadien en 2017. Photo: David Goldman. AP

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

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Gaz à effet de serre : 2017, l’année de tous les records

Par Nathalie Mayer

Dans son dernier « État du climat », l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA pose un diagnostic inquiétant. Les concentrations des principaux gaz à effet de serre dans notre atmosphère ont atteint des niveaux records en 2017.

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Source : Agence européenne de l’environnement

Depuis 1996, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) propose annuellement un « État du climat ». Pour 2017, ce rapport est basé sur les contributions de plus de 500 chercheurs répartis dans quelque 65 pays. Et ses conclusions sont alarmantes.

En 2017, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) a atteint une moyenne de 405 parties par million (ppm), soit 2,2 ppm de plus par rapport à 2016. Selon l’analyse de bulles d’air piégées dans la glace, il s’agit de la plus forte concentration enregistrée depuis 800.000 ans. Les concentrations en méthane (CH4) et en protoxyde d’azote (N2O), deux importants gaz à effet de serre, ont également atteint des records : 6,9 parties par milliard de plus par rapport à 2016 pour le premier et 0,9 partie par milliard de plus pour le second.

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Stocker plus de carbone dans les sols : un enjeu pour le climat et pour l’alimentation

Par M. Roland Courteau, Sénateur français, Vice-président

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Flux et stocks de carbone

Contexte de la note

Les questions de réchauffement climatique et de sécurité alimentaire sont brûlantes. Or les sols, importants réservoirs de carbone (C) sous la forme de matière organique (MO), représentent un élément essentiel, bien que longtemps sous-estimé, de ces deux sujets. En effet, bien que les sols soient trop souvent vus comme de simples surfaces, ils forment des volumes aux propriétés physico-chimiques complexes et nécessaires à la vie. Ainsi, leur préservation est importante non seulement à l’échelon local car des évolutions, mêmes faibles, du stock de carbone des sols ont des effets majeurs sur leur fertilité, et donc sur la productivité agricole, mais aussi au niveau global, à travers le cycle mondial des gaz à effet de serre (GES). Le sol est émetteur de GES, sous la forme de dioxyde de carbone (CO2), lorsque les matières organiques s’y dégradent mais, en même temps, il contribue au stockage de carbone lorsqu’elles s’y accumulent, la matière organique des sols étant constituée pour plus de 50 % de carbone.
Dans certaines conditions, le sol peut stocker plus qu’il n’émet. Il y a, au total, plus de carbone dans le sol que dans la végétation qui le recouvre et l’atmosphère réunies, puisqu’il s’agit d’un minimum estimé de 1.500 milliards de tonnes de carbone dans la matière organique des sols mondiaux, soit plus de deux fois le carbone du CO2 atmosphérique.
Le rapport de l’OPECST «De la biomasse à la bioéconomie : une stratégie pour la France»(1) appelait en 2015 une poursuite des investigations sur la question des relations entre sols et carbone, et tout particulièrement sur les enjeux du stockage de carbone dans les sols(2). C’est l’objet de la présente note.

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Impacts environnementaux de l’artificialisation des sols

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L’imperméabilisation des sols engendre de graves conséquences environnementales:

  • Elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation, comme en témoignent de nombreuses catastrophes naturelles exacerbées par l’absence de couvert végétal protecteur. Citons les inondations de 2016 et 2018 en France.
  • De plus, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d’eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).
    L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement).
  • Elle fragmente (découpe) les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant fortement la biodiversité. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones d’extension périurbaine, où la construction de logements individuels de plus en plus éloignés des centres historiques urbains est extrêmement consommatrice en sols cultivés. Le mitage y est renforcé par la construction de réseaux de communication nécessaires aux trajets domicile-travail.
  • L’imperméabilisation des sols contribue fortement à l’îlot de chaleur urbain qui ne permet pas aux villes de se rafraîchir suffisamment la nuit.
  • Enfin, l’artificialisation des sols est une source de nuisances pour la population : plus on se situe en centre urbain où l’urbanisation est importante, plus les nuisances (bruit, pollution atmosphérique…) sont cumulées et concentrées.
    Or, l’imperméabilisation des sols est le plus souvent irréversible et particulièrement dommageable pour les sols à grande valeur agronomique : le potentiel de production alimentaire y est perdu à jamais. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne estime que quatre millions de tonnes de blé sont perdues chaque année du fait de l’artificialisation des sols.

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La voiture neuve moyenne vendue en France en 2017 consomme plus et coûte plus

Le bilan carbone de la voiture moyenne vendue en France se détériore en 2017. Un phénomène qui s’explique à la fois par l’engouement des français pour les SUV et leur désamour pour le diesel.

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Photo : Usine Nouvelle (DR)

La lente agonie du diesel sera synonyme à court terme d’une augmentation des émissions de CO2. Tel est le constat que dresse le dernier portrait robot de la voiture moyenne neuve française réalisé par L’argus.

Pour l’expliquer, le titre spécialisé pointe dans l’édition 2017 de son analyse l’engouement des français pour les SUV. Au total 681.000 véhicules de ce segment ont totalisé « près d’un tiers du marché des véhicules neufs ». Cette tendance s’expliquerait à la fois par un gain de pouvoir d’achat suite à la reprise économique et une aspiration « pour des véhicules plus rassurants, plus solides d’apparence ».

(…)

Une baisse du diesel synonyme de hausse d’émissions de CO2

Corollaire du phénomène, pour la première fois depuis 2008, la consommation de la voiture moyenne neuve a augmenté à 4,6 litres aux 100 km (+ 2,2% par rapport à 2016). Une conséquence du désamour confirmé des français vis à vis du diesel. Le carburant ne représente plus que 47% des immatriculations de voitures neuves (contre 52% en 2016). Avec « un pouvoir énergétique inférieur » au diesel, un plein d’essence permet donc de faire moins de kilomètres. Résultat, les émissions de CO2 suivent la même trajectoire et repartent à la hausse avec 111 grammes par kilomètre contre 109 grammes en 2016 (+1%). Selon L’argus, la courbe ne devrait pas s’inverser dans les prochaines années.

Source : L’USINE NOUVELLE – 23 juin 2018

Numérique : le grand gâchis énergétique

Par Laure Cailloce

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Ordinateurs, data centers, réseaux… engloutissent près de 10 % de la consommation mondiale d’électricité. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. S’il n’est évidemment pas question de se passer des progrès apportés par le numérique, les scientifiques pointent un mode de fonctionnement peu optimisé et très énergivore.

Nous vivons dans un monde de plus en plus dématérialisé. Nous payons nos impôts en ligne, regardons nos séries préférées en streaming, stockons nos milliers de photos dans le cloud… Dématérialisé, vraiment ? « Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis », rappelle Françoise Berthoud, informaticienne au Gricad et fondatrice en 2006 du groupement de services EcoInfo – pour une informatique plus respectueuse de l’environnement. Car les mots des nouvelles technologies sont trompeurs : ils évoquent l’immatériel comme le mot « virtuel », l’éthéré comme le mot « cloud », ou encore la pureté comme l’expression de « salle blanche ». Et nous font oublier un peu vite les millions d’ordinateurs et de smartphones, les milliers de data centers et de kilomètres de réseaux utilisés pour traiter et acheminer ces données. Et la quantité considérable d’énergie qu’ils engloutissent. « Le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre, assène Françoise Berthoud. Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans. »

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La concentration de CO2 dans l’atmosphère vient de passer un cap jamais atteint depuis des millions d’années

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Mardi 17 avril, l’Observatoire de Mauna Loa a enregistré sa toute première lecture de dioxyde de carbone dépassant 410 parties par million (précisément 410,28 ppm). C’est la première fois qu’une telle concentration est atteinte dans l’atmosphère depuis des millions d’années. Ce qui signifie aussi que l’humanité est entrée dans une nouvelle atmosphère, qui piégera plus de chaleur et fera changer le climat à un rythme accéléré.

Le dioxyde de carbone était de 280 ppm lorsqu’on a commencé à enregistrer les niveaux à Mauna Loa, un observatoire à Hawaï, en 1958. En 2013, il a dépassé 400 ppm. Et en quatre ans plus tard, on est à 410.

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Climat : la Belgique sur la mauvaise pente

Par Cécile de Schoutheete

Le 15 janvier 2018, la Belgique a communiqué à la Commission européenne son Inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) portant sur les émissions 1990-2016. Les émissions de notre pays sont reparties à la hausse pour la deuxième année consécutive, mettant fin à une longue période de réduction depuis 2005 environ.

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Les émissions de CO2 repartent à la hausse à cause de la chute du diesel

Par Florent Ferrière

La dégringolade des ventes de voitures à moteur diesel a pour conséquence l’augmentation des rejets moyens de CO2, les véhicules à bloc essence rejetant plus de dioxyde de carbone.

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Photo : ©Shutterstock

C’est une première depuis 23 ans : la moyenne des émissions de CO2 des véhicules vendus en France a progressé. Selon AAA Data, spécialiste des statistiques automobiles, elle était l’année dernière de 111 g/km, une hausse de 1 gramme par rapport à 2016. Voilà qui peut sembler étonnant, avec la progression régulière des immatriculations de véhicules écologiques. Hybrides et électriques ont représenté 5 % des livraisons en 2017, contre 4 % en 2016.

Mais cette augmentation s’explique par la chute des ventes des voitures à moteur diesel, qui émettent moins de CO2 que les autos à bloc essence. La part de marché du gazole a encore chuté de 5 points pour tomber à 47,3 % l’année dernière. Et le recul se poursuit, avec seulement 41 % en janvier 2018 ! Les raisons sont désormais bien connues : scandales à répétition, offre qui se réduit avec des modèles sans diesel et resserrement des prix à la pompe.

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