Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

Sur l’archipel arctique canadien en 2017. Photo: David Goldman. AP

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

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Gaz à effet de serre : 2017, l’année de tous les records

Par Nathalie Mayer

Dans son dernier « État du climat », l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA pose un diagnostic inquiétant. Les concentrations des principaux gaz à effet de serre dans notre atmosphère ont atteint des niveaux records en 2017.

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Source : Agence européenne de l’environnement

Depuis 1996, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) propose annuellement un « État du climat ». Pour 2017, ce rapport est basé sur les contributions de plus de 500 chercheurs répartis dans quelque 65 pays. Et ses conclusions sont alarmantes.

En 2017, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2) a atteint une moyenne de 405 parties par million (ppm), soit 2,2 ppm de plus par rapport à 2016. Selon l’analyse de bulles d’air piégées dans la glace, il s’agit de la plus forte concentration enregistrée depuis 800.000 ans. Les concentrations en méthane (CH4) et en protoxyde d’azote (N2O), deux importants gaz à effet de serre, ont également atteint des records : 6,9 parties par milliard de plus par rapport à 2016 pour le premier et 0,9 partie par milliard de plus pour le second.

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Un terrible « effet domino » menace de transformer notre planète en une étuve

Par Sciences et Avenir avec AFP

Même si l’humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d’étuve, selon une étude publiée lundi 6 août 2018.

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Image d’artiste de la Terre, pour moitié sans eau.
©MARK GARLICK / SCIENCE PHOTO LIBRA / MGA / SCIENCE PHOTO LIBRARY/AFP

C’est un scénario catastrophe. Mais un scénario plausible. D’ici quelques années, la température moyenne de la Terre pourrait se stabiliser à +4°C ou +5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, bien au-delà de l’objectif de l’accord de Paris sur le climat (+2°C maximum), révèle une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), publiée lundi 6 août 2018. Voici les grandes lignes de cette étude conduite par une équipe internationale de chercheurs.

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Impacts environnementaux de l’artificialisation des sols

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L’imperméabilisation des sols engendre de graves conséquences environnementales:

  • Elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation, comme en témoignent de nombreuses catastrophes naturelles exacerbées par l’absence de couvert végétal protecteur. Citons les inondations de 2016 et 2018 en France.
  • De plus, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments chargés de contaminants des sols vers les cours d’eau (engrais azotés ou phosphatés, hydrocarbures, métaux lourds, produits phytosanitaires).
    L’artificialisation des sols peut aussi provoquer un déstockage de carbone rapide et conséquent, qui contribue au changement climatique lorsque le sol n’est pas très vite couvert (végétation, revêtement).
  • Elle fragmente (découpe) les habitats naturels, les écosystèmes et les paysages, affectant fortement la biodiversité. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones d’extension périurbaine, où la construction de logements individuels de plus en plus éloignés des centres historiques urbains est extrêmement consommatrice en sols cultivés. Le mitage y est renforcé par la construction de réseaux de communication nécessaires aux trajets domicile-travail.
  • L’imperméabilisation des sols contribue fortement à l’îlot de chaleur urbain qui ne permet pas aux villes de se rafraîchir suffisamment la nuit.
  • Enfin, l’artificialisation des sols est une source de nuisances pour la population : plus on se situe en centre urbain où l’urbanisation est importante, plus les nuisances (bruit, pollution atmosphérique…) sont cumulées et concentrées.
    Or, l’imperméabilisation des sols est le plus souvent irréversible et particulièrement dommageable pour les sols à grande valeur agronomique : le potentiel de production alimentaire y est perdu à jamais. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne estime que quatre millions de tonnes de blé sont perdues chaque année du fait de l’artificialisation des sols.

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L’homme est un prédateur pour la planète

Par Marie Toussaint, Présidente de l’association « Notre affaire à tous »

La destruction de notre planète est une politique de prédation sociale : en détournant le regard face au réchauffement climatique, nos dirigeants s’enferment dans une attitude méprisante, coupable et dangereuse.

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La cheminée de 60m de l’usine Clarebout de Warneton. Au cours de l’été 2017, l’AWAC (Agence Wallonne de  l’Air et du Climat) autorisait CL Warneton à augmenter ses émissions de gaz à effet de serre (CO2) à dans l’atmosphère…  Photo : Laurie Herbaut (Nov. 2016)

La planète brûle littéralement, et nous regardons ailleurs. Un appel qui semble n’avoir jamais été aussi cuisant et actuel. Car face au jour le plus chaud jamais mesuré, aux milliers d’hospitalisations, aux dizaines de morts au cœur même de l’Europe, au cercle arctique qui prend feu, les Etats membres de l’Union européenne se gargarisent de pouvoir faire preuve de solidarité à travers une aide technique face aux incendies en Grèce ou en Suède. Une aberration, là où la véritable solidarité consisterait à lutter réellement et rapidement contre le réchauffement climatique, là où nul n’assume la responsabilité d’être à l’origine de ces catastrophes.

Car les catastrophes climatiques actuelles ont une cause : l’action humaine. Et à celles et ceux qui considèrent encore l’environnement comme une affaire de « bobos », nous répondons que la destruction de notre planète constitue une véritable politique de prédation sociale, peut-être même la plus grave – car irréparable.

Les violences infligées par la destruction environnementale sont graves. Nous pourrions passer de 3.000 décès annuels à 150.000 d’ici à 2050. Les températures n’ont jamais été aussi élevées, et Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC1, nous annonce des pointes à 45 °C en France dans la décennie qui vient.

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Les gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2017

« Le taux de croissance global du CO2 a presque été multiplié par quatre depuis le début des années 1960 », précise le rapport.

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Des usines au Chili, le 21 mars 2018. (CLAUDIO REYES / AFP)

Alerte aux gaz à effet de serre. Ces composants gazeux contribuant au réchauffement de la planète ont atteint des niveaux record partout dans le monde en 2017. Une année marquée par des températures anormalement élevées et une fonte des glaces sans précédent dans l’Arctique, selon le apport annuel publié par l’Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA) et la société américaine des météorologistes.

Ce rapport de 300 pages, compilé par plus de 450 scientifiques originaires d’une soixantaine de pays, emploie le mot « anormal » plus d’une douzaine de fois pour décrire des tempêtes, des sécheresses, les températures élevées ou encore la fonte record de la glace dans l’Arctique en 2017.

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Dégradation de l’air à Comines-Warneton entre 2010-2012 et 2012-2014, selon l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat (AWAC)

Un indicateur de qualité de l’air a été mis au point pour chaque commune wallonne. Cet outil fournit une information synthétique permettant de situer la qualité de l’air d’une commune par rapport à celle de l’ensemble de la Région.

Dans le graphique ci-dessous nous constatons que la qualité de l’air à Comines-Warneton s’est (sérieusement) dégradée au cours de ces dernières années….

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Source : Annexe E2 de l’étude d’incidences sur l’environnement du projet de plateforme bimodale au Pont Rouge à Warneton (B) – Pages 54 et 55

Quatre paramètres sont pris en compte dans le calcul de l’indicateur de qualité de l’air par commune, à savoir :

  • l’ozone (O3),
  • le dioxyde d’azote (NO2),
  • les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2.5 µm (PM2.5),
  • les particules dont le diamètre est compris entre 2.5 µm et 10 µm (PM10-2.5).

Les paramètres ci-dessus sont ceux qui permettent de mesurer la pollution de l’air par les gaz d’échappement des moteurs diesel… Ne pas oublier que les particules fines sont très nocives pour les voies respiratoires et cancérigènes. C’est scientifiquement prouvé.

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Numérique : le grand gâchis énergétique

Par Laure Cailloce

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Ordinateurs, data centers, réseaux… engloutissent près de 10 % de la consommation mondiale d’électricité. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. S’il n’est évidemment pas question de se passer des progrès apportés par le numérique, les scientifiques pointent un mode de fonctionnement peu optimisé et très énergivore.

Nous vivons dans un monde de plus en plus dématérialisé. Nous payons nos impôts en ligne, regardons nos séries préférées en streaming, stockons nos milliers de photos dans le cloud… Dématérialisé, vraiment ? « Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet (1 Mo) équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes, soit l’équivalent de 20 grammes de CO2 émis », rappelle Françoise Berthoud, informaticienne au Gricad et fondatrice en 2006 du groupement de services EcoInfo – pour une informatique plus respectueuse de l’environnement. Car les mots des nouvelles technologies sont trompeurs : ils évoquent l’immatériel comme le mot « virtuel », l’éthéré comme le mot « cloud », ou encore la pureté comme l’expression de « salle blanche ». Et nous font oublier un peu vite les millions d’ordinateurs et de smartphones, les milliers de data centers et de kilomètres de réseaux utilisés pour traiter et acheminer ces données. Et la quantité considérable d’énergie qu’ils engloutissent. « Le secteur des nouvelles technologies représente à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité, selon les estimations – soit près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre, assène Françoise Berthoud. Et la tendance est franchement à la hausse, à raison de 5 à 7 % d’augmentation tous les ans. »

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Réchauffement climatique : l’ONU appelle à agir avant qu’il ne soit trop tard

L’ONU a appelé lundi le monde à être plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique avant qu’il ne soit trop tard, au premier jour d’une réunion de quelque 200 pays signataires de l’accord de Paris.

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Il est urgent d’agir ! « Le laps de temps qui nous est imparti pour s’attaquer au changement climatique arrive bientôt à échéance », a déclaré à Bonn (Allemagne) la responsable climat de l’ONU, Patricia Espinosa. « Nous devons accroître radicalement nos ambitions » a-t-elle insisté lors d’une conférence de presse retransmise sur internet.

Une situation climatique critique

L’accord de Paris sur le climat de 2015 vise à contenir le réchauffement mondial sous les 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. Mais les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris jusqu’à présent par les États signataires conduiraient à un monde à +3°C.

« Une augmentation de cette ampleur serait extrêmement déstabilisante. Nous ne pouvons pas le permettre« , a souligné Mme Espinosa.

La session de négociations de Bonn, qui doit s’achever le 10 mai, est la première étape d’un année cruciale dans la lutte contre le dérèglement climatique, qui doit s’achever avec la 24e conférence climat de l’ONU (COP24) en Pologne en décembre. D’ici cette date, les signataires doivent notamment finaliser les règles d’applications de l’accord de Paris pour permettre sa mise en oeuvre en 2020. Face à l’urgence climatique, ils sont également encouragés à réviser à la hausse leurs engagements nationaux de réduction des émissions.

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La concentration de CO2 dans l’atmosphère vient de passer un cap jamais atteint depuis des millions d’années

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Mardi 17 avril, l’Observatoire de Mauna Loa a enregistré sa toute première lecture de dioxyde de carbone dépassant 410 parties par million (précisément 410,28 ppm). C’est la première fois qu’une telle concentration est atteinte dans l’atmosphère depuis des millions d’années. Ce qui signifie aussi que l’humanité est entrée dans une nouvelle atmosphère, qui piégera plus de chaleur et fera changer le climat à un rythme accéléré.

Le dioxyde de carbone était de 280 ppm lorsqu’on a commencé à enregistrer les niveaux à Mauna Loa, un observatoire à Hawaï, en 1958. En 2013, il a dépassé 400 ppm. Et en quatre ans plus tard, on est à 410.

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