WARNETON – Le congélateur n’est que mis au frigo

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Le ministre Di Antonio a refusé l’implantation d’un deuxième congélateur à l’entreprise Clarebout. Mais sa décision n’est pas définitive.

Lors d’une question orale posée par le député mouscronnois, Philippe Bracaval (MR), au Parlement wallon concernant entreprise Clarebout, ses nuisances et ses accidents à répétition (53 ont été déclarés), le ministre Carlo Di Antonio est revenu sur les permis octroyés.

Le refus du congélateur est motivé parce que « le dossier ne m’a pas permis de percevoir le besoin d’augmenter la capacité de stockage sur le site, capacité qui a déjà été augmenté en 2012, ni le gain environnemental que cela pourrait induire en termes de réductions de gaz à effet de serre. » Toutefois, ajoute-t-il, « ce n’est pas un refus nécessairement définitif, parce que si un gain environnemental pouvait être développé, avec l’utilisation de la voie d’eau pour les transports, on pourrait sans doute augmenter la capacité et revoir cette décision concernant le congélateur ou d’autres infrastructures. La concrétisation de ce volet-là peut sans doute permettre de débloquer le reste beaucoup plus facilement. »

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Une valeur monétaire pour les zones humides

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Zone humide au lieu-dit Pont rouge à Warneton (B)

Une toute nouvelle étude publiée par le Plan Bleu(1) vient utilement illustrer la valeur des zones humides naturelles, ces écosystèmes tout à la fois les plus riches mais aussi les plus menacés de la planète. Utilement, car si les études qui démontrent l’impact du changement climatique sur ces écosystèmes sont nombreuses, à l’inverse, le rôle des zones humides comme outil d’adaptation ou d’atténuation reste encore largement méconnu et sous-estimé.

Or, les zones humides font partie des écosystèmes les plus productifs de la Terre. Tout à la fois «reins du paysage» pour les fonctions qu’elles remplissent dans les cycles hydrologique et chimique et «réservoirs biologiques» en raison des vastes chaînes trophiques et de la riche diversité biologique qu’elles entretiennent, elles jouent également un rôle économique essentiel dans le domaine de l’alimentation en eau, de la pêche, de l’agriculture, des ressources énergétiques, des loisirs, du tourisme, etc.

Les zones humides permettent aussi d’atténuer les effets des changements climatiques en réduisant le niveau des émissions de gaz à effet de serre, en nous protégeant des inondations, des sécheresses et des tempêtes, grâce aux lagunes, mangroves, plaines d’inondation. Lire la suite

La Warnave, la Douve et le Kortekeer : trois ruisseaux qui recueillent les eaux d’une région qui par moment ne peuvent plus remplir leur fonction

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Warneton (B) : La Douve lors des inondations du 31 mai 2016. (Photo : : Ph. Lamotte )

Les problèmes viennent du non respect de la nature et de ses effets naturels.

Au cours des millénaires les rivières et ruisseaux  ont tracé leur cours avec des zones inondables naturelles et des méandres freinant le cours.
Les trois ruisseaux recueillent les eaux d’une région et donc par moment ils ne peuvent
remplir leur fonction.
Toutes les inondations ont lieu
– soit à l’automne après une période pluie prolongée
– soit à l’hiver surtout en cas de fonte de neige rapide.
Jamais au printemps et en été.
On a supprimé le réseau de fossés qui servaient un tant soi peu de retenues d’eau.
On a mis sous contrainte de tuyaux des fossés et aussi des cours d’eau.
Les champs sont drainés et l’eau conduite vers les ruisseaux sans plus  avoir un grand
réseau de fossés.
En automne et en hiver les champs sont nus. Aucune plante pour retenir l’eau.
L’eau emporte des tonnes de terre arable dans les drains, les fossés couverts, les fossés et les ruisseaux.
Les champs souffrent de cette perte.

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2 février 2017 – Journée mondiale des zones humides

Etangs, lagunes, marais salants, mares, marais, ruisseaux, tourbières, vallées alluviales, prairies inondables… Les zones humides ont leur journée mondiale, le 2 février, jour anniversaire de la convention sur les zones humides, la « Convention de Ramsar », du nom de la ville d’Iran où elle a été signée le 2 février 1971. Cette fête des zones humides s’organise autour du 2 février, sur un thème différent décliné chaque année.

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En 2017, le thème choisi par le bureau de la Convention de Ramsar est
« LES ZONES HUMIDES POUR LA PREVENTION DES RISQUES DE CATASTROPHES »
Les zones humides jouent, en effet, un rôle important en atténuant les impacts des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations, les sécheresses et jouent un rôle majeur dans la régulation de l’effet de serre.

Le Pont rouge à Warneton est une zone inondable qui devrait être protégée pour les raisons évoquées ci-dessus. Malheureusement, les « ignorants » du SPW, de l’IEG, du PACO, notre bourgmestre et M. Vandeskelde en ont décidé autrement avec leurs projets de plateforme portuaire et de zoning industriel… Ne les laissons pas faire !

Quelques photos du Pont rouge à Warneton (B)
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Pour quelles raisons sommes-nous opposés au projet de plateforme portuaire au Pont rouge ?

Lettre adressée au Collège échevinal le 12 décembre 2016 avec copie à la direction des Voies hydrauliques de Tournai

Notre association Les Amis de Warneton s’oppose au projet de plateforme portuaire au Pont rouge à Warneton (B) pour les raisons suivantes.

1. Pollution de l’air par le dioxyde de carbone (CO2)

Cette plateforme portuaire, si elle voit le jour, va devenir une zone de convergence de nombreux camions sachant qu’une péniche de 2000 tonnes équivaut en moyenne à 150 camions, deux péniches de 2000 tonnes : 300 camions et une péniche de 4500 tonnes : 337 camions …

Certes, dans les statistiques européennes, nationales et/ou de la région wallonne le transport fluvial est très avantageux comparé à l’utilisation de camions sur les routes : moins de camions sur les autoroutes donc moins d’émission de CO2.
C’est un avantage certain mais qui ne peut se calculer que de façon abstraite au niveau d’un pays et non de notre région où là au contraire les inconvénients vont l’emporter…

Si l’activité de ce port se développe comme l’espère ses promoteurs, cette activité va entraîner le va-et-vient de nombreux camions qui s’ajoutant déjà à ceux qui sillonnent la région vont porter le taux de pollution à un niveau maximum. (D’après le site internet de TOTAL France, un camion chargé de 30 tonnes de marchandises émet environ 200kg de CO2 / 100km….)

De plus, ce charroi s’ajoutera aux nombreux camions et tracteurs qui circuleront sur la RN58 quand elle sera mise à 90km/h, ce qui risque de la rendre (très) dangereuse… Et nous ne parlons pas des camions qui convergeront dans un futur proche vers le zoning des Quatre Rois via la N58…

Sur ces questions il est indéniable que les avantages de ce projet seront pour la communauté dans un sens large et les inconvénients seront pour ceux qui habitent dans les environs du port : les Warnetonnois et les Deûlémontois.

Heureusement qu’il y a le désagrément des odeurs sinon personne ne protesterait contre l’empoisonnement par le dioxyde de carbone (CO2) qui est aussi la cause du réchauffement climatique…

La région wallonne offre gratuitement ce droit de polluer à l’entreprise Clarebout de Warneton…

Depuis 2013 les émissions de CO2 par l’usine Clarebout de Warneton ont quasiment doublé:
– Année 2013 : 33.177 T
– Année 2014 : 52.341 T
– Année 2015 : 60.888 T
– Année 2016 : 60.553 T

Or,

– Dans l’Accord de Paris de décembre 2015 – COP21 il est dit que les zones humides comme celles du Pont rouge à Warneton sont des puits de carbone naturels qui atténuent le réchauffement climatique global.

– La Convention des Nations Unies de Ramsar (Iran) de 1971 dit aussi que de telles zones naturelles doivent être protégées. Cette Convention a pour mission « La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».

Les zones humides font partie des écosystèmes les plus complexes et les plus productifs du monde, tout comme les forêts tropicales et les récifs coralliens. Ils sont capables d’accueillir une immense variété d’espèces de microbes, de plantes, d’insectes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux, de poissons et de mammifères. Toutes ces espèces sont étroitement liées aux zones humides et dépendantes les unes des autres, formant un cycle de vie et un ensemble d’interactions complexes. Si une espèce disparaît, tout le réseau trophique est menacé, ce qui pourrait conduire, à terme, à la perte d’un écosystème tout entier. C’est pour cette raison que la protection des habitats des zones humides est essentielle au maintien de la biodiversité au niveau mondial et national.

inondation-2012-vue-de-deulemont-photo03La Lys en crue et les les prés humides du Pont rouge inondées… Où ira cette eau quand ces prés seront bétonnés ?

– L’arrêté de l’Exécutif régional wallon relatif à la protection des zones humides d’intérêt biologique du 8 juin 1989 définit le statut de zones humides d’intérêt biologique (ZHIB) qui doivent être protégées.

– Selon des scientifiques de l’Université de Greifswald en Allemagne l’assèchement des zones humides et des tourbières aurait été la cause de 1,3 milliards de tonnes de C02…

Bétonner les zones humides comme celle du Pont rouge est donc en total contradiction avec l’accord de Paris de déc. 2015 entrée en vigueur le 4 novembre 2016, la Convention des Nations Unies de Ramsar de 1971 et l’Arrêté de l’Exécutif régional wallon relatif à la protection des zones humides d’intérêt biologique du 8 juin 1989…

2. Risques d’inondation en amont de la Warnave

La Warnave se déversera dans la Lys via une canalisation sous la plateforme portuaire.
L’histoire a démontré que tout cours d’eau canalisée comme le prévoit ce projet provoquait des inondations lors de fortes pluies. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les prairies du Pont rouge sont régulièrement inondées lorsque la Lys et la Warnave sont en crue… Bétonner cet endroit et y développer une zone industrielle est une aberration. Où iront les eaux de la Warnave si elles ne peuvent plus se déverser librement dans la Lys ??? Des inondations en amont sont prévisibles… Des riverains risqu’en d’en souffrir dans le futur…

amisdewarneton-lys-embouchure-warnaveL’embouchure actuelle de la Warnave. Si cette plateforme voit le jour ces berges seront bétonnés…

Enfin, savez-vous que des experts de l’Agence de l’Eau française (Rhône, Méditerranée, Corse) ont démontré qu’il coûte 5 fois moins cher de protéger les zones humides/inondables que de compenser la perte des services qu’elles nous rendent gratuitement? Selon eux protéger les zones humides c’est bon pour l’économie et l’attractivité des territoires.

3. L’empressement du PACO et du SPW Voies hydrauliques à vouloir boucler ce projet de plateforme portuaire avant le 31/12/2017

a) Comment interpréter l’empressement du PACO et du SPW Voies hydrauliques à vouloir boucler ce projet de plateforme portuaire avant le 31/12/2017 ?

– Pour pouvoir bénéficier des fonds du FEDER?

– Parce qu’il n’est pas question pour ces organismes de modifier fondamentalement ce projet sous peine de devoir refaire une demande de financement…???

Tout semble décidé d’avance. Aussi, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la réunion d’information du 28/11 et l’enquête publique qui se termine le 13/12/2016 ne sont qu’une mascarade pour nous faire croire que nous sommes en démocratie…

b) Comment interpréter aussi que la voirie d’accès à la plateforme portuaire traverse les terrains appartenant à Clarebout Warneton et que l’entrée de cette voirie se trouve sur celle du parking des poids lourds de cette entreprise ? Que ce projet de port fluvial sera au service d’une seule industrie : Clarebout Potatoes ?

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4. En conclusion

Aménager à la hâte, au service de la seule industrie ce petit coin de nature qu’est le Pont rouge dont la biodiversité et les avantages naturels sont connus, reconnus et appréciés, c’est laisser, à l’âge de la COP 21 et du défi écologique, une logique du profit devenue monnaie courante à l’échelle mondiale, polluer tant les espaces naturels que le vivre ensemble des habitants et des entrepreneurs. Il ne faut pas empêcher toute ouverture au développement économique ; mais il ne faut pas que le développement économique dicte sa loi et ses délais. Se laisser le temps de prendre du recul, de chercher des solutions alternatives, et d’interroger sérieusement l’ensemble des personnes impactées, de près ou de loin, seront les seules voies pour éviter de n’avoir, dans dix ou vingt ans, que des regrets face à ce qui aura été perdu. Car alors aucun retour en arrière ne sera possible ; les uns auront perdu le coin de paradis de leur enfance, les autres auront vendu à la logique du « toujours plus » leur intégrité. Car attaquer la nature, où que ce soit, c’est toujours attaquer l’homme.

Les Warnetonnois ont été « sacrifiés » une première fois avec l’implantation de l’usine Clarebout et soyez assurés qu’ils feront TOUT pour ne pas l’être une seconde fois...

Loi sur l’Ecocide

PROPOSITION D’AMENDEMENT AU STATUT DE ROME

L’écocide est un acte d’endommagement massif, de dégradation et/ou de destruction totale ou partielle des écosystèmes d’un territoire donné , provoqués par intervention humaine ou par toute autre cause au point ou la jouissance paisible par les habitants de ce territoire en a été ou en sera sévèrement diminuée.

En 2010, l’avocate Polly Higgins a proposé un amendement au Statut de Rome pour y inclure le crime international d’écocide. Sa proposition a été présentée devant la commission du droit international des Nations Unies laquelle a pour mission ‘de favoriser le développement progressif et la codification du droit international’. Le texte de cette soumission a été publié dans les chapitres 5 et 6 de son premier ouvrage intitulé Eradicating Ecocide.

Le but de l’établissement du délit d’écocide comme le 5ème crime international contre la paix est la mise en place d’une loi internationale au plus haut niveau. En 2015, le Statut de Rome compte 122 pays comme états-parties. Le crime international (tel qu’il est codifié dans le Statut de Rome) s’applique à tous les États signataires. Dès qu’une personne commet un crime contre la paix, la Cour pénale internationale a le pouvoir d’intervenir dans certaines circonstances, même si le ressortissant appartient à un État non-signataire du Statut. Le Statut de Rome est l’un des documents les plus puissants dans le monde, régissant les ‘crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble’ au-dessus de toutes les autres lois.

Les crimes définis par la juridiction de la Cour pénale internationale en vertu de l’article 5 du Statut de Rome sont connus collectivement comme crimes contre la paix. Ceux sont:

Article 5 (1) La jurisdiction de la Cour est limitée aux crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble. Conformément au présent Statut, la Cour a jurisdiction pour les crimes suivants:

1. Le crime de génocide, 2. Crimes contre l’humanité, 3. Crimes de guerre, 4. Le crime d’agression A cela doit s’ajouter: 5. Le crime d’écocide.

L’intégration de l’écocide au droit international permet non seulement de mettre fin à l’endommagement massif et/ou à la destruction de la Terre, mais il permet également la création d’une obligation juridique de protection pour tous les citoyens qui ont été ou qui sont toujours exposés au risque des dommages causés par l’écocide. Le but de l’obligation juridique de protection est d’empêcher, d’interdire ou de prévenir tout aussi bien les écocides causés par intervention humaine que ceux dûs à des causes naturelles. En tant que loi pénale, elle engage tout d’abord à un Etat à entamer des poursuites judiciaires : dans le cas ou un Etat soit peu dispose ou incapable de le faire, des individus pourront faire recours devant la Cour pénale internationale (CPI). La loi sur l’écocide permet l’application à la fois du droit civil et du droit pénal. Dans le cas d’une catastrophe écologique (comme par exemple la montée du niveau de la mer, écocide dû à des causes naturelles, déforestation massive, écocide causé par des êtres humains), les organisations étatiques ont non seulement l’obligation d’entamer des poursuites judiciaires mais également l’obligation d’assurer les secours.

Proposées par la Charte de Bruxelles et la Coalition pour la Cour Internationale de l’Envrionnement, des propositions pour la création d’une Cour nouvelle existent.

LA LOI SUR L’ECOCIDE

Prévenir contre le risque de et/ou l’endommagement réel et massif et/ou la destruction totale ou partielle des écosystèmes;
Interdire la prise de décisions qui entraîne un endommagement massif et/ou la destruction totale ou partielle d’écosystèmes;
Entraver les prises de décision politiques, financières ou commerciales qui risquent d’entraîner tout dommage massif.

Suivre ce lien pour lire la suite : http://eradicatingecocide.com/wp-content/uploads/2015/11/EL-factsheet_French-11.15.pdf

Lecture conseillée

amisdewarneton-un-nouveau-droit-pour-la-terreRésumé: Peuples et sociétés sont dépossédés de leurs moyens d’existence à travers le monde par la destruction de leur environnement. Face à cet écocide, comment repenser les droits de l’homme ? L’écocide (fait de détruire la « maison Terre ») n’est pas un crime de plus, s’ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains. Il est désormais le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d’habitabilité de la Terre.
D’ores et déjà, les dérèglements en cours attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que ceux qui saccagent la planète restent impunis. Aussi est-il urgent de revendiquer de nouvelles formes de responsabilité et de solidarité. Urgent de redéfinir un nouveau sens et de nouveaux cadres à l’action humaine au sein des limites planétaires. Le droit international doit se métamorphoser et s’universaliser autour d’une nouvelle valeur pivot, l’écosystème Terre, en reconnaissant un cinquième crime international, le « crime d’écocide ».

Pour quelques hectares de plus…

Un reportage fort intéressant diffusé sur France 5 le 6 décembre 2016 qui nous fait penser au projet de plateforme portuaire au Pont rouge et ailleurs à Comines-Warneton…
Ou comment les politiques s’arrangent entre amis pour modifier les Plans Locaux d’Urbanisme, les lois, pour détourner l’intérêt général… sans aucun scrupule… pour les intérêts privés… confiscation de la démocratie, véritable terrorisme économique, toujours au profit du B.T.P., de la finance, des promoteurs et de la grande distribution…

Synopsis du reportage : avec 29 millions d’hectares de terres cultivables, la France est la première puissance agricole d’Europe. Mais cette superficie ne cesse de se réduire : chaque année, dans l’Hexagone, 60 000 hectares de terres agricoles sont transformées en hypermarchés, en stades de football, en immeubles de bureaux ou en parking. A ce rythme là, deux millions d’hectares de ces terres auront disparu d’ici à 2050. Aux confins du Loiret, du département du Rhône et de la Vendée, Nicolas Vescovacci a sillonné la France pendant six mois à la rencontre de ceux qui grignotent la France des territoires.

Le statut de zones humides d’intérêt biologique (ZHIB) – Arrêté de l’Exécutif régional wallon du 8 juin 1989

Les zones humides (inondables) comme celle du Pont rouge à Warneton (B) sont protégées par l’arrêté de l’exécutif régional wallon du 8 juin 1989. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement wallon ignore cet arrêté en autorisant ce projet de port fluvial…

coq_spwArticle 1er. Les zones humides d’intérêt biologique sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est statique ou courante, et dont la valeur écologique et scientifique est reconnue par arrêté du Ministre chargé de la conservation de la nature, sur avis du Conseil supérieur wallon de la conservation de la nature.

Article 2. Il est en tout temps interdit de cueillir, de déplanter, d’endommager ou de détruire toute espèce indigène de la flore croissant à l’état sauvage dans les zones humides d’intérêt biologique.

Article 3. Dans les zones humides d’intérêt biologique, il est en tout temps interdit de chasser, tuer, détruire, capturer ou perturber toutes les espèces indigènes de la faune vivant à l’état sauvage, à l’exception des espèces dont la chasse ou la pêche est autorisée ainsi que de celles reprises à l’annexe du présent arrêté . Il est également interdit de détruire ou d’endommager leurs oeufs, habitats, refuges ou nids.

Article 4. Le Ministre chargé de la conservation de la nature peut, par arrêté d’application générale ou particulière, fixer des mesures complémentaires de protection des zones humides d’intérêt biologique qui s’avèrent nécessaires à la croissance, à l’alimentation, à la reproduction, au repos ou à la survie des espèces visées aux articles 2 et 3 du présent arrêté.

Source: http://biodiversite.wallonie.be/fr/sites.html?IDC=2914

Les milieux humides comme la zone inondable du Pont rouge à Warneton (B), amortisseurs du changement climatique

warneton-pont-rouge-20151122-15h53-photo02Vue partielle de la zone inondable du Pont rouge à Warneton (B) sur laquelle le PACO, le SPW Voies hydrauliques et l’IEG projettent d’aménager un port fluvial et un zoning industriel…

Les milieux humides sont parmi les milieux les plus dégradés et les plus menacés au monde. On estime que la France a perdu environ 2/3 de la superficie de ces milieux, en particulier à cause du drainage et de l’urbanisation. Dans le cadre de la 21e conférence internationale sur les changements climatiques (COP21) à Paris du 1er au 11 décembre 2015, le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie souhaite mettre l’accent sur le rôle fondamental des zones humides face au changement climatique et ses conséquences.

Protection contre l’érosion du littoral, atténuation de l’intensité des crues, alimentation des cours d’eau pendant les sécheresses, les milieux humides atténuent le réchauffement climatique global et amortissent les impacts que subissent les populations. Comment ?

Le changement climatique se traduit localement par une augmentation des évènements météorologiques extrêmes dont nous subissons directement les conséquences : crues, inondations, sécheresses, érosion du littoral, etc. Les milieux humides participent à la prévention des risques naturels. Sur le littoral, les mangroves, les deltas, les marais et les estuaires ont un rôle tampon puisqu’ils résorbent la puissance des tempêtes, la force et la vitesse des vagues. Grâce à leur végétation, les milieux humides protègent également les rives et les rivages contre l’érosion. Par ailleurs, la plupart des milieux humides peuvent stocker l’eau dans le sol ou la retenir à leur surface. Ils permettent de diminuer l’intensité des crues et les dommages causés par les inondations. L’eau accumulée pendant les périodes pluvieuses ou lors d’évènements météorologiques exceptionnels pourra alimenter progressivement les nappes phréatiques et les cours d’eau pendant les périodes sèches.

En tant que puits de carbone naturels, les milieux humides atténuent le réchauffement climatique global. De manière générale, le carbone est séquestré par la végétation, via la photosynthèse. De plus, à condition qu’elles ne soient pas dégradées, les tourbières ont un rôle primordial : la transformation progressive de la végétation en tourbe accumule pendant des milliers d’années des quantités importantes de carbone. À l’échelle mondiale, les tourbières ne couvrent que 3 % de la surface terrestre mais stockent deux fois plus de carbone que les forêts (30 % de la surface terrestre).

Source : http://www.zones-humides.eaufrance.fr/les-milieux-humides-amortisseurs-du-changement-climatique

Evaluation économique des services rendus par les zones humides comme celle du Pont rouge à Warneton (B)

Le projet d’aménager une plateforme portuaire sur une zone humide/inondable au lieu-dit « Pont rouge » à Warneton (B) est une ineptie. Ce projet est aussi en total contradiction avec l’accord de la COP21 (21e conférence internationale sur les changements climatiques) qui s’est déroulée à Paris du 1er au 11 décembre 2015) entré en vigueur en novembre 2016 et avec la Convention de Ramsar

Ci-dessous le résumé d’un document publié en 2011 par le Commissariat général au développement durable (France) intitulé « Evaluation économique des services rendus par les zones humides ».

Les zones humides rendent un grand nombre de services. Mais elles sont extrêmement menacés par les activités humaines : l’extraction de matériaux, le drainage agricole et l’urbanisation en auraient détruit les 2/3 en 30 ans. C’est pourquoi le Grenelle de l’Environnement prévoit l’acquisition de 20 000 ha de zones humides par le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CELRL) et les Agences de l’eau d’ici 2015 à des fins de conservation.

L’évaluation économique des fonctions et services écologiques des zones humides permet de montrer a priori que cette politique de préservation de ces écosystèmes est justifiée au regard des bénéfices qu’elle procure à la société. Une étude bibliographique a étudié et analysé quinze études françaises et une étude néerlandaise portant sur l’évaluation des services rendus par les zones humides afin d’apporter des éléments empiriques à l’appui de cette hypothèse. Les études françaises s’intéressent, le plus souvent, à des sites emblématiques, de taille assez importante et situés en métropole. La grande majorité des différents types de zones humides est représentée : plaines alluviales, marais, tourbières, estuaires, lacs artificiels, étangs et zones littorales.

Un grand nombre de fonctions et services rendus directs ou indirects ont été pris en compte : approvisionnement en eau potable, exploitation des produits des zones humides (pêche, cultures…), écrêtement des crues, soutien des étiages, services récréatifs et valeur de non-usage. Il a été montré que si 20 000 ha de zones humides venaient à disparaître, les fonctions et bénéfices correspondants perdus s’élèveraient entre 18,1 et 62,6 M€/an soit, en actualisant sur 50 ans, entre 405 et 1 400 M€. Si l’on compare cette valeur au coût d’acquisition et d’entretien de ces 20 000 ha, entre 200 et 300 M€ sur 50 ans, il est largement justifié de les acquérir afin de les préserver. Ce rapport traite également des problèmes méthodologiques sous-jacents à ce type d’étude.

Les études françaises se limitent souvent à un seul type d’évaluation (évaluation contingente ou coûts évités) ce qui semble restreindre la prise en compte de certains bénéfices pour la société dans son ensemble. D’autres études sont en cours, en particulier, celle lancée par le CGDD qui combinera ces différents modes d’évaluation afin de proposer une démarche d’analyse coûts-bénéfices reproductible localement dans le plus grand nombre possible de contextes.

evaluation-services-rendus-zones-humides-dgdd-2011
pdf-icon-16px Lien de téléchargement: http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ED49.pdf

Pour en savoir plus :
http://www.zones-humides.eaufrance.fr