On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n’avons-nous rien fait ?

Par Andrew Revkin

Dans le temps qu’il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l’activité humaine, la crise s’est profondément aggravée.

Il y a trente ans, l’impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d’accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l’enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l’ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers «des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids.»

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d’énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l’article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives : l’abondance des combustibles fossiles. «Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l’industrie aussi longtemps que cela sera rentable.»

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé à la fin de l’année 1988, après que divers facteurs ont mis en lumière l’effet de serre. Les grandes lignes d’une solution avaient été forgées un an plus tôt alors que les nations du monde entier se mettaient d’accord sur le Protocole de Montréal, qui fixait des mesures pour éliminer certains composés synthétiques mettant en péril la couche d’ozone.

Depuis, les détails ont changé, mais à bien des égards, les principaux problèmes demeurent à peu les mêmes que ceux que moi et d’autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.

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Source : NATIONALGEOGRAPHIC.FR

Climat et effondrement : «Seule une insurrection des sociétés civiles peut nous permettre d’éviter le pire»

Par Yvan du Roy

Sommes-nous sous la menace d’un «effondrement» imminent, sous l’effet du réchauffement climatique et de la surexploitation des ressources ? Pour l’historien Christophe Bonneuil, la question n’est déjà plus là : des bouleversements sociaux, économiques et géopolitiques majeurs sont enclenchés et ne vont faire que s’accélérer. Il faut plutôt déplacer la question et produire une «pensée politique» de ce qui est en train de se passer : qui en seront les gagnants et les perdants ? Comment peser sur la nature de ces changements ? Migrations de masse, émergence d’un « capitalisme écofasciste », risque de conflits pour les ressources : malgré un constat brutal sur le monde qui se dessine, l’historien appelle à éviter le piège d’un «romantisme» de l’effondrement. «Une autre fin du monde est possible», affirme-t-il. Il revient aux sociétés civiles d’écrire le scénario final. Entretien.

Basta ! : Comment la situation climatique a-t-elle évolué depuis la signature des accords de Paris – dans le cadre de la Cop 21 -, à la fin de l’année 2015 ?

Christophe Bonneuil [1] : Les émission de gaz à effet de serre continuent d’augmenter partout, y compris en France. Au regard de la trajectoire des émissions mondiales, si nous continuons sans changer, nous prenons la direction d’une augmentation globale des températures d’au moins +3°C, bien avant la fin du siècle. Nous voyons là les limites du caractère facultatif de l’accord signé lors de la Conférence sur le climat de Paris, la COP 21, il y a trois ans. L’accord de Paris ressemble dangereusement aux accords de Munich en 1938 qui, croyant éviter une guerre mondiale, l’ont précipitée. Cet été, la concentration en CO2 de l’atmosphère a dépassé les 411 ppm (partie pour millions), un niveau inégalé depuis 800.000 ans à 4 millions d’années. Il faut être encore plus bête qu’un «munichois» pour croire que cela ne va pas avoir des conséquences d’ampleur géologique, ni provoquer des désastres humains et des bouleversements géopolitiques majeurs.

Quels sont les indicateurs et voyants qui montrent qu’un seuil fatidique, qui ouvrirait la voie à une «Terre étuve», pourrait être franchi dans les décennies à venir ?

Depuis l’ère quaternaire, la Terre oscille environ tous les 100.000 ans entre un état glaciaire et un état interglaciaire, entre deux périodes de glaciation. Ce qui nous menace c’est une sortie des limites de cette oscillation. La probabilité d’un scénario où la Terre basculerait vers un état d’étuve a été accrédité par un article paru en juillet dans la revue de l’Académie des sciences américaines [2]. En Inde, les projections des températures dans dix ou quinze ans montrent que certaines régions connaîtront des pics à plus de 50°C [3], ce qui pourrait arriver en France aussi à la fin du siècle [4]. Les corps ne pourront le supporter, des régions deviendront invivables, et les plus pauvres seront les plus touchés.

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Source : BASTAMAG.NET – 16 octobre 2018

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Notes :

[1] Historien, directeur de recherche au CNRS, co-auteur de L’événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous (Seuil, « Points Histoire », 2016) et directeur de la collection « Anthropocène » aux Ed. du Seuil.

[2] Voir cet article : Trajectories of the Earth System in the Anthropocene (en anglais).

[3] Deadly heat waves could hit South Asia this century (en anglais).
[4] Lire cet article du Monde.

Une plainte pour inaction climatique jugée recevable : l’espoir d’ « une décision qui s’apparente à celle de Monsanto »

La justice européenne vient d’accepter d’examiner une plainte pour « inaction climatique » contre les Etats européens. Elle a été déposée par dix familles, dont un producteur de lavande installé dans la Drôme.

« Mes récoltes ont baissé en moyenne de 44% sur les dix dernières années, sans compter cette année« , déplore Maurice Freschet, un producteur de lavande de Grignan (Drôme). Il fait partie des dix familles qui ont saisi la justice européenne pour réduire davantage les émissions de CO2. La Cour de justice de l’Union européenne a annoncé, lundi 13 août, qu’elle acceptait d’examiner cette plainte pour « inaction climatique ». C’est la première fois qu’une telle assignation est jugée recevable en Europe.

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Gaz à effet de serre : 2017, l’année de tous les records

Par Nathalie Mayer

Dans son dernier « État du climat », l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA pose un diagnostic inquiétant. Les concentrations des principaux gaz à effet de serre dans notre atmosphère ont atteint des niveaux records en 2017.

Depuis 1996, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) propose annuellement un « État du climat ». Pour 2017, ce rapport est basé sur les contributions de plus de 500 chercheurs répartis dans quelque 65 pays. Et ses conclusions sont alarmantes.

En 2017, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) a atteint une moyenne de 405 parties par million (ppm), soit 2,2 ppm de plus par rapport à 2016. Selon l’analyse de bulles d’air piégées dans la glace, il s’agit de la plus forte concentration enregistrée depuis 800.000 ans. Les concentrations en méthane (CH4) et en protoxyde d’azote (N2O), deux importants gaz à effet de serre, ont également atteint des records : 6,9 parties par milliard de plus par rapport à 2016 pour le premier et 0,9 partie par milliard de plus pour le second.

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La ressource en eau à Comines-Warneton

Par Philippe Mouton

Quelques pistes de réflexion sur la gestion des sécheresses récurrentes dans nos régions.

L’eau de la Lys est retenue.
Il faut observer ce qui se trouve à notre portée pour admettre quelques constats de base et ébaucher des solutions. Il n’y a aucune profusion d’eau dans la Lys. Même si on voit beaucoup d’eau, on remarque vite qu’elle coule à peine. C’est le système d’écluses barragées qui retient l’eau artificiellement et lui seul. S’il n’y avait pas ces écluses et leurs barrages, il y aurait beaucoup moins d’eau dans la rivière. Pour la Lys, il y a de grandes différences de débit entre les périodes de crues et celles d’étiage. L’été est la période d’étiage normale.

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Bras mort de la Lys à Warneton – Photo : Patrick Maton (août 2017)

Reproduire à l’échelle locale ce qui existe dans l’ensemble de la vallée de la Lys.
Ce que l’on voit en grand dans la vallée de la Lys, il faudrait pouvoir le reproduire à petite échelle dans les petits bassins qui alimentent la rivière.
Le principe de ralentir le flux vers la rivière et d’en retenir une partie solutionnerait certains problèmes de sécheresse mais pas tous. Des intercommunales comme Ipalle préconisent cela pour limiter les inondations. Pourquoi ne pas songer à des moyens de retenir une partie de l’eau des crues et la stocker en des lieux adéquats pour s’abriter des sécheresses, cela se fait déjà en beaucoup d’endroits. Les bassins d’orage des zones industrielles pourraient aussi devenir des réserves d’eau pour l’agriculture.
Tout cela doit être considéré dans étude approfondie.

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Un terrible « effet domino » menace de transformer notre planète en une étuve

Par Sciences et Avenir avec AFP

Même si l’humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d’étuve, selon une étude publiée lundi 6 août 2018.

C’est un scénario catastrophe. Mais un scénario plausible. D’ici quelques années, la température moyenne de la Terre pourrait se stabiliser à +4°C ou +5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, bien au-delà de l’objectif de l’accord de Paris sur le climat (+2°C maximum), révèle une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), publiée lundi 6 août 2018. Voici les grandes lignes de cette étude conduite par une équipe internationale de chercheurs.

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Le département du Nord placé en vigilance sécheresse !

Par J B

Comme vous pouvez le constater depuis maintenant 2 mois, il ne pleut presque plus dans les Hauts-de-France. Et malheureusement, la situation ne s’arrange pas, ce qui inquiète les autorités. D’ailleurs, la préfecture du Nord a décidé de placer ce département en vigilance sécheresse. Le niveau est de 1 sur 4. Ainsi, la préfecture lance un appel à économiser l’eau.

« Il est ainsi demandé à tous d’adopter les bons réflexes pour une gestion économe de l’eau, que ce soit à partir des prélèvements dans les cours d’eau, les nappes ou à partir des réseaux publics de distribution, explique la Préfecture dans un communiqué. Chaque citoyen doit être vigilant et faire preuve de civisme en réduisant les utilisations de l’eau qui ne sont pas indispensables pour éviter de porter atteinte à la ressource en eau, patrimoine commun et bien précieux de tous les usagers. »

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Source : LOBSERVATEUR.FR – 23 juillet 2018.

Incendies en Suède : un avant-goût de ce qui attend l’Europe, prévient Jean Jouzel

Par Sarah Sermondadaz

D’inhabituels feux de forêts font rage en Scandinavie, et plus particulièrement en Suède. Le réchauffement climatique est en cause, explique le climatologue Jean Jouzel.

La Suède, mais aussi la Finlande (et dans une moindre mesure la Norvège) font face à des feux de forêts particulièrement violents, y compris sous des latitudes plus au nord que le cercle polaire arctique. En Suède seulement, 20.000 hectares de forêts sont déjà parties en fumée. Du jamais vu au cours de la dernière décennie : « La dernière fois que nous avons vu des feux de cette envergure, c’était il y a douze ans », a raconté à l’AFP Thomas Andersson, secouriste dans la région. Un phénomène attribuable au réchauffement climatique, explique à Sciences et Avenir le climatologue Jean Jouzel.

Une sécheresse historique et des températures record, les conditions d’un cocktail explosif

Les conditions climatiques relevées au nord du cercle polaire son exceptionnelles », commente le climatologue. « C’est une situation qui cumule à la fois une température record (32°C au cercle polaire le 17 juillet 2018 !, NDLR) et une sécheresse persistante. » Les causes sont météorologiques : « Il y a une situation de blocage anticyclonique », qui empêche la survenue de précipitations… ce qui amplifie la sécheresse. Des feux ont même été repérés en Laponie suédoise, au-dessus du cercle polaire. Dans la périphérie de la ville de Jökkmokk, destination prisée par les touristes en hiver et située sur le cercle polaire, cinq incendies ont été recensés.

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Source : SCIENCESETAVENIR.FR – 23 JUILLET 2018

La dégradation des terres a atteint un stade critique

Par Sylvie Burnouf

La détérioration systémique des sols met en péril la sécurité alimentaire, le climat et la stabilité des sociétés, alertent une centaine d’experts de 45 pays.

C’est un signal d’alarme que lancent les experts de la biodiversité : l’activité humaine est à l’origine d’une détérioration massive – et lourde de conséquences – des terres à l’échelle planétaire. Les terres, ce sont les sols, mais aussi ce qui les recouvre : les forêts, les prairies ou encore les zones humides.

Leur constat découle d’un travail de longue haleine : pendant trois ans, une centaine d’experts de 45 pays ont décortiqué et analysé plus de 3.000 références sur la dégradation et la restauration des terres – des publications scientifiques, mais aussi des données provenant de sources gouvernementales et de savoirs indigènes et locaux. Leurs observations, qui constituent la première étude mondiale sur l’état des sols, ont été regroupées dans un rapport d’un millier de pages approuvé lors de la 6session plénière de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui s’est déroulée du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie).

La plate-forme, souvent qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemble actuellement 129 Etats membres. Elle a pour vocation d’éclairer les gouvernements et l’opinion publique sur les enjeux liés aux changements de la biodiversité, et réalise pour cela une synthèse régulière des connaissances scientifiques.

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Source : LEMONDE.FR – 26 mars 2018

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Le biodiesel d’huile de palme: un remède pire que le mal

Alors que les ministres européens de l’énergie doivent débattre ce jeudi 19 avril de l’avenir de la politique de soutien aux agrocarburants, Inter-Environnement Wallonie, CNCD-11.11.11, Oxfam et FIAN présentent un rapport sur l’utilisation de l’huile de palme dans les agrocarburants consommés en Belgique. Il en ressort un constat accablant : une des principales mesures politiques censée rendre notre mobilité durable s’avère particulièrement nuisible à l’environnement et au climat.

Absente de nos moteurs jusqu’il y a quelques années, l’huile de palme est aujourd’hui brulée dans la quasi-totalité des moteurs diesels du royaume. Transformée en biodiesel, elle est mélangée au diesel d’origine fossile vendu à la pompe, en vertu d’une loi obligeant les distributeurs de carburants à procéder à l’incorporation d’agrocarburants dans les carburants.

Pour le consommateur, le mélange est « invisible », rien n’ayant changé dans la manière de faire le plein. Peu de citoyens sont d’ailleurs conscients de partiellement rouler avec des agrocarburants tels que l’huile de palme, de soja ou de colza.

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