« Reconnaissons la nature comme sujet de droit »

Pour la juriste Valérie Cabanes, dans une tribune au « Monde », il faut redéfinir les valeurs pivots de notre système juridique afin d’affirmer nos liens d’interdépendance avec les autres formes de vie.

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En Inde, le Gange et l’un de ses affluents, la Yamuna, sont désormais des « entités vivantes ayant le statut de personne morale ». VALERIE CABANEE

Durant dix mille ans, nous avons prospéré en tant qu’espèce grâce à des conditions climatiques favorables et des milieux de vie fertiles et foisonnants de biodiversité. Mais l’industrie s’est dernièrement imposée sur les milieux naturels en occupant l’espace et en perturbant les équilibres de l’écosystème terrestre. Le climat s’est emballé, la biodiversité s’est effondrée, la pollution est omniprésente, et les conditions mêmes de la vie sur Terre commencent à être menacées. Nous ne pouvons plus rester spectateurs. Nos choix menacent aujourd’hui la paix et la sécurité humaines.

Il est encore temps de freiner les conséquences de l’anthropocène, cette ère géologique que l’homme a façonnée et qui menace les conditions d’existence des plus vulnérables d’entre nous et hypothèque les droits des générations à venir. La justice doit pouvoir s’appuyer sur un droit de la Terre pour être en mesure de maintenir les systèmes écologiques dont nous dépendons, car c’est ainsi que nous préserverons la dignité de l’humanité. Pour cela, il faut redéfinir les valeurs pivots de notre système juridique afin d’affirmer nos liens d’interdépendance avec les autres formes de vie.

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Nature Invisible – Plantes superpuissantes (Documentaire FRANCE 5)

Les plantes semblent immobiles et passives, comme figées dans une immobilité lassante. L’être humain a tendance à cantonner le monde végétal à un rôle d’ornement ou de décor, oubliant presque au passage que les plantes sont des organismes vivants, et surtout la pierre angulaire de toute la chaîne de la vie. Ainsi, si l’on prend le temps de pénétrer leur univers, en abandonnant nos repères habituels, en changeant nos échelles et nos références de temps, de distance ou de perception, un monde passionnant et insoupçonné s’ouvre à l’oeil et à la conscience. C’est ce monde mystérieux et merveilleux que ces documents invitent à découvrir.

Source : FRANCE 5 (2012)

Douées de mémoire, capables de prendre des décisions et même d’apprendre : les plantes démontrent des capacités cognitives exceptionnelles. Comment ? Elles sont tout entières leur propre cerveau. Notre relation au monde végétal vient d’entrer dans une autre dimension.

A quoi pense une rose, une fougère, un champignon, la mousse, un peuplier, un grand chêne ? Drôle de question, a priori. Déroutante même : imaginez-vous à la place de n’importe lequel de ces êtres, qui, s’ils sont bien vivants, n’ont pas de jambes pour se déplacer, pas de bras à étendre, pas d’yeux pour voir, pas de nez pour sentir, pas de bouche pour manger… Par dessus tout, ils n’ont même pas de cerveau !

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Les Mathématiques sont présentes dans la Nature

Observer la nature pour la comprendre, l’aimer et la respecter…

Documentaire diffusé sur FRANCE 5 – 30/08/2017
(Durée: 00:48:32)

Quelle est la relation entre l’être humain et la nature ?

L’être humain n’est pas différent de la Nature. Il en fait partie. L’existence même des êtres humains sur la terre dépend de la Nature. En fait, nous ne protégeons pas la Nature – c’est la Nature qui nous protège. Les arbres et les plantes, par exemple, sont indispensables à la purification de l’énergie vitale. Chacun sait qu’il est impossible à l’homme de vivre dans le désert car il n’y a pas d’arbres pour y purifier l’énergie vitale. Si la purification de l’atmosphère ne peut se faire, la santé se détériore.

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Natura 2000 en Wallonie

La Wallonie fait face aujourd’hui à un défi majeur en matière de conservation de la nature: mettre un terme au recul de la biodiversité et, si possible, la restaurer. En ce domaine l’Union européenne a adopté deux directives la Directive Oiseaux (1979) et la Directive Habitats (1992) qui constituent la base d’un vaste réseau écologique : le réseau Natura 2000.

C’est à partir de 2001 que la Wallonie a initié la mise en oeuvre de ces deux directives (Directive HabitatsDirective Oiseaux). Ainsi, 240 sites ont été sélectionnés sur base de travaux scientifiques et leur cartographie a été entreprise. Ces sites ont fait l’objet d’arrêtés de désignation dont l’adoption par le Gouvernement wallon s’est achevée en 2017.

Au-delà de la sauvegarde de notre patrimoine naturel, les actions à mener sont de nature à améliorer notre cadre de vie et touchent de nombreux secteurs , tels la qualité de l’air et de l’eau, la prévention des inondations, la lutte contre les effets du réchauffement climatique ou encore l’attrait touristique de la région.

Les premières mesures de protection sont d’ores et déjà prises sur le terrain. Et les acteurs sont nombreux : gestionnaires forestiers, agriculteurs, environnementalistes, citoyens, associations, administrations communales, provinciales et régionales.

Les sites Natura 2000 wallons couvrent 220.000 hectares(1). La tâche est donc de grande ampleur mais essentielle à la constitution d’un réseau écologique à l’échelle de l’Europe tout entière.

Objectifs de conservation Natura 2000

Le 1er décembre 2016, le Gouvernement wallon a adopté l’ensemble des objectifs de conservation pour le réseau Natura 2000, tant à l’échelle de la Région wallonne qu’à l’échelle des sites.

Voir l’arrêté du gouvernement wallon

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Notes

  1. Les sites Natura 2000 wallons représentent 13% de la superficie de la Wallonie (16.844 km2)….

L’instabilité politique aggrave le déclin de la biodiversité

Par Audrey Garric

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Photo : Les Amis de Warneton

Une nouvelle étude scientifique montre qu’une bonne gouvernance des Etats est essentielle au succès de la conservation des espèces.

La sixième extinction de masse des animaux s’accélère, cette triste réalité est désormais connue. Partout, sous l’effet des activités humaines, les vertébrés et les invertébrés reculent sur Terre, à la fois en nombre d’espèces, de spécimens et d’étendue. On souligne moins que l’instabilité politique et la gouvernance défaillante de certains Etats conduisent à cette érosion de la biodiversité au même titre que la croissance économique, la démographie galopante ou encore le changement climatique.

Voilà la conclusion d’une vaste étude publiée dans Nature, mercredi 20 décembre, qui apporte toutefois une lueur d’espoir : les aires naturelles protégées permettent de conserver la diversité de la faune sauvage lorsqu’elles sont situées dans des pays relativement stables politiquement avec des structures juridiques et sociales solides.

L’équipe internationale de chercheurs, dirigée par l’université de Cambridge, a utilisé les espèces d’oiseaux d’eau (canards, hérons, flamants, etc.) comme un baromètre de l’état de la biodiversité. Leurs habitats – les zones humides, qui s’étendent sur 1,3 milliard d’hectares dans les zones côtières comme dans les terres – sont en effet parmi les plus diversifiés, mais aussi les plus menacés de la planète. Les scientifiques ont analysé pas moins de 2,4 millions de recensements de 461 espèces d’oiseaux d’eau, menés pendant près de vingt-cinq ans sur 26 000 sites à travers le monde.

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Les oiseaux disparaissent de notre ciel

Nous publions en exclusivité les résultats alarmants de la toute première mesure de l’hécatombe dont sont victimes de nombreuses espèces d’oiseaux autrefois si communes. Le Nord – Pas-de-Calais perd ses petites ailes, une catastrophe pour sa biodiversité.

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Le troglodyte fait partie des espèces dont les effectifs diminuent dans notre région.

La moitié des espèces nicheuses des milieux agricoles a disparu en moins de vingt ans dans le Nord – Pas-de-Calais. La petite alouette des champs n’a pas résisté à l’intensification des pratiques agricoles. Elle est une nouvelle victime des pesticides-insecticides et de la disparition de son habitat naturel, on appelle pudiquement cela la «  transformation des paysages agricoles  ». Moins de haies, d’abris, d’insectes aussi pour se nourrir. Petite alouette : – 63 % depuis 1995.

Mais il y a pire situation. Le nombre de linottes mélodieuses dégringole de 82 %, celui du bruant jaune ou de la tourterelle des bois de 72 %, des espèces condamnées comme le si touchant petit Pipit farlouse (-76 %).

D’autres espèces ont un gros plomb dans l’aile. Le chardonneret, le si beau verdier, le coucou, la bergeronnette ou l’étourneau sansonnet sont en danger avec environ la moitié de leurs effectifs supprimés en un peu plus d’une génération…..

Suivre ce lien pour lire la suite de l’article :
http://www.lavoixdunord.fr/273961/article/2017-12-04/les-oiseaux-disparaissent-de-notre-ciel

Source : LA VOIX DU NORD – 4 décembre 2017

WARNETON – Le congélateur n’est que mis au frigo

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Le ministre Di Antonio a refusé l’implantation d’un deuxième congélateur à l’entreprise Clarebout. Mais sa décision n’est pas définitive.

Lors d’une question orale posée par le député mouscronnois, Philippe Bracaval (MR), au Parlement wallon concernant entreprise Clarebout, ses nuisances et ses accidents à répétition (53 ont été déclarés), le ministre Carlo Di Antonio est revenu sur les permis octroyés.

Le refus du congélateur est motivé parce que « le dossier ne m’a pas permis de percevoir le besoin d’augmenter la capacité de stockage sur le site, capacité qui a déjà été augmenté en 2012, ni le gain environnemental que cela pourrait induire en termes de réductions de gaz à effet de serre. » Toutefois, ajoute-t-il, « ce n’est pas un refus nécessairement définitif, parce que si un gain environnemental pouvait être développé, avec l’utilisation de la voie d’eau pour les transports, on pourrait sans doute augmenter la capacité et revoir cette décision concernant le congélateur ou d’autres infrastructures. La concrétisation de ce volet-là peut sans doute permettre de débloquer le reste beaucoup plus facilement. »

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Ecologie en résistance : Stratégies pour une Terre en péril (vol. 1)

ecologie-en-resistanceSi vous vous intéressez aux trois questions suivantes, ce livre est pour vous : « Peut-on résister ? Pourquoi résister ? Comment résister ? ».

La civilisation industrielle est en train de détruire la Terre ; le nier, c’est subir la domination d’une idéologie dont l’ambition est d’annihiler le vivant ou de le réduire en esclavage. Ce recueil de discussions porte sur le changement de stratégie et de tactiques qui doit se produire si nous voulons construire une résistance efficace. Il y est question d’interposer nos corps et nos existences entre le système industriel et toute vie sur la planète. Il y est question de contre-attaque.

Dans ce premier volume, vous trouverez des textes et discours de Vandana Shiva, Derrick Jensen, Stephanie McMillan, Lierre Keith et Aric McBay.

Livre de poche, 132 pages.
Editions : Editions Libre (association loi 1901)
Prix : 10€.

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Suivre ce lien:  http://editionslibre.org/produit/ecologie-en-resistance-strategies-pour-une-terre-en-peril-vol-1-2/

Biodiversité: une course contre la montre

Les espèces animales et végétales reculent toujours plus vite et nécessitent des mesures fortes destinées à protéger la nature. Les politiques ont-elles la capacité de répondre à ce défi avant qu’il ne soit trop tard? On peut en douter.

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Tempus fugit. En plus de donner un petit air intello aux horloges, la maxime de Virgile a le mérite de dénoncer la procrastination(1), voire la paresse, qui nous fait perdre un temps précieux. Elle s’applique hélas dans le cas de la gestion de la planète, où les espèces vivantes disparaissent les unes après les autres sans attendre une hypothétique action politique forte en faveur de la biodiversité.

Dernier exemple en date, une étude parue en début de semaine dans la revue scientifique PNAS a dressé un constat terrifiant de l’état de la biodiversité mondiale. Elle conclut que près d’un tiers des 27 000 espèces de vertébrés examinées sont sur le déclin, d’un point de vue territorial et démographique. Les auteurs n’hésitent pas à parler d’«annihilation biologique», insistant sur le fait que cette sixième extinction de masse s’accélère et s’intensifie. Publiée dans la torpeur de l’été, l’étude n’a pas eu l’écho qu’elle mérite. Aurait-elle fait peser un dixième de ces menaces sur l’économie qu’elle serait aujourd’hui au centre de toutes les discussions. La nature n’a pas droit à tous ces égards. Réinventer notre modèle agricole, revoir notre rapport à la consommation, protéger le climat… Les remèdes à ce mal sont pourtant connus, mais leur application est sans cesse repoussée aux calendes grecques. Les horloges politique et biologique sont complètement désynchronisées.

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Environnement: 16 000 scientifiques se mobilisent, un tiers des mammifères menacés en France, les émissions de C02 repartent à la hausse…

C’est une initiative sans précédent : plus de 16 000 scientifiques de 184 pays ont signé un appel paru ce lundi dans la revue Bioscience contre la dégradation catastrophique de l’environnement. Deux rapports parus cette semaine viennent conforter leur inquiétant constat.

« Mise en garde des scientifiques à l’humanité : deuxième avertissement. » C’est le titre de cet appel, paru 25 ans tout pile après le premier du genre lancé en 1992 après le Sommet de la Terre à Rio, et signé alors par 1700 chercheurs et plusieurs centaines de Prix Nobel. Ces 16 000 scientifiques formulent treize recommandations et enjoignent les décideurs politiques réunis en Suisse pour la COP23 à  «freiner la destruction de l’environnement. Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui.»

C’est l’écologue américain William B. Ripple qui, avec  sept autres auteurs principaux, a entrepris de faire le point sur toutes les tendances inquiétantes discernables en 1992, pour constater leur aggravation dramatique, (à l’exception de l’état de la couche d’ozone stratosphérique, en voie de guérison). C’est  Franck Courchamp, Directeur de Recherche au CNRS, à l’Institut National d’Ecologie et Environnement qui a diffusé l’appel en Europe.

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