Inquiétudes face au nouveau record de concentration de CO2 dans l’atmosphère

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Photo : Pixabay

ONU Changements climatiques Actualités, Bonn, 30 oct. – La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un nouveau record en 2016, niveau le plus élevé depuis 800.000 ans, avertit un nouveau rapport de l’ONU.

La concentration a atteint 403,3 parties par millions (ppm) en 2016 alors qu’elle était de 400 ppm en 2015, rapporte l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

« Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d’être trop élevées et il faut renverser la tendance (…) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique », a déclaré Erik Solheim, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Publié une semaine avant que ne débutent les négociations sur le climat à Bonn (Allemagne), sous l’égide de l’ONU, le rapport démontre l’importance d’une réponse forte et urgente à l’échelle mondiale pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

« Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat », a averti le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Selon l’Accord de Paris, les pays sont convenus de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en deçà de 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle et si possible à 1,5 °C, afin d’éviter les effets les plus néfastes du changement climatique. Il convient de rappeler que la température moyenne mondiale a déjà augmenté d’environ 1°C depuis lors.

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Le rapport Planète Vivante 2018 de la WWF

Le Rapport Planète Vivante présente, tous les deux ans depuis 1998, l’état de la biodiversité sur la planète. Vingt ans après la sortie du premier Rapport Planète Vivante, le constat est plus qu’alarmant. Inversons la tendance, maintenant.

La nature n’est pas qu’un simple décor

Elle nous approvisionne en eau, nourriture, médicaments et nous rend des services aussi précieux qu’irremplaçables. Les services de la nature sont estimés à environ 125.000 milliards de dollars (US) par an. Mais aujourd’hui, la stabilité des systèmes planétaires est mise en péril.

Nous vivons un phénomène inédit, la Grande Accélération : l’explosion démographique et la croissance économique entraînent des changements planétaires sans précédent en raison de la demande accrue en énergie, en terres et en eau.

Or, sans la nature, nous ne savons pas si l’espèce humaine pourra continuer à prospérer.

Les chiffres sont là, accablants. Selon l’IPV (Indice Planète Vivante), entre 1970 et 2014, l’effectif des populations de vertébrés sauvages a décliné de 60%. Surexploitation des ressources et activités agricoles demeurent les causes principales de cette érosion.

Pourtant, les décideurs ne semblent pas avoir pris conscience de la gravité de la situation. Ni les accords de politique internationale ni les résultats des recherches fondamentales n’ont permis d’enrayer l’appauvrissement de la biodiversité. Il nous faut être plus ambitieux afin de non seulement mettre un terme aux pertes, mais aussi d’inverser la courbe du déclin de la biodiversité.

Source : WWF.FR

pdf-icone  Télécharger la synthèse du rapport Planète Vivante 2018

 

La Commission européenne interdit à Bruxelles d’interdire le glyphosate: voici son argument

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La Commission européenne recale l’interdiction du glyphosate par la Région de Bruxelles-Capitale, révèle mardi L’Echo. L’exécutif européen souligne que la Région ne peut pas s’appuyer sur le « principe de précaution » pour interdire l’herbicide, car il s’agit d’une considération trop abstraite, selon une communication au gouvernement bruxellois que L’Echo a consultée. Les autorités régionales appuyaient leur interdiction sur l’absence de consensus scientifique sur la nocivité du produit. Une raison insuffisante pour la Commission européenne. Cette dernière dresse une liste d’avis d’experts pour qui « il n’existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène ». En mai dernier, la Région bruxelloise avait attaqué la Commission devant la Cour de justice européenne pour non-respect du principe de précaution lors de la prolongation de l’autorisation du glyphosate. La décision européenne apparaît dès lors comme une réponse du berger à la bergère, avance L’Echo.

Source : RTL.BE – 23 octobre 2018

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Claude et Lydia BOURGUIGNON, mort des sols = mort des hommes !

Lydia et Claude Bourguignon sont microbiologistes des sols. Ils sont parmi les premiers scientifiques, dans les années 1970, à avoir alerté l’opinion sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes, ainsi que sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens. Ils ont contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées très efficaces.

Que faire ? Par Claude et Lydia Bourguignon

Le paradoxe de l’agriculture intensive : nourrir l’humanité en détruisant le sol nourricier

En moyenne, un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre de sol. A l’échelle humaine, le sol est donc une ressource non renouvelable qu’il faut préserver pour nourrir l’humanité. Or, en 10 000 ans d’agriculture sédentarisée, l’être humain a créé 2 milliards d’hectares de désert, dont la moitié au 20e siècle. Depuis les années 60 et la révolution verte, l’agriculture intensive ne cesse de mettre à mal cette fine couche organique qui est pourtant garante de notre survie sur la planète.

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Photo : Pixabay

Le sol est une réserve unique de vie microbienne, végétale et animale. Ce milieu complexe nourrit les végétaux, qui à leur tour nourrissent la faune terrestre dont nous faisons partie. Il est donc à la base de la pyramide alimentaire. Cependant, le sol est perçu par certains comme un agrégat de terre sans vie. Cette vision, certes erronée, pourrait pour peu se confirmer.

Des techniques agricoles funestes

Les techniques agricoles telles que le labour profond, l’irrigation ou l’utilisation d’intrants chimiques épuisent le sol, le privent de sa biodiversité et provoquent sa mort. Un sol mort entraîne l’effondrement de l’écosystème qui l’entoure. Et « sans terre, sans sol, nous ne mangerons pas! ».

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Qu’est-ce que le métam-sodium, le nouveau glyphosate ?

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Photo :©Patrick Maton

Des dizaines de personnes ont été intoxiquées dans le Maine-et-Loire après avoir inhalé des particules de ce puissant pesticide.

Il pourrait bien provoquer un scandale à la hauteur de celui du glyphosate. Le métam-sodium, présent dans plusieurs pesticides, est soupçonné d’être à l’origine de 61 intoxications dans le département du Maine-et-Loire, ainsi que de 17 hospitalisations.

Le métam-sodium est un puissant biocide : il détruit à la fois les insectes, les mauvaises herbes et les champignons. Il est notamment utilisé dans les champs de mâche de l’Anjou. En nettoyant les sols, il permet aux agriculteurs de faire 3 à 4 rotations de culture par hiver.

Présent dans 5 pesticides en France, cette substance active est autorisée dans l’Union Européenne jusque 2022. Mais après la contamination de dizaines de personnes dans le Maine-et-Loire, le préfet a interdit son autorisation pendant 15 jours. Le parquet d’Angers a ouvert une enquête préliminaire « pour faire la lumière sur les conditions d’utilisation de ce produit ». Les résultats de cette investigation devraient être pris en compte par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a annoncé réexaminer l’autorisation de ce pesticide.

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Source : RTL.FR – 22 octobre 2018

Articles connexes

Monsanto aurait créé des groupes de « faux agriculteurs » pour défendre le glyphosate

Un lobby de la société Monsanto a créé des groupes de « faux agriculteurs » chargés de se prononcer en faveur du glyphosate, révèle la cellule d’investigation de Greenpeace et du quotidien britannique « The Independent ».

Pour que des « agriculteurs » disent du bien du glyphosate – cet herbicide présent dans le Roundup et classé cancérigène probable par le centre international de recherche sur le cancer –, la société Monsanto aurait créé, dans au moins sept pays, des groupes de faux professionnels.

« Mosanto a piloté de faux groupes de fermiers contre l’interdiction du glyphosate en Europe. C’est ce que révèle une enquête de la cellule d’investigation de Greenpeace et du quotidien britannique ‘The Independent‘ », que RMC dévoile ce mercredi.

« Agriculture et Liberté », est le nom du groupe français de faux agriculteurs. Sur son compte Twitter, on peut lire :

« Nous sommes un groupe d’agriculteurs français unis pour protéger notre mode de vie et nos moyens de subsistance« .

Mais ni ce compte Twitter ni le site internet, ne permettent de savoir qui sont les fondateurs de ce groupe, observe RMC. « Il est juste mentionné qu’ ‘Agriculture et Liberté’ est soutenu par une ‘coalition d’utilisateurs et de fabricants de produits agricoles’. Aucune trace d’un agriculteur parmi les fondateurs. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, ce groupe a été créé par un lobby », accuse le site internet.

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Source : NOUVELOBS.COM – 17 octobre 2018

39 pesticides différents découverts à l’intérieur d’une école en zone agricole

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Photo : Patrick Maton (2018)

Des chercheurs de Gembloux agro bio tech (ULiège) ont mesuré l’exposition aux pesticides de plusieurs écoles situées en zone agricole, principalement en Brabant wallon. Les résultats confirment une étude pilote réalisée en 2016, qui avait identifié 23 produits différents dans la cour de récréation de l’école de Cortil-Wodon (Fernelmont).

Durant la période de pulvérisation, entre avril et juillet, les panneaux capteurs installés aux abords des écoles ont détecté la présence d’une trentaine de pesticides en moyenne. Le cas de Cortil-Wodon n’est pas donc pas isolé.

Dans cette nouvelle étude, intitulée Propulpp, les chercheurs ont aussi passé un chiffon sur les jeux installés dans les cours de récréation. Les analyses sont peu équivoques : les modules sur lesquels les enfants s’égayent sont recouverts de pesticides, une vingtaine de substances en moyenne.

D’autres mesures comparables ont été réalisées à l’intérieur des écoles, dans les classes, au sol et sur les appuis de fenêtre. Même constat : des dizaines de pesticides différents s’insinuent dans les bâtiments, sans doute avec la poussière ramenée de l’extérieur sur les chaussures des enfants. Dans une classe, ce sont pas moins de 39 substances différentes qui ont ainsi été mesurées !

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Source : RTBF.BE – 10 octobre 2018

Emissions d’ammoniac (NH3)

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Origine du polluant

Les émissions d’ammoniac sont essentiellement d’origine agricole, dont la plus grande part provient de l’élevage. L’ammoniac (NH3) est issu de la fermentation, c’est-à-dire de la décomposition incomplète de substances organiques par des microorganismes en milieu anaérobie1. Ce processus se produit tant dans les bâtiments d’élevage qu’au pâturage, dans les lieux de stockage des effluents et au moment de l’épandage au champ. L’ammoniac est également émis à partir de voitures équipées d’un catalyseur.

Effets

Les retours de l’ammoniac à la biosphère se font sous forme sèche ou humide, soit à proximité du lieu d’émission, soit après avoir parcouru de longues distances notamment pour l’ammonium dont le temps de résidence dans l’air est plus long que celui de l’ammoniac. Ces retombées ont diverses conséquences.

Effets sur la santé : L’ammoniac est un gaz irritant pouvant être incriminé dans l’apparition de certaines maladies (asthme, bronchites chroniques), en particulier chez les éleveurs qui sont exposés à ce composé de façon chronique. En effet, c’est dans certaines exploitations agricoles que d’importantes concentrations en ammoniac sont le plus fréquemment rencontrées. La mauvaise qualité de l’air (odeurs piquantes, atmosphère chargée en gaz, poussières, bactéries et endotoxines) des bâtiments d’élevage rend non seulement les conditions de travail difficiles, mais peut aussi avoir un impact important sur la santé du personnel. Des études épidémiologiques ont ainsi mis en évidence des corrélations entre le taux de contamination de l’air et la fréquence des pneumopathies chez les travailleurs. Les bronchites chroniques, l’asthme, la fibrose pulmonaire, les affections des voies aériennes supérieures constituent la majorité des maladies respiratoires professionnelles des éleveurs.
Au Danemark, une étude épidémiologique montre qu’en dehors de l’influence de l’âge et du fait que l’éleveur fume ou non, les éleveurs de porcs2 sont les plus touchés par l’asthme et les bronchites chroniques. Parmi les facteurs responsables, des gaz tels que l’ammoniac ont été incriminés.

Effets sur les écosystèmes : Les principaux effets de l’émission d’ammoniac sur les écosystèmes vont se manifester via :

  • les retombées sur les plantes qui entraînent un déséquilibre dans leur alimentation et une augmentation de leur fragilité vis-à-vis d’autres facteurs secondaires de stress ;
  • la participation de l’ammoniac au phénomène d’acidification des milieux naturels qui participe au dépérissement des forêts ;
  • les retombées atmosphériques en composés azotés qui contribuent aux phénomènes d’eutrophisation. Ce phénomène crée un déséquilibre nutritif en favorisant certaines espèces végétales dominantes. Il en résulte un appauvrissement de la biodiversité tant végétale qu’animale ;

Effets sur les biens et sur l’économie : Les principaux effets de l’émission d’ammoniac sur les biens et l’économie vont se manifester via :

  • sa participation au phénomène de formation des pluies acides qui réduisent les rendements agricoles et sylvicoles et entraînent la dégradation de certains types de pierres de construction.
  • la diminution des performances zootechniques des animaux qui respirent ce gaz.

En outre l’ammoniac est un important précurseur de la formation de particules secondaires, principalement par réaction avec les oxydes d’azote pour former des particules de nitrate d’ammonium. Ceci renforce donc encore son effet négatif sur la santé.

Secteurs les plus émetteurs

Les trois secteurs suivants représentent plus de 90% des émissions d’ammoniac en Wallonie. Parmi ceux-ci, l’agriculture est de loin la principale source d’émission d’ammoniac :

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Source : AWAC.BE (Agence Wallonne de l’Air et du Climat)

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Notes :

  1. Anaérobie : On appelle milieu anaérobie un milieu où il n’y a pas présence d’oxygène sous forme de dioxygène (O2).
  2. Eleveurs de porcs : Selon les statistiques 2017, Comines-Warneton comptent 59.993 porcs (et 292.070 volailles)…  Les émissions d’ammoniac par les élevages porcins font de Comines-Warneton la championne de Belgique des émissions d’ammoniac (en 2015).

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Comment l’agriculture participe à la pollution de l’air

Les zones agricoles ont la particularité d’être à la fois des sources et des puits pour la pollution de l’air. Le séminaire scientifique Primequal «Agriculture et pollution atmosphérique», organisé le 2 juillet à Paris a été l’occasion de s’intéresser au rôle de l’agriculture dans la pollution de l’air.

«L’agriculture participe aux émissions de composés azotés, des COV [composés organiques volatils], du méthane et des pesticides, ainsi que des particules primaires», explique Carole Bedos, Chargée de Recherche à l’Inra spécialisée dans la volatilisation des pesticides. Une fois émis dans l’air, ces différents composés peuvent interagir entre eux et avec les composés déjà présents dans l’atmosphère. Ils vont alors générer des composés secondaires. Les NOx1 et COV constituent des précurseurs d’ozone2 ; l’ammoniac3 et les acides des précurseurs de particules fines4.

Quantitativement, les flux des polluants peuvent paraître faibles. Mais, sur des surfaces étendues, les émissions deviennent significatives et diffuses. Selon différentes sources, l’agriculture et la forêt émettent ainsi 53 % du total des particules en suspension (20 % des PM10, 9 % des PM2,5 et 6 % des PM1), 89 % du protoxyde d’azote (N2O), 76 % du méthane, 10 % des oxydes d’azote (NOx), 50 % des COV biogènes et 97 % de l’ammoniac présents dans l’air (l’élevage contribuant à hauteur de 77 % des émissions). De plus, le secteur agricole utilise 91 % des pesticides.

Comment sont émises les particules ?

En agriculture, les particules primaires sont émises par les cultures et l’élevage, mais il y a peu de données sur ces émissions dans le contexte agricole français. «Pour les cultures, la préparation du sol, la fertilisation, l’apport de produits phytosanitaires, les récoltes vont générer l’émission de particules primaires en fonction du type de sol et de la météo», note Carole Bedos. «Pour l’élevage, les émissions de particules peuvent avoir lieu au niveau des bâtiments, du stockage des effluents, de l’épandage d’effluents et en pâturage», ajoute-t-elle.
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