Être tenu responsable de crimes perpétrés contre la nature. C’est la volonté de Valérie Cabanes, juriste en droit international.

Déforestation, acidification des océans, fonte des glaces, montée du niveau des océans, extinctions massives d’espèces animales, pollutions aussi diverses que destructrices, depuis l’avènement de l’ère industrielle, l’impact de nos activités sur l’environnement ne cesse de croître. Le développement récent de nos sociétés s’est fait sous un principe philosophique potentiellement problématique : l’homme doit dominer la Nature pour quitter l’état sauvage. Mais que faire aujourd’hui pour changer la donne ? Avons-nous des outils qui nous permettre de repenser notre relation à la Nature et plus globalement à la Terre sur laquelle nous vivons ? Pour Valérie Cabanes, juriste en Droit International spécialisée dans les Droits de l’Homme et le Droit humanitaire, le droit pourrait nous apporter une réponse.

Être tenu responsable de crimes perpétrés contre la nature. C’est la volonté de Valérie Cabanes, juriste en droit international.

« Depuis la 1ère ère industrielle, nous avons agi comme des prédateurs sur Terre ». Pour Valérie Cabanes, le constat est sans appel. Cette juriste en droit international veut que la justice pénalise les atteintes à l’environnement en reconnaissant le crime « d’écocide ».

Des dommages impunis

« Comment se fait-il que ceux qui induisent, financent, décident, effectivement, de toutes les technologies qui détruisent l’atmosphère, la biodiversité et la biosphère soient, aujourd’hui, dans une totale impunité et puissent continuer à faire ce qu’ils font ? », se demande Valérie Cabanes. Une question qui mérite, selon elle, que la justice nationale, européenne et internationale se penche dessus. En effet, la juriste estime que « ceux qui commettent ce crime, détruisent les conditions vitales pour tous ».

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Le sol, un patrimoine à protéger

Par Mathieu Vidard

Le sol est il en danger ? Le sol n’est pas au mieux de sa forme, il est en longue maladie, abîmé par le soc, la roue, l’azote et l’herbicide. Mais il y a de plus en plus de nouvelles initiatives en agro-écologie qui le protègent et qui le respectent. La situation n’est pas désespérée !

Qu’est ce qu’un sol en bonne santé ? C’est tout simplement un sol riche avec une microbiologie diverse et active et un sol qui en surface est couvert d’une pluralité de plantes. C’est surtout un sol qui n’est pas pollué, labouré trop profondément et qui respire. Dans les campagnes et dans les laboratoires de recherche, de nouvelles pratiques en agro-écologie sont proposées et menées dans un meilleur respect des sols.

avec Frédéric Denhez, auteur du livre Le sol, enquête sur un bien en péril (éditions Flammarion), journaliste, conférencier et chroniqueur dans CO2 mon amour sur France Inter. Il propose dans cette nouvelle édition un tour de France des initiatives en agro-écologie qui révolutionnent petit à petit les pratiques agricoles.

et Lionel Ranjard, écologue spécialiste des micro-organismes du sol, directeur de recherche au sein de l’UMR agroécologie de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) et responsable du projet Agrinnov et de l’Atlas français des bactéries du sol (éditions Biotop et MNHN) qui sortira en décembre 2018. Une journée d’animation scientifique est organisée le 18 janvier 2018 à la Grande galerie de l’évolution du MNHN (Muséum national d’histoire naturelle) pour accompagner la sortie de ce livre.

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Source : FRANCEINTER.FR – 18 octobre 2018

Une plainte pour inaction climatique jugée recevable : l’espoir d’ « une décision qui s’apparente à celle de Monsanto »

La justice européenne vient d’accepter d’examiner une plainte pour « inaction climatique » contre les Etats européens. Elle a été déposée par dix familles, dont un producteur de lavande installé dans la Drôme.

« Mes récoltes ont baissé en moyenne de 44% sur les dix dernières années, sans compter cette année« , déplore Maurice Freschet, un producteur de lavande de Grignan (Drôme). Il fait partie des dix familles qui ont saisi la justice européenne pour réduire davantage les émissions de CO2. La Cour de justice de l’Union européenne a annoncé, lundi 13 août, qu’elle acceptait d’examiner cette plainte pour « inaction climatique ». C’est la première fois qu’une telle assignation est jugée recevable en Europe.

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Des tonnes de pommes de terre sont épandues sur les champs et pourrissent à l’air libre

Par Nicolas Lejman

Si vous habitez à proximité d’un champ, vous avez peut-être senti de mauvaises odeurs ces derniers jours… D’où viennent ces odeurs ? De pommes de terre en décomposition.

De nombreux agriculteurs n’ont pas d’autre choix que d’épandre leur production de patates de l’année dernière. La récolte 2017 avait été exceptionnelle mais aujourd’hui, ils doivent se débarrasser des surplus.

Nous nous sommes rendus à Clavier, en province de Liège, dans une entreprise de biométhanisation qui utilise les pommes de terre pour en faire du gaz. Il y en a tellement que l’entreprise doit en refuser.

Sur le site, un monticule de pommes de terre est en train de pourrir au soleil. « Les pommes de terre noircissent et une odeur se dégage », précise Grégory Racelle.

L’odeur est difficilement soutenable. Le patron n’avait jamais été autant sollicité. « Cette année-ci, la pomme de terre nous a été proposée en grande quantité. Nous avons encore pas mal de tonnes en stock pour tenir près de deux mois. »

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Source : RTBF.BE – 2 août 2018

Agriculture : la fertilité des sols s’effondre à cause du labour

Ils sont de moins en moins fertiles. La fertilité des sols s’effondre. Le responsable pourrait bien être une pratique ancestrale. « C’est le labour, c’est le travail du sol qui est responsable. […] Quand on aura compris qu’il faut arrêter de labourer les sols, on aura fait un grand pas« , affirme Erwan Caradec, agriculteur.
Près de la moitié des sols de la planète est en mauvais état. La faute à l’érosion, au réchauffement climatique, à la pollution, mais aussi donc à certaines pratiques agricoles. Pourquoi labourer ? 95% des agriculteurs labourent. Pour Jean-Luc Pallin, agriculteur, labourer a un objectif principal : « Ça sert à décompacter légèrement la terre qui a passé tout l’hiver à se tasser, ça évite à l’herbe de pousser, on enfouit tout ce qui est graines de mauvaises herbes et tout ce qui est champignons. » Pourtant, certains céréaliers réussissent à semer et à produire autant sans retourner la terre. Depuis 50 ans, la matière organique qui fait la fertilité des sols est en voie de disparition à certains endroits. Sensibilisés à l’état de leurs sols, les agriculteurs français commencent à changer leurs pratiques.

Source : FRANCE 2 (Journal de 20h) – 23 mai 2016

Vers un changement de paradigme – De l’inéquité du monde moderne à un bien-être pour tous

La FAO estime qu’un milliard d’êtres humains sont privés d’eau potable et souffrent de sous-nutrition chronique, et que trois autres milliards souffrent de malnutrition malgré des ressources encore abondantes sur la planète. Pour répondre à cet enjeu, l’agriculture moderne s’était donnée comme mission de résoudre le problème de l’alimentation mondiale : non seulement elle a échoué mais elle l’a aggravé: l’agriculture occidentale, intensive et subventionnée crée des concurrences insoutenables pour les pays en développement, entraînant misères, indigence et dépendances. Les besoins vitaux de nombreuses populations de sont plus assurés. Les conséquences sur l’environnement ne sont plus à démontrer. Les difficultés d’accès à l’eau potable et à certaines ressources naturelles pourraient faire naître de nouveaux conflits armés. La situation est d’une gravité sans précédent.

L’inéquité du monde moderne

Prédateur majeur parmi toutes les êtres vivants, victime et bourreau de sa propre espèce, l’être humain moderne outrepasse plus que jamais ses besoins légitimes de s’alimenter, se vêtir, s’abriter et soigner ses maux. Il attend de la nature qu’elle assouvisse inexorablement ses superflus auxquels il ne sait plus donner de limite. Les cités urbaines dévorent le vivant sans l’entretenir ni le renouveler. Elles sont comme de gigantesques estomacs engloutissant des masses considérables de nourriture et générant des montagnes de déchets et de matière morte. L’insatisfaction accompagne sa dévorante aventure faite d’insécurité et d’angoisse.
Gaspillage éhonté d’un côté, famines de l’autre. L’injustice est à son comble. Pourant, la nature, selon les experts, pourrait nourrir 12 milliards de personnes sans pour autant ponctionner dans les réserves naturelles.

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Néonicotinoïdes : l’interdiction confirmée

Pour le Tribunal de l’Union européenne, c’est clair et net, il n’y a aucune raison de revenir sur l’interdiction partielle de trois néonicotinoïdes décidée en 2013. La justice européenne avait été saisie par le Suisse Syngenta et l’Allemand Bayer, deux groupes produisant des insecticides qui contiennent ces substances actives considérées comme nocives pour les abeilles. D’après diverses études, ces substances attaquent le système nerveux des insectes et les pollinisateurs sont en première ligne, les populations d’abeilles ne cessant de chuter en Europe.

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Source : EURONEWS – 17/05/2018

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Comines-Warneton, championne des émissions d’ammoniac…

Par Delphine Reuter1

Dans le cadre d’une enquête journalistique paneuropéenne, Le Vif/L’Express a investigué les émissions d’ammoniac d’exploitations agricoles belges. Consultables en ligne, ces données sont toutefois anonymisées. Un manque de transparence en contradiction avec les exigences que l’Europe s’est fixées en matière d’accès à l’information et de protection de l’environnement et de la santé.

En 2015, 64 élevages porcins et de volailles belges ont émis chacun plus de dix tonnes d’ammoniac dans le cadre de leurs activités, selon le registre E-PRTR (European Pollutant Release and Transfer Register), tenu par l’Agence européenne pour l’environnement. Soit 1.311,8 tonnes d’ammoniac au total. Parmi ces 64 exploitations agricoles, 20 sont situées en Flandre et 44 en Wallonie. Les élevages wallons sont responsables de 79 % des émissions rapportées : tandis que les fermes du nord du pays ont émis 274,1 tonnes d’ammoniac en 2015, les wallonnes, elles, ont en émis 1.037,7. L’élevage wallon le plus polluant a émis 105 tonnes d’ammoniac, soit plus de dix fois le seuil de reporting du registre.

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Quels sont les intérêts des haies ?

Les haies sont des structures linéaires et arborées, associant des essences variées d’arbustes, de buissons, de cépées, d’arbres morts et d’arbres de haut jet qui se développent sur un tapis herbacé.

Extrait du livre « Les arbres entre visible et invisible » de Zürcher Ernst

(…) En ce qui concerne le microclimat, un système de haies peut réduire la force du vent jusqu’à 40% des valeurs en terrain ouvert. Il en résulte une baisse de l’évaporation au sol, une formation de rosée accrue, une légère augmentation de la température du sol, associée à une humidité plus élevée. Ces effets positifs pour le rendement agricole se font sentir jusqu’à une distance estimée à 30 fois la hauteur de la haie.

A ces effets s’ajoutent diverses fonctions écologiques : par exemple, du fait qu’elle hébergent une riche entomofaune naturelle (insectes) et ses prédateurs (oiseaux, mammifères, batraciens, autres insectes), elles constituent un élément essentiel de la protection biologique des cultures avoisinantes contre les parasites.

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Abeilles : les pesticides ne seront plus recherchés en cas de mortalités aigües et massives

Par Anne-Françoise Roger

Les apiculteurs critiquaient le gouvernement français pour les lacunes dans sa surveillance des mortalités d’abeilles aigües et massives. Saisie de l’affaire, l’Agence française de sécurité sanitaire (ANSES) a confirmé les critiques. Mais au lieu d’améliorer ses investigations, le gouvernement a l’intention ne plus rechercher systématiquement les résidus de pesticides dans ces cas-là. Une manière de les rendre invisibles ?

Les apiculteurs avaient la désagréable impression que les gouvernements successifs cherchaient à incriminer leurs pratiques et les maladies des abeilles pour expliquer les mortalités massives et aiguës constatées en France depuis l’apparition des néonicotinoïdes dans les années 1990.

C’est désormais plus qu’une impression. Un bilan officiel publié il y a un an estime que les maladies des abeilles sont la première cause de mortalité et les mauvaises pratiques des apiculteurs la seconde. Les pesticides sont quasiment hors de cause.
Comment une telle conclusion est-elle possible ? L’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) s’est penchée sur le sujet et a observé que les mortalités d’abeilles sont sous-déclarées dans certaines régions, que les recherches de pesticides ne sont pas toujours réalisées et que des  » biais statistiques  » dans le bilan donne une importance exagérée aux maladies.

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