Destruction de la nature : un crime contre l’humanité

Par Elise Rousseau , écrivaine naturaliste et Philippe J. Dubois, écologue

Personne n’aurait imaginé que nous perdrions aussi les hirondelles, en même temps que les abeilles. Les humains seront-ils les prochains ?

C’est la première fois. La première fois depuis quinze ans pour l’un, quarante ans pour l’autre, que nous travaillons dans la protection de l’environnement, que nous entendons cela. Dans notre réseau professionnel et amical, des directeurs de grandes associations naturalistes, des responsables de réserves naturelles nationales, des naturalistes de terrain sont de plus en plus nombreux à le dire, en «off» : «C’est fichu !» Ils n’y croient plus. Pour eux, les politiciens, les industriels mais aussi le grand public, personne ne comprend la catastrophe environnementale qui s’est enclenchée.

Ils continuent la lutte car il faut bien le faire, mais au fond, ils pensent que l’homme ne pourra pas faire machine arrière, c’est terminé. Nous courons à notre perte.

Quand on a, comme nous, consacré sa vie à la protection de l’environnement, de tels discours font froid dans le dos. Jusqu’ici, nous autres naturalistes, pensions que nous arriverions un jour à faire bouger les choses, à faire prendre conscience à l’humanité de son autodestruction. Mais si même nous n’y croyons plus, qui y croira ?

Lire la suite de l’article

Source : LIBERATION.FR – 19 juin 2018

EnregistrerEnregistrer

Le Parlement européen milite pour l’interdiction des néonicotinoïdes

Les législateurs européens ont appelé la Commission à convaincre les États membres de soutenir l’interdiction des néonicotinoïdes et éviter ainsi d’autres retards qui seraient nocifs pour l’environnement et les abeilles.

Les eurodéputés des principaux groupes politiques du Parlement européen ont adressé une lettre le 20 mars à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, et à Vytenis Andriukaitus, le commissaire européen à la santé.

Dans cette lettre, ils demandent à la Commission d’éviter de retarder davantage l’interdiction des néonicotinoïdes lors de la prochaine réunion du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (SCOPAFF) le 22 mars, estimant que cela serait nocif pour les abeilles et l’environnement.

« Un retard supplémentaire dans la prise de décision prolongera l’exposition des abeilles et des autres pollinisateurs aux toxines qui les tuent, avec des conséquences graves pour les produits alimentaires, en particulier le miel », ont averti les eurodéputés.

Lire la suite de l’article

Source : EURACTIV.FR – 22 mars 2018

La disparition des abeilles inquiète le secteur privé

PAr Sam Morgan

Le déclin des pollinisateurs pourrait nuire à la qualité des récoltes et à la quantité de matières premières, selon une étude des Nations Unies révélant que la plupart des entreprises ne savent pas comment lutter contre ce phénomène.

Les populations d’abeilles, de papillons et de moucherons sont en déclin dans le monde en raison de plusieurs facteurs, notamment l’utilisation intensive de pesticides et d’insecticides, ainsi que les maladies qui se transmettent des espèces domestiques à leurs cousines sauvages.

Plus d’un tiers des espèces d’abeilles sauvages et de papillons sont en voie d’extinction dans certaines régions. Une nouvelle étude menée par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMW) de l’ONU a révélé le coût que pourrait avoir cette disparition sur l’offre alimentaire.

Près des trois quarts des cultures vivrières dépendent de la pollinisation, un chiffre qui a augmenté de 400 % depuis les années 1960.

L’étude sur le déclin des pollinisateurs de l’UNEP-WCMW a révélé que les abeilles et les autres pollinisateurs représentent jusqu’à 468 milliards d’euros par an. Les pollinisateurs sauvages représentent la moitié de ce chiffre, leur disparition aurait donc des conséquences irréversibles sur la chaîne agroalimentaire.

Lire la suite de l’article

Source : EURACTIV.FR – 17 avril 2018

Où sont passés les oiseaux des champs?

Par Laurianne Geffroy

L’alouette des champs ou la linotte mélodieuse font traditionnellement résonner leur chant dans les campagnes françaises. Mais pour combien de temps encore ? Deux études récentes dressent un constat alarmant : les populations d’oiseaux vivant en milieu agricole ont perdu un tiers de leurs effectifs en 17 ans.

« Nous pulvérisons les ormes, et aux printemps suivants nul merle ne chante, s’alarmait l’écologiste américaine Rachel Carson en 1962 alors que le DDT, un puissant insecticide, décimait les populations d’oiseaux aux États-Unis, non qu’ils aient été touchés directement mais parce que le poison a fait son chemin, pas à pas, de la feuille de l’orme au ver, puis du ver au merle ». Depuis, la responsabilité du DDT dans la mortalité accrue des oiseaux a été démontrée et le « poison » interdit dans de nombreux pays. Mais le problème est loin d’être réglé.

Toutes les espèces sont concernées

Les études pointant du doigt les effets de l’agriculture intensive et de l’utilisation massive de pesticides sur la biodiversité se multiplient. Deux d’entre elles, menées récemment par le Muséum national d’histoire naturelle sur tout le territoire français et par le CNRS à l’échelle locale, présentent à leur tour un bilan inquiétant : en 17 ans, un tiers des oiseaux ont disparu des campagnes françaises.

« La situation est catastrophique, se désole Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Cesco) du Muséum national d’histoire naturelle. Nos campagnes sont en train de devenir de véritables déserts. » « Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières, et cela concerne toutes les espèces, renchérit Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé et directeur de la zone atelier « Plaine et val de Sèvre »Les perdrix se sont presque éteintes de notre zone d’étude…

Lire la suite de l’article

Source : LEJOURNAL.CNRS.FR – 20 mars 2018

Vandana Shiva : « Les pesticides sont le poison de l’agriculture »

En plein salon de l’agriculture (à Paris jusqu’au 4 mars), Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, syndicat majoritaire, a déclaré lundi 26 février que « Zéro phyto [zéro produit phytosanitaire – ndlr] pour l’agriculture n’est pas possible, comme zéro médicament n’est pas possible non plus pour la population ». Si son organisation accepte de réduire l’usage des pesticides et des engrais, elle refuse de s’en passer totalement. Alors que la France se fixe pour objectif de sortir d’ici trois ans du glyphosate, l’herbicide commercialisé par Monsanto sous le nom de Roundup, la FNSEA estime ce délai trop court. Emmanuel Macron a été vivement interpellé lors de sa visite du salon de l’agriculture, samedi 24 février, sur le sujet.

Source : MEDIAPART.FR – 27 février 2018

La biodiversité, qu’est-ce que c’est ?

Le terme « biodiversité » est utilisé pour désigner la diversité biologique du monde vivant (faune, flore, écosystèmes…). Une définition officielle a été donnée en 1992, dans le cadre du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, durant lequel fut signée la Convention sur la diversité biologique. Ce texte fondateur décrit la biodiversité comme « la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes ».

La biodiversité est-elle en danger ?

Oui. La pression humaine (urbanisation, déforestation, agriculture intensive…) dégrade des milieux qui constituent l’habitat naturel de nombreuses espèces. C’est le cas des forêts tropicales, qui abritent 50% des espèces animales et végétales existantes, mais aussi des mangroves ou des marais. Autre menace qui pèse sur la biodiversité : le développement des espèces invasives, comme le ragondin et la bernache.

La biodiversité en un chiffre

40% : pourcentage d’espèces qui pourraient disparaître d’ici à une cinquantaine d’années, selon une étude publiée en 2008 par la Société zoologique de Londres.

Lire la suite

Quand le productivisme nuit à l’agriculture

Par Laure Cailloce

Vincent Bretagnolle étudie les alternatives à l’agriculture intensive sur les 450 kilomètres carrés d’une zone agricole située au sud de Niort. Il explique à CNRS Le journal comment un moindre recours aux pesticides augmente les revenus des agriculteurs sans affecter leur production.

Conduire des expérimentations sur un territoire de 450 kilomètres carrés, comme vous le faites dans la zone atelier de Chizé, ce n’est pas banal. Pouvez-vous nous expliquer le principe de vos recherches ?

Vincent Bretagnolle : La zone atelier « Plaine et val de Sèvres » – c’est son nom officiel – a été créée en 1994 sur un constat : le modèle agricole productiviste est en bout de course. Il dégrade l’environnement et la biodiversité, a des conséquences délétères sur la santé humaine – au premier chef, sur celle des agriculteurs –, et n’est plus viable économiquement puisqu’on assiste à la baisse continue des revenus des mêmes agriculteurs. Face à ce constat, la question qui se pose est la suivante : quel modèle inventer pour l’agriculture de demain ? À Chizé, nous avons décidé d’explorer la piste de l’agroécologie, une agriculture durable qui utilise les ressources de la nature pour se développer. Mais, à la différence de la plupart des études basées sur des modèles théoriques ou menées dans des stations expérimentales hors-sol, nous testons toutes nos hypothèses en conditions réelles, grâce à la participation des agriculteurs : près de 200 exploitations ont ainsi accepté de collaborer ces dix dernières années.

À quoi ressemble votre zone d’étude, concrètement ?

V. B. : C’est une des grandes plaines céréalières de France où l’on cultive le blé, le colza, le tournesol, mais aussi le maïs ou la luzerne. Les terres y étant très pauvres, on y pratique encore beaucoup l’élevage, même si les prairies ont disparu au profit des stabulations, ces bâtiments où les animaux vivent à longueur d’année. 450 exploitations agricoles sont aujourd’hui présentes sur ce territoire, qui a la particularité d’être classé Natura 2000 du fait de la présence d’oiseaux protégés comme le busard ou l’outarde canepetière. On y trouve encore des haies, des petits bosquets, et quelques vignes dans le sud de la zone, mais ces éléments du paysage très prisés des insectes et des oiseaux disparaissent progressivement.

Lire la suite de l’article

Source : LEJOURNAL.CNRS.FR – 27 février 2018

En Suisse, les citoyens s’opposent à l’agriculture intensive

Par Mathilde Sallé de Chou

En Suisse, l’agriculture intensive pourrait bien disparaître dans les années à venir. C’est en tout cas le sens de cette initiative citoyenne. Explications.

Voilà un exemple de démocratie participative inspirant.

En Suisse, l’initiative populaire fédérale est un droit civique qui permet aux citoyens de proposer une modification totale ou partielle de la Constitution. Pour ce faire, il faut réunir le soutien d’au moins 100.000 citoyens ayant le droit de vote. C’est dans ce cadre que se sont exprimés nos voisins helvètes, déterminés à se battre « Pour une eau potable propre et une alimentation saine».

en-suisse-les-citoyens-sopposent-a-lagriculture-intensive

Leur proposition : supprimer les subventions allouées aux exploitations qui utilisent des pesticides et des antibiotiques prophylactiques (préventifs) pour mettre un terme à une agriculture intensive. Soutenu par 114.420 citoyens, le projet de loi a été déposé à la Chancellerie fédérale le 18 janvier dernier.

Lire la suite

Flandres : ces terres françaises louées à prix d’or

Par Suzanne URGACZ

Le phénomène est flagrant le long de la frontière. Et pour cause, les Belges sont prêts à louer dix fois plus cher les terres agricoles. Certains Nordistes cèdent…

tracteur-choux-de-bruxelles-rue-d-ypres

Warneton (B) – Un tracteur transportant des choux de Bruxelles provenant de France se dirige vers une exploitation belge…

L’origine du problème

«Je ne veux pas faire d’anti-Belge – on a tous un ancêtre flamand, surtout par chez nous –, mais ce que je peux dire, c’est que très peu de Français cultivent en Belgique en proportion !» C’est par cette phrase que Francis Vermersch, agriculteur retraité d’Uxem, président de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles du Nord (FDSEA) et membre de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), évoque le phénomène qu’il connaît bien. Il est la résultante de plusieurs choses : le coût des terres en Belgique d’abord. Selon qu’on soit d’un côté ou de l’autre de la frontière, les prix flambent. «En France, un hectare se vend entre 15.000 et 18.000 euros. En Belgique, on est entre 50.000 et 70.000 euros ! Les Belges ont un peu de terrain autour de leur ferme, mais ils le consacrent à l’élevage. C’est difficile pour eux d’avoir une grosse exploitation agricole.» En France, 70 à 80 % des terres sont en fermage (contrat qui lie un propriétaire à un agriculteur), l’agriculteur est protégé par ce statut. Ce n’est pas le cas en Belgique où le fermage n’existe pas. Tous les ans, les sujets du royaume se mettent donc en quête de terre et sont prêts à payer le tarif appliqué chez eux mais pour la location : 1.000 à 1.500 euros par hectare et par an. « En France, le prix est de 150 euros…» D’où la tentation de certains propriétaires d’accueillir ces exilés agricoles. Et on touche la deuxième explication : les retraites des agriculteurs – 1.000 euros en moyenne par mois après 40 ans de labeur et de labour – les poussent à contractualiser avec les Belges pour mettre du beurre dans les épinards.

Lire la suite

Di Antonio: « L’exposition aux pesticides pourrait être plus importante que suspecté »

Belga

5a3398facd70c7358c4e3b56

« L’exposition aux pesticides pourrait être plus conséquente et généralisée que suspecté », affirme vendredi le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio, qui annonce une étude pour en évaluer l’ampleur.

« Certaines questions restent en suspens et méritent d’obtenir au plus vite des réponses scientifiques pour valider les mesures de protection du public », indique le ministre cdH.

Il a confié une étude à l’échelle de la Wallonie à l’Institut scientifique de Service public (ISSeP), en collaboration avec le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) et la faculté universitaire Gembloux Agro-Bio Tech (ULg).

Cette étude sera menée à partir du printemps 2018. Des capteurs d’air et de projection seront installés en bordure de champs, dans des cours d’écoles ou autres sites publics à proximité de champs. Les capteurs seront placés à différentes distances, derrière des barrières physiques, lors de différentes conditions climatiques, afin de tenir compte du maximum de cas de figure.

Lire la suite