Enquête : quand la PAC finance la pollution

Où va l’argent de la Politique agricole commune (PAC) ? C’est à cette question que nous avons voulu répondre en commandant une enquête à Mark Lee Hunter, journaliste d’investigation, afin de déterminer si les exploitations agricoles qui polluent le plus recevaient des subventions européennes de la PAC. Mettons tout de suite fin au suspense : la réponse est oui.

Intensive Livestock Farming in France

Les pollutions environnementales sont très mal surveillées

Afin d’arriver à cette conclusion, deux jeux de données ont été croisés : la liste des bénéficiaires des aides PAC et les montants alloués, et la liste qui répertorie les émissions d’ammoniac par ferme (c’est la seule pollution qui soit suivie à l’échelle des exploitations). Nous avons ainsi effectué un classement des exploitations qui polluent le plus alors qu’elles reçoivent beaucoup de subventions. L’ammoniac est un composé chimique dont l’odeur âcre est caractéristique et il provient principalement des activités agricoles. Il peut impacter sévèrement la santé humaine et la vie sauvage lorsqu’il est relâché dans l’environnement.

Sauf que nous nous sommes vite rendus compte que ce système de suivi des émissions d’ammoniac était loin d’être sérieux et suffisant. A peine 3% des émissions d’ammoniac liées à l’élevage sont répertoriées dans cette base de données, alors que l’élevage représente 64% des émissions d’ammoniac en France. Par ailleurs, il existe 31 000 fermes porcines et/ou avicoles en France, seules 727 d’entre elles figurent dans la base de données ! Sans compter que les fermes bovines n’y figurent même pas alors qu’elles sont de grosses contributrices.

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Quels sont les intérêts des haies ?

Les haies sont des structures linéaires et arborées, associant des essences variées d’arbustes, de buissons, de cépées, d’arbres morts et d’arbres de haut jet qui se développent sur un tapis herbacé.

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Photo : Sillon belge

Extrait du livre « Les arbres entre visible et invisible » de Zürcher Ernst

(…) En ce qui concerne le microclimat, un système de haies peut réduire la force du vent jusqu’à 40% des valeurs en terrain ouvert. Il en résulte une baisse de l’évaporation au sol, une formation de rosée accrue, une légère augmentation de la température du sol, associée à une humidité plus élevée. Ces effets positifs pour le rendement agricole se font sentir jusqu’à une distance estimée à 30 fois la hauteur de la haie.

A ces effets s’ajoutent diverses fonctions écologiques : par exemple, du fait qu’elle hébergent une riche entomofaune naturelle (insectes) et ses prédateurs (oiseaux, mammifères, batraciens, autres insectes), elles constituent un élément essentiel de la protection biologique des cultures avoisinantes contre les parasites.

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Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques

Par un collectif, de chercheurs et de médecins

Dans une tribune publiée en exclusivité, des chercheurs appellent à suspendre l’utilisation de ces produits utilisés dans l’agriculture tant qu’une estimation des dangers pour la santé n’aura pas été réalisée par des organismes publics et indépendants des industriels.

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Nous sommes un collectif de chercheurs, cancérologues, médecins, et toxicologues, du CNRS, de l’Inserm, de l’Université, et de l’Inra. Au moment où se multiplient les communications alarmantes sur l’effondrement de la biodiversité en France, en Europe et dans le monde, il nous paraît urgent d’attirer l’attention sur les risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement de l’usage d’une classe de pesticides, les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase), désormais utilisés à grande échelle comme antifongiques en agriculture. Ces fongicides visent à détruire les champignons, moisissures qui se développent sur les végétaux dans les cultures, les produits de récolte et les fruits. En France ce sont de l’ordre de 70 % des surfaces de blé tendre et près de 80 % de celles d’orge d’hiver qui sont traitées par les SDHI (données de 2014). S’y ajoute le traitement des semences, des fruits (raisins et des agrumes), mais aussi des pelouses, notamment celles des terrains de golf.

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Liaisons troubles entre recherche publique et agrochimie

Par Stéphane Foucart

Deux études françaises sur le déclin des oiseaux ont été partiellement financées et coordonnées par les fabricants de produits phytosanitaires BASF et Bayer. Les effets des pesticides auraient été minimisés.

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En Champagne, en 2012. Photo : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Influence discrète de financements privés sur une recherche publique ? A deux reprises, des travaux de chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), portant sur les effets des pesticides sur la bio­diversité, ont été partiellement financés par les sociétés agrochimiques Bayer et/ou BASF. Or les choix scientifiques opérés dans le cadre de ce partenariat ont potentiellement conduit à minimiser les effets négatifs de produits phytosanitaires sur les oiseaux, par rapport à d’autres variables comme l’habitat et la structure du paysage.

La question est brûlante. Elle est revenue dans l’actualité, fin mars, avec l’annonce conjointe du MNHN et du CNRS des derniers chiffres de deux réseaux d’observation : environ 30 % des oiseaux des campagnes françaises ont disparu en quinze ans, du fait de l’intensification des pratiques agricoles. Pesticides, agrandissement des parcelles et disparition des haies, fin de la politique de jachères… les causes de cet effondrement, décrit par les chercheurs comme « proche de la catastrophe écologique », sont multiples, mais la conversation publique s’est vite orientée sur la question des pesticides.

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La dégradation des sols oblige les humains à migrer

Une étude mondiale sur la dégradation des sols révèle que ce phénomène s’aggrave et oblige les humains à migrer.

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Epandage de lisier dans un champ en Allemagne. 
Photo : PATRICK PLEUL / ZB / DPA

« La dégradation des sols n’est pas un problème isolé : elle affecte de multiples régions et de nombreux habitants du monde. Elle altère la production de nourriture, la qualité de l’eau (…) et lorsque la terre se dégrade, souvent les gens migrent », a déclaré à l’AFP le scientifique Robert Watson, à la veille de la révélation de cette vaste enquête. Ce rapport a été réalisé par une centaine de chercheurs bénévoles de 45 pays pour le compte de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

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Ce gourou indien est parvenu à assainir les cours d’eau les plus pollués du monde

Grâce à une campagne menée dans toute l’Inde, le yogi Sadhguru a sensibilisé le pays aux menaces qui pèsent sur le Gange et ses affluents.

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Des enfants Indiens jouent sur une partie asséchée de la rivière Varuna, un affluent du Gange. (Photo : RITESH SHUKLA, NURPHOTO/GETTY)

Il y a six mois, un homme s’est lancé dans un périple de plus de 9.000 km. Son objectif : sensibiliser le grand public à la situation des cours d’eau en Inde, bien mal en point.

Les médias s’intéressent à ce sujet depuis quelques temps maintenant. Le Gange, l’un des fleuves les plus sacrés au monde, est aussi connu pour être le plus sale. Plus de la moitié des cours d’eau du pays sont pollués par les déchets, les eaux usagées non traitées. Des cadavres y ont même été retrouvés. Une crise de l’eau et de l’assainissement était donc inévitable.

Des organisations ont alors décidé de prendre les choses en main. C’est le cas de la Isha Foundation, fondée en 1992 par Jaggi Vasudev, un célèbre yogi connu sous le nom de Sadhguru. En 2017, alors ce dernier voulait attirer l’attention sur l’état terrible des fleuves les plus pollués de l’Inde, il décide de mener une campagne nationale prônant la revitalisation des cours d’eau du pays.

Pendant sa mission d’un mois, le Rally for Rivers, Sadhguru a traversé 16 États, a tenu plus de 146 conférences dans tout le pays, suscitant l’intérêt des citoyens. Il a réussi à obtenir le soutien des gouvernements locaux et nationaux, des médias, de célébrités et d’entreprises, rassemblant 160 millions d’individus pour que leurs inquiétudes concernant la survie des fleuves du pays soient entendues.

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Source : NATIONALGEOGRAPHIC.FR – 21 mars 2018

Abeilles : les pesticides ne seront plus recherchés en cas de mortalités aigües et massives

Par Anne-Françoise Roger

Les apiculteurs critiquaient le gouvernement français pour les lacunes dans sa surveillance des mortalités d’abeilles aigües et massives. Saisie de l’affaire, l’Agence française de sécurité sanitaire (ANSES) a confirmé les critiques. Mais au lieu d’améliorer ses investigations, le gouvernement a l’intention ne plus rechercher systématiquement les résidus de pesticides dans ces cas-là. Une manière de les rendre invisibles ?

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 » Les indicateurs sont au rouge : 30% de mortalités annuelles des ruches, disparition de 80% de la biomasse volante en 25 ans… Et malgré cela, le ministère de l’agriculture persiste dans son refus de regarder l’impact des pesticides sur les ruches  » se désole Gilles Lanio, Président de l’UNAF, alors que le ministère vient d’annoncer vouloir revoir la méthode de surveillance des mortalités d’abeilles, mais sans prendre en compte la présence de résidus de pesticides.

Les apiculteurs avaient la désagréable impression que les gouvernements successifs cherchaient à incriminer leurs pratiques et les maladies des abeilles pour expliquer les mortalités massives et aigues constatées en France depuis l’apparition des néonicotinoïdes dans les années 1990.

C’est désormais plus qu’une impression. Un bilan officiel publié il y a un an estime que les maladies des abeilles sont la première cause de mortalité et les mauvaises pratiques des apiculteurs la seconde. Les pesticides sont quasiment hors de cause.
Comment une telle conclusion est-elle possible ? L’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) s’est penchée sur le sujet et a observé que les mortalités d’abeilles sont sous-déclarées dans certaines régions, que les recherches de pesticides ne sont pas toujours réalisées et que des  » biais statistiques  » dans le bilan donne une importance exagérée aux maladies.

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Füdo, l’appli belge qui relie agriculteurs locaux et consomm’acteurs !

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Et si internet permettait aux agriculteurs de se passer des intermédiaires ? C’est le pari de Rémy Bouckaert, jeune étudiant en marketing à Bruxelles et à l’origine de la plateforme Füdo. Grâce à un site qu’il espère lancer d’ici la fin de l’été, il veut convaincre agriculteurs et particuliers belges de vendre leurs produits en ligne en passant par un intermédiaire unique. En leur permettant de fixer eux-mêmes les prix, il souhaite leur offrir l’opportunité de gagner en indépendance, tout en encourageant la production locale, les circuits courts et la réduction du gaspillage alimentaire.

Füdo ? C’est une « plateforme d’achat et de vente de produits de fermes locales et de surplus de production de potagers de particuliers », explique Rémy Bouckaert, à l’origine du projet. Si le jeune homme revendique un attachement aux questions environnementales et sociales, il confie surtout avoir été inspiré par le film « Demain » de Cyril Dion qui « lui a remis les idées en place ». Décidé de « changer les choses avec ses moyens », il s’est lancé dans la concrétisation de Füdo après avoir présenté le projet au sein de son école.

Une plateforme de mise en relation entre producteurs et consommateurs

Le principe de Füdo est relativement simple. Agriculteurs locaux et citoyens peuvent proposer des produits frais à la vente sur le site : ils fixent les prix librement et « recevront la rémunération demandée », explique Rémy Bouckaert. Les visiteurs, pour leur part, découvrent les différentes annonces à proximité de chez eux et peuvent ainsi s’approvisionner facilement en produits frais et locaux, sans nourrir la grande distribution ou une quelconque multinationale. À Bruxelles, les fruits et légumes vendus par les particuliers seront même livrés à vélo.

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Océan de plastique

Le plastique – à la fois une invention géniale et un fléau pour la planète. Plus de 300 millions de tonnes seront produites cette année. La majorité n’est jamais recyclée et reste sur notre planète pour toujours. Notre récit montre les dégâts causés à tous les êtres vivants qui dépendent de l’océan, des oiseaux… aux humains.

Bali: Un plongeur se filme au milieu d’un océan de déchets plastiques

POUBELLE – L’Indonésie est le deuxième producteur mondial de déchets marins, après la Chine…

Le 3 mars dernier, un plongeur britannique investit les eaux turquoises de Nusa Penida, une île au large de Bali. Et là, ce ne sont pas les coraux qui retiennent son attention mais les centaines de déchets qui flottent tout autour de lui. Rich Horner a publié sa vidéo sur YouTube, dans laquelle on peut voir cet impressionnant océan de déchets.

Dans un post Facebook, le plongeur commente cette découverte. « Les courants océaniques nous ont apporté le joli cadeau d’une nappe de méduses, de plancton, de feuilles, de branches, de bâtons, etc. Oh, et un peu de plastique », déplore-t-il. « Des sacs en plastique, des bouteilles en plastique, des gobelets en plastique… du plastique, du plastique, tellement de plastique ! » Le lendemain, les déchets avaient disparu, emportés par le courant, indique Rick Horner.

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Dès le 6 mars, des comprimés d’iode seront disponibles pour tous les Belges en pharmacie

Par Pauline Gilles

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Photo : iStock

La distribution à l’échelle nationale de boîtes de comprimés d’iode, pour se protéger en cas d’incident nucléaire, se concrétise. À partir du 6 mars, il sera possible pour les Belges habitant dans n’importe quelle commune de recevoir gratuitement une boîte de gélules.

Depuis plusieurs années, des plaquettes d’iode sont distribuées préventivement aux Belges habitant dans un rayon de 20 kilomètres autour d’une centrale nucléaire (Tihange ou Doel).

En avril 2016, la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) avait annoncé que le rayon de distribution serait étendu à 100 kilomètres, dans le cadre d’une remise à jour du plan d’urgence nucléaire de la Belgique. Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) était revenu à la charge en janvier 2017, programmant la grande distribution pour l’été. Mais depuis, le projet semblait être resté lettre morte, en tout cas jusqu’à aujourd’hui.

En effet, la grande opération de distribution des plaquettes d’iode débutera le 6 mars, dans une semaine exactement, annonce ce mardi La Capitale. Toutes les pharmacies du pays ont été (ou vont être) averties au moyen de directives très précises émanant du SPF Intérieur. En tout, 4,57 millions de boîtes contenant chacune dix capsules d’iode sont en cours d’acheminement vers les officines.

Dans toutes les communes

Concrètement, dès mardi prochain, il sera possible de vous en procurer dans n’importe quelle pharmacie, peu importe la distance à laquelle vous habitez des centrales nucléaires. Vous aurez simplement besoin de votre carte d’identité, et elles vous seront délivrées gratuitement. En même temps, vous recevrez une brochure contenant toutes les informations utiles, telles que des explications sur ce qu’est un accident nucléaire.

Lors d’une catastrophe nucléaire, un nuage radioactif se propage, laissant des particules radioactives se déposer un peu partout: dans le corps humain, mais aussi dans l’environnement. Or, ces particules nocives attaquent la thyroïde et causent à terme des cancers et d’autres maladies. Les comprimés d’iodure de potassium ont comme action de bloquer l’absorption des iodes radioactives par la thyroïde. Une fois la pilule ingérée, la thyroïde absorbe l’iode contenue à l’intérieur jusqu’à être saturée, et donc elle ne peut plus absorber le mauvais iode radioactif.

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Source : FR.EXPRESS.LIVE – 27 février 2018

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