Cessons de tourner autour du pot climatique!

Il faut de toute urgence radicaliser le combat pour le climat. À partir d’un réchauffement de 2°C, la Terre pourrait basculer dans un régime de  » planète étuve « . Un cataclysme inimaginable, avec une hausse des océans de 12 mètres au moins et une biodiversité effondrée. Si l’humanité survivait ce serait au prix de l’élimination des plus pauvres dans les pays pauvres, qui sont les moins responsables du changement climatique !

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Le réchauffement est beaucoup plus menaçant et rapide qu’on ne le pensait. La température a augmenté de 1.1°C par rapport au 18e siècle et les conséquences sont là : sécheresses, cyclones ultra-violents, inondations, fonte des glaces… Aucun doute n’est permis : la catastrophe est en marche. Il faut tout mettre en oeuvre pour maintenir le réchauffement au-dessous de 1,5°C, comme décidé à la COP21. 

Ce n’est pas ce qui est en train de se passer, loin de là. Les multinationales, la finance et les gouvernements à leur service ne l’entendent pas de cette oreille : « Tout mettre en oeuvre » mettrait en danger la croissance et les profits. Pour le moment, aucun des pays européen n’a même respecté ses engagements de la COP21. 

Deux camps politiques se dessinent. 

Le premier camp est celui de Trump et Bolsonaro qui jettent l’accord de Paris à la poubelle. Leur calcul est monstrueux : peu importe la catastrophe, les pauvres crèveront, les riches s’en sortiront toujours. Ce sont les chevaliers de l’Apocalypse climato-fasciste ! 

Le deuxième camp est celui des apprentis-sorciers. Macron, Merkel, Xi Jinping et Cie veulent « dépasser temporairement » les 1,5°C et refroidir le globe ensuite grâce aux « technologies à émissions négatives ». Ce serait risible si la situation n’était pas si grave : 1°) personne ne sait si ce refroidissement est possible ; 2°) cette idée encourage les « mauvais élèves » (comme la Belgique) à ne même pas respecter leurs engagements insuffisants ; 3°) pendant le « dépassement temporaire », des rétroactions irréversibles peuvent déboucher sur la « planète étuve ».

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Source : LEVIF.BE – 21 novembre 2018

Pour la première fois, un maire attaque l’Etat pour inaction climatique

Soutenu par l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, le maire EELV de Grande-Synthe (Nord) estime que la France n’agit pas assez pour lutter contre le réchauffement et que cela menace directement sa ville.

Des parkings verts pour alimenter les nappes phréatiques et lutter contre le goudronnage, des toitures végétalisées, 62 espèces d’oiseaux nicheurs et 250 espèces végétales protégées dans ce qui constitue la plus grande réserve naturelle de la région… même si sa ville est entourée de quinze sites industriels classés Seveso, Damien Carême, le maire de Grande-Synthe (Nord) tient dur comme fer au titre gagné en 2010 par sa commune : capitale française de la biodiversité.

Alors quand il comprend que les effets du réchauffement climatiquepeuvent anéantir tous ces efforts et qu’il juge les pouvoirs publics inefficaces pour protéger ses administrés, il voit rouge. Il a donc décidé ce mardi de déposer un recours contre l’Etat pour exiger que la France réduise drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre. Et c’est à l’emblématique avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Ecologie, qu’il a confié le soin de cette action en justice inédite de la part d’un élu local.

« La France se présente aux yeux du monde comme la championne du climat, mais se montre incapable de respecter le budget carbone qu’elle s’est elle-même fixé » souligne l’avocate. « Non seulement nos émissions de gaz à effet de serre sont en constante augmentation depuis 2015, mais elles pourraient le rester jusqu’en 2023 ce qui est inacceptable », écrit Corinne Lepage dans un argumentaire de 19 pages envoyé ce mardi au ministre de l’Ecologie François de Rugy. Si l’avocate ne reçoit aucune réponse à ce « recours gracieux » d’ici deux mois, elle saisira le juge administratif pour contraindre l’Etat à agir en urgence.

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Source : LE PARISIEN – 20 novembre 2018

Etiquettes CO2 : l’art de la désinformation

A partir du premier septembre 2018, toutes les voitures neuves mises sur le marché de l’Union européenne seront testées selon une nouvelle procédure. Les émissions officielles de CO2 seront dès lors plus proches de la réalité, donc plus élevées qu’avec l’ancienne procédure de test. Différents outils (fiscaux et d’information) doivent être adaptés en conséquence. C’est le cas des étiquettes CO2 (avec code couleur) apposées dans les points de vente. Le surréalisme belge a encore frappé (à moins que ce ne soit le lobby automobile ?) : des voitures nettement plus polluantes que la moyenne bénéficieront dorénavant d’un label vert !

Des étiquettes CO2 pour des choix éclairés

label-co2L’arrêté royal du 05 septembre 2001 transposant la directive 1999/94/CE [1] établit en son article 3 que : «Toute personne qui propose à la vente ou en crédit-bail des voitures particulières neuves veille à ce qu’une étiquette de consommation de carburant, conforme aux exigences de l’annexe I, soit apposée sur chaque modèle concerné de voiture particulière neuve dans le point de vente, d’une manière clairement visible.» L’annexe I impose un modèle d’étiquette comprenant notamment un code couleurs en sept catégories, allant du vert foncé (pour les voitures les moins émettrices de CO2) au rouge (pour les voitures les plus émettrices), le jaune correspondant au milieu de l’échelle. Deux échelles sont définies : l’une pour les véhicules à essence, l’autre pour les véhicules diesel.

Une flèche indiquant la position des émissions de CO2 du véhicule concerné sur cette échelle permet à la personne regardant l’étiquette de directement se faire une idée des performances du véhicule par rapport à la moyenne. C’est pourquoi la case jaune a, en 2001, été centrée sur les émissions moyennes de l’époque. Soit 175 g/km pour les véhicules à essence neufs vendus en 2000, la case jaune s’étendant de 160 à 190 g/km, comme il apparaît sur la figure 1. La même logique s’appliquait pour les véhicules diesel, avec une case jaune centrée sur 160 g/km et s’étendant de 145 à 175.

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Source : IEW.BE – 8 février 2018

 

Le Blue Petroleum BFS : du pétrole révolutionnaire à base de micro-algues et de CO2

Mise à jour : 25 novembre 2018

La société Bio Fuels Systems a développé un système basé sur la capture et la conversion accélérée du dioxyde de carbone en combustible. Autrement dit, à partir du CO2 lui-même, le système accélère le processus naturel de production de pétrole en passant de plusieurs millions d’années à quelques jours. Le pétrole obtenu est tout à fait similaire au pétrole fossile, le souffre et les métaux en moins. Ce serait en quelque sorte un pétrole propre.

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Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Par Marine Ernoult

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Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde.

Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.

Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?

L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.

A quoi servent-ils ?

Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du XXIe siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.

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Inquiétudes face au nouveau record de concentration de CO2 dans l’atmosphère

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ONU Changements climatiques Actualités, Bonn, 30 oct. – La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un nouveau record en 2016, niveau le plus élevé depuis 800.000 ans, avertit un nouveau rapport de l’ONU.

La concentration a atteint 403,3 parties par millions (ppm) en 2016 alors qu’elle était de 400 ppm en 2015, rapporte l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

« Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d’être trop élevées et il faut renverser la tendance (…) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique », a déclaré Erik Solheim, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

Publié une semaine avant que ne débutent les négociations sur le climat à Bonn (Allemagne), sous l’égide de l’ONU, le rapport démontre l’importance d’une réponse forte et urgente à l’échelle mondiale pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

« Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat », a averti le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Selon l’Accord de Paris, les pays sont convenus de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en deçà de 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle et si possible à 1,5 °C, afin d’éviter les effets les plus néfastes du changement climatique. Il convient de rappeler que la température moyenne mondiale a déjà augmenté d’environ 1°C depuis lors.

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Être tenu responsable de crimes perpétrés contre la nature. C’est la volonté de Valérie Cabanes, juriste en droit international.

Déforestation, acidification des océans, fonte des glaces, montée du niveau des océans, extinctions massives d’espèces animales, pollutions aussi diverses que destructrices, depuis l’avènement de l’ère industrielle, l’impact de nos activités sur l’environnement ne cesse de croître. Le développement récent de nos sociétés s’est fait sous un principe philosophique potentiellement problématique : l’homme doit dominer la Nature pour quitter l’état sauvage. Mais que faire aujourd’hui pour changer la donne ? Avons-nous des outils qui nous permettre de repenser notre relation à la Nature et plus globalement à la Terre sur laquelle nous vivons ? Pour Valérie Cabanes, juriste en Droit International spécialisée dans les Droits de l’Homme et le Droit humanitaire, le droit pourrait nous apporter une réponse.

Être tenu responsable de crimes perpétrés contre la nature. C’est la volonté de Valérie Cabanes, juriste en droit international.

« Depuis la 1ère ère industrielle, nous avons agi comme des prédateurs sur Terre ». Pour Valérie Cabanes, le constat est sans appel. Cette juriste en droit international veut que la justice pénalise les atteintes à l’environnement en reconnaissant le crime « d’écocide ».

Des dommages impunis

« Comment se fait-il que ceux qui induisent, financent, décident, effectivement, de toutes les technologies qui détruisent l’atmosphère, la biodiversité et la biosphère soient, aujourd’hui, dans une totale impunité et puissent continuer à faire ce qu’ils font ? », se demande Valérie Cabanes. Une question qui mérite, selon elle, que la justice nationale, européenne et internationale se penche dessus. En effet, la juriste estime que « ceux qui commettent ce crime, détruisent les conditions vitales pour tous ».

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Plus que deux ans avant une « menace existentielle » : l’appel catastrophé de l’ONU pour le climat… et les humains

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PLANETE – Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique sinon il affrontera des « conséquences désastreuses », a averti l’ONU, en appelant la société civile à réclamer « des comptes » aux dirigeants de la planète.

C’est un compte à rebours qu’il a lancé. Et qui sonne comme une annonce de fin du monde. Lundi, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique. « Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe« , dit-il. « Le changement climatique est la question déterminante de notre époque – et nous sommes à un moment décisif. Le changement climatique évolue plus vite que nous et sa rapidité a provoqué un séisme à travers le monde. »

Pour lui, c’est clair : « Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU dresse un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier« , dit-il. « Selon l’Organisation météorologique mondiale, au cours des deux dernières décennies, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées et cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude. Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

Trop de dirigeants ont refusé d’écouter
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Il estime encore que « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies« , mais que « beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. » Et selon lui, les résultats sont déjà visibles. « Dans certaines situations, ils ressemblent aux pires scénarios des scientifiques. »

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Source : LCI.FR – 21 septembre 2018

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On parle du changement climatique depuis plus de 30 ans. Pourquoi n’avons-nous rien fait ?

Par Andrew Revkin

Dans le temps qu’il a fallu pour justifier que le changement climatique est en grande partie lié à la pollution et l’activité humaine, la crise s’est profondément aggravée.

Il y a trente ans, l’impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une de plusieurs journaux.

Il a fallu un siècle d’accumulation de faits scientifiques et une évolution majeure dans la perception de l’enjeu environnemental pour que cela se produise. Svante Arrhenius, scientifique suédois pionnier qui, en 1896, estimait pour la première fois l’ampleur du réchauffement dû à la combustion généralisée du charbon, voyait en ce changement une aubaine, une évolution vers «des climats plus équitables qui favorisera les climats terrestres les plus froids.»

Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 dans le New York Times qui indiquait comment l’accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d’énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l’article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives : l’abondance des combustibles fossiles. «Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l’industrie aussi longtemps que cela sera rentable.»

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé à la fin de l’année 1988, après que divers facteurs ont mis en lumière l’effet de serre. Les grandes lignes d’une solution avaient été forgées un an plus tôt alors que les nations du monde entier se mettaient d’accord sur le Protocole de Montréal, qui fixait des mesures pour éliminer certains composés synthétiques mettant en péril la couche d’ozone.

Depuis, les détails ont changé, mais à bien des égards, les principaux problèmes demeurent à peu les mêmes que ceux que moi et d’autres journalistes pouvions déjà observer en 1988.

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Source : NATIONALGEOGRAPHIC.FR

Climat et effondrement : «Seule une insurrection des sociétés civiles peut nous permettre d’éviter le pire»

Par Yvan du Roy

Sommes-nous sous la menace d’un «effondrement» imminent, sous l’effet du réchauffement climatique et de la surexploitation des ressources ? Pour l’historien Christophe Bonneuil, la question n’est déjà plus là : des bouleversements sociaux, économiques et géopolitiques majeurs sont enclenchés et ne vont faire que s’accélérer. Il faut plutôt déplacer la question et produire une «pensée politique» de ce qui est en train de se passer : qui en seront les gagnants et les perdants ? Comment peser sur la nature de ces changements ? Migrations de masse, émergence d’un « capitalisme écofasciste », risque de conflits pour les ressources : malgré un constat brutal sur le monde qui se dessine, l’historien appelle à éviter le piège d’un «romantisme» de l’effondrement. «Une autre fin du monde est possible», affirme-t-il. Il revient aux sociétés civiles d’écrire le scénario final. Entretien.

Basta ! : Comment la situation climatique a-t-elle évolué depuis la signature des accords de Paris – dans le cadre de la Cop 21 -, à la fin de l’année 2015 ?

Christophe Bonneuil [1] : Les émission de gaz à effet de serre continuent d’augmenter partout, y compris en France. Au regard de la trajectoire des émissions mondiales, si nous continuons sans changer, nous prenons la direction d’une augmentation globale des températures d’au moins +3°C, bien avant la fin du siècle. Nous voyons là les limites du caractère facultatif de l’accord signé lors de la Conférence sur le climat de Paris, la COP 21, il y a trois ans. L’accord de Paris ressemble dangereusement aux accords de Munich en 1938 qui, croyant éviter une guerre mondiale, l’ont précipitée. Cet été, la concentration en CO2 de l’atmosphère a dépassé les 411 ppm (partie pour millions), un niveau inégalé depuis 800.000 ans à 4 millions d’années. Il faut être encore plus bête qu’un «munichois» pour croire que cela ne va pas avoir des conséquences d’ampleur géologique, ni provoquer des désastres humains et des bouleversements géopolitiques majeurs.

Quels sont les indicateurs et voyants qui montrent qu’un seuil fatidique, qui ouvrirait la voie à une «Terre étuve», pourrait être franchi dans les décennies à venir ?

Depuis l’ère quaternaire, la Terre oscille environ tous les 100.000 ans entre un état glaciaire et un état interglaciaire, entre deux périodes de glaciation. Ce qui nous menace c’est une sortie des limites de cette oscillation. La probabilité d’un scénario où la Terre basculerait vers un état d’étuve a été accrédité par un article paru en juillet dans la revue de l’Académie des sciences américaines [2]. En Inde, les projections des températures dans dix ou quinze ans montrent que certaines régions connaîtront des pics à plus de 50°C [3], ce qui pourrait arriver en France aussi à la fin du siècle [4]. Les corps ne pourront le supporter, des régions deviendront invivables, et les plus pauvres seront les plus touchés.

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Source : BASTAMAG.NET – 16 octobre 2018

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Notes :

[1] Historien, directeur de recherche au CNRS, co-auteur de L’événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous (Seuil, « Points Histoire », 2016) et directeur de la collection « Anthropocène » aux Ed. du Seuil.

[2] Voir cet article : Trajectories of the Earth System in the Anthropocene (en anglais).

[3] Deadly heat waves could hit South Asia this century (en anglais).
[4] Lire cet article du Monde.