Plusieurs régions et zones urbaines du monde subissent la raréfaction de l’eau

Un récent rapport des Nations unies révèle que l’eau se raréfie dans diverses régions du monde. La situation ne fait qu’empirer et, à chaque minute qui passe, cinq personnes perdent la vie par manque d’accès à l’eau potable.

Les zones arides concernées

En Afrique du Sud, l’eau est devenue tellement rare qu’elle fait l’objet d’un rationnement. La ville du Cap approche du «jour zéro», ce qui signifie une pénurie d’eau pour plus de quatre millions de personnes. Au Mozambique, ce sont un million de personnes qui sont actuellement privées d’eau potable. Une eau qui est réservée à la production d’électricité et à l’agriculture. Le « jour zéro » menace également le Burkina Faso, la Sierra Leone, mais aussi la Bolivie et le Brésil.

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Pourquoi faut-il préserver les zones humides?

par EMMANUELLE RÉJU

Les opposants aux projets d’infrastructures tels que le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes mettent en avant la destruction de zones humides.

EXPLICATIONS de Ghislain de Marsily, professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris, spécialisé en hydrologie.

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La zone humide de l’étang des Landes dans le Limousin. / Teytaud / Flickr / CC

« Les zones humides sont très riches en eau durant au moins une partie de l’année. S’y développent des écosystèmes, avec plantes et animaux, qui ne se trouvent pas ailleurs. Les marais en font partie, mais pas seulement. Il peut s’agir de prairies humides, de zones avec des mares ou des fossés. On les trouve sur des plateaux, le long des rivières, les deltas, les régions de lacs, etc.

Une extension de la définition en 2008

La définition légale des zones humides, qui figure dans le code de l’environnement, a été modifiée en 2008. Sont considérées comme des zones humides des endroits où le sol sous-jacent possède des traces d’hydromorphie, c’est-à-dire des traces d’une saturation régulière en eau.

En vertu de cette définition plus extensive que la définition précédente, les zones humides concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont par exemple passées de 150 à 700 hectares, soit la quasi-totalité du terrain du projet d’aéroport.

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Les plantes sont intelligentes (et méritent même d’avoir des droits)

Les plantes se comportent de façon intelligente: certaines peuvent se déplacer, élaborer des stratégies contre les prédateurs, utiliser leur odorat… Le neurobiologiste Stefano Mancuso plaide pour une reconnaissance de leurs droits.

L’intelligence animale n’est plus à démontrer. Le chimpanzé est capable de fabriquer des outils et d’apprendre le langage des signes, l’éléphant a une excellente mémoire, les rats sont capables de résoudre des problèmes, les oiseaux communiquent avec le chant, les abeilles peuvent compter… Mais qu’en est-il des plantes?

Certes, les végétaux n’ont pas, eux, de cerveau. Mais cet organe n’est pas la seule garantie de l’intelligence, explique Stefano Mancuso, neurobiologiste et co-auteur de l’ouvrage Brilliant Green avec le journaliste Alessandro Viola:

«La conception que nous avons de l’intelligence –qui serait le produit du cerveau de la même façon que l’urine est le produit des reins– est une énorme simplification. Un cerveau, sans le corps, produit autant d’intelligence qu’une noix.»

«Les plantes sont bonnes en résolution de problème»

Un point de vue radical, mais qui va dans le sens de celui de Darwin. Le père de la théorie de l’évolution a lui aussi étudié les plantes et découvert qu’elles pouvaient se mouvoir et réagir à des sensations. Il a également observé que l’extrémité des racines des plantes agit comme le ferait un cerveau.

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Monde végétal : une intelligence en germe

Quels sont les comportements d’adaptation et d’interaction du monde végétal ? Comment ces découvertes changent notre conception des plantes ? Est-ce qu’on peut identifier une forme d’intelligence chez les plantes ? Quelles sont les caractéristiques de cette forme d’intelligence ?

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« Les plantes qui sentent le vent arrêtent de croître en hauteur et augmentent leur croissance en diamètre ainsi que leurs ramifications racinaires. » Bruno Moulia –  Crédits : CC

Nous parlions vendredi dernier d’émotion animale. Puisqu’il est désormais acquis que les animaux sont doués d’intelligence, à divers degrés et même d’émotions, n’est-il pas tout aussi légitime de s’intéresser au monde végétal. Certes, les plantes n’ont pas de système nerveux, il n’en reste pas moins que l’étude de la cognition végétale nous montre que les arbres communiquent entre eux, que la forêt est un ensemble vivant capable d’entraide, de mémoire, de nouer un lien entre génération et que certaines plantes seraient même en mesure d’apprendre. Mais comment penser une intelligence végétale qui serait, par nature, si différente de la nôtre ?

Monde végétal, une  intelligence en germe : c’est le programme qui va être celui de La Méthode scientifique pour l’heure qui vient.

Et pour évoquer cette épineuse question, au sens propre comme au figuré, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Jacques Tassin, chercheur en écologie végétale au CIRAD, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), auteur de « A quoi pensent les plantes ? », chez Odile Jacob, et en duplex, depuis studios France Bleu Saint-Etienne Loire, Bruno Moulia, directeur de recherche à l’INRA de Clermont Ferrand, de l’Unité Mixte de Recherche Physique et Physiologie Intégratives de l’Arbre en Environnement Fluctuant (PIAF).

Ecouter l’émission (Durée : 58 mn)

Source : FRANCECULTURE.FR – 22 janvier 2018

Pollution sonore : les oiseaux ne s’entendent plus chanter

Par Frédéric Mouchon

C’est une des conséquences inattendues du bruit : le chant des oiseaux s’en trouve modifié avec un impact, notamment, sur leur reproduction.

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Lorsque vous ouvrez vos fenêtres chaque matin sur les bruits de la ville, adieu l’esprit champêtre. Le son strident des klaxons, le murmure de la circulation ou le vrombissement des usines ont tendance à masquer le gazouillis des oiseaux. Si votre âme de rat des champs en souffre, ce n’est rien à côté de ce que doivent subir les oiseaux victimes de cette pollution sonore. D’après une étude que vient de dévoiler l’Académie nationale des sciences américaine, certains volatiles sont tellement stressés par les bruits ambiants que cela influe sur leur reproduction et modifie leur façon de chanter !

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont suivi à la loupe le comportement de trois espèces d’oiseaux qui avaient élu domicile non loin d’un site de production de pétrole et de gaz. Deux cent quarante nichoirs ont été étudiés. Les scientifiques ont constaté des taux d’éclosion réduits. Les analyses de sang réalisées sur les femelles ont montré qu’elles étaient beaucoup plus stressées : les sons des prédateurs approchant du nid étant étouffés par le bruit des machines, les oiseaux devaient rester en état constant de vigilance.

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Le Roundup affecte la flore intestinale

Par le Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique (CRIIGEN)

Même ingéré à petites doses, le Roundup altère l‘équilibre des bactéries qui résident dans les intestins des rats. Or, ce microbiote joue un rôle fondamental dans le bon fonctionnement de l’organisme.

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Le microbiote intestinal (ou flore intestinale) est constitué de quelques 50 à 100 mille milliards de bactéries qui vivent dans notre intestin et jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de notre organisme. Source : smebiocta.fr

Aussi étrange que cela puisse paraître, seules 10 % des cellules qui nous composent sont humaines. Les 90 % restantes sont des bactéries. Une bonne partie d’entre-elles vivent en symbiose dans notre tractus digestif et, si elles profitent de nos résidus alimentaires, elles jouent surtout un rôle fondamental dans l’équilibre de notre organisme, au point que certains scientifiques suggèrent même de considérer cette entité comme un organe à part entière, qui aurait des implications physiologiques, digestives (intervenant notamment dans le contrôle de l’obésité ou du diabète) et immunitaires. Les recherches sur ce sujet, en plein essor depuis une dizaine d’années, n’en finissent pas de révéler le caractère primordial de ce microbiote.

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Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Par Marine Ernoult

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Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron1 dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde.

Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.

Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?

L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.

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Les zones humides : un écosystème menacé (Vidéo)

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Cliquer sur l’image pour visionner le reportage de Notélé (Durée : 2:51)

Depuis vingt ans, le 2 février est consacré à la journée internationale des zones humides. Ces précieux écosystèmes sont souvent mal connus du grand public ou considérés comme inutiles. La région de Comines regorge encore de ces rares biotopes, et les naturalistes locaux se battent pour les protéger de l’urbanisation croissante.

Interviennent dans ce reportage sur les zones humides des Bas Prés et Kortekeer à Comines et du Pont-Rouge à Warneton :
– Martin WINDELS, Guide Nature,
– Marie-Laure JOLY, Secrétaire du collectif « Lys-Deûle Environnement »,
– Philippe MOUTON, Vice-Président du du collectif « Lys-Deûle Environnement ».

Source : NOTELE.BE – 3 février 2018

L’ampleur des inondations est accentuée par les mauvaises pratiques agricoles

Par Marie Astier et Émilie Massemin (Reporterre)

Après plusieurs jours de pluies torrentielles, les cours d’eau débordent et les inondations se multiplient. La faute aux éléments déchaînés? Pas seulement. Ce phénomène naturel est aggravé par des pratiques agricoles délétères pour les sols.

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Ça tombe, ça tombe, ça ne s’arrête plus. En trois jours, du dimanche 29 mai au mardi 1er juin, la Picardie, le bassin parisien et le nord de la région Centre ont reçu l’équivalent de deux mois de précipitations. A Paris, la pluviométrie a battu des records : lundi et mardi, il est tombé 61,3 millimètres d’eau, autant qu’en un mois entier! Les conséquences ne se sont pas fait attendre : le Loing et l’Yerres, deux affluents de la Seine, sont sortis de leurs lits. Le Grand et le Petit Morin, deux affluents de la Marne, débordent aussi. A Paris, la Seine pourrait monter jusqu’à un niveau compris entre 5,30 m et 5,90 m ce vendredi 3 juin. Plusieurs villes se sont retrouvées les pieds dans l’eau : c’est le cas de Nemours (Seine-et-Marne), où 3.000 habitants ont dû être évacués du centre-ville inondé, et de Montargis (Loiret), noyé sous 1,80 mètre d’eau jeudi matin 2 juin.

« Ce phénomène est avant tout un problème de précipitations, de pluies longues, qui durent et qui s’infiltrent dans le sol jusqu’à saturation », dit à Reporterre Ghislain de Marsily, hydrologue et professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris. Mais pourquoi les sols saturent-ils? Certes, ces pluies sont exceptionnelles mais, pour l’agronome Jacques Caplat, « la bétonisation, l’artificialisation des zones humides, la disparition des haies » aggravent la situation. Ce constat n’est pas nouveau, et a pu être fait à propos des inondations dans le Var, ou en qui concerne les zones humides« Mais ce dont on parle très peu et qui me semble très important, c’est l’appauvrissement des sols agricoles », nous dit Jacques Caplat.

Un sol en bon état est riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en petites bêtes et en particulier en vers de terre qui creusent des galeries. Le sol est alors poreux, plein de petits trous, qui lui permettent d’absorber l’eau. « Marcel Bouché, un agronome qui avait fait des études sur les infiltrations d’eau, a montré qu’un sol vivant pouvait absorber jusqu’à 300 millimètres d’eau par heure! C’est beaucoup plus que ce qui est tombé ces jours-ci. A titre de comparaison, un orage méditerranéen violent, c’est 150 millimètres d’eau par heure », indique notre expert agricole.

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Zones humides : l’Agence de l’eau rappelle son engagement

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Le Parc régional de la Brenne (Photo : MH Guy)

La Journée mondiale des zones humides est célébrée aujourd’hui. A cette occasion, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne rappelle qu’elle est intervenue dans la signature, le 12 septembre dernier, d’un contrat territorial jusqu’en 2021 pour restaurer les zones humides du Parc naturel de la Brenne.
Les zones humides représentent en effet 20 à 30 % de la surface de ce territoire, soit entre 40.000 et 50.000 ha, dont 4.234 plans d’eau pour 9.224 ha. Façonnées par l’homme au cours des siècles, les zones humides sont imbriquées dans une mosaïque de milieux composés de prairies, landes, boisements, étangs. Un programme de quarante-quatre actions est prévu sur la durée du contrat, qui ont pour objectifs de restaurer les zones humides et les secteurs dégradés, lutter contre les espèces envahissantes, accompagner et valoriser les pratiques éco-responsables pour l’eau comme pour la biodiversité, maintenir des haies, acquérir des sites à haute valeur environnementale ou hydrologique, animer, sensibiliser, communiquer.
Pour les actions éligibles aux aides de l’agence de l’eau, le coût prévisionnel du contrat s’élève à 4,49 M€, financé à 58,4 % par l’agence de l’eau.

Source : LANOUVELLEREPUBLIQUE.FR – 2 février 2018