Un terrible « effet domino » menace de transformer notre planète en une étuve

Par Sciences et Avenir avec AFP

Même si l’humanité réduit les émissions de gaz à effet de serre la planète elle-même pourrait perturber les efforts des hommes et basculer dans un état durable d’étuve, selon une étude publiée lundi 6 août 2018.

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Image d’artiste de la Terre, pour moitié sans eau.
©MARK GARLICK / SCIENCE PHOTO LIBRA / MGA / SCIENCE PHOTO LIBRARY/AFP

C’est un scénario catastrophe. Mais un scénario plausible. D’ici quelques années, la température moyenne de la Terre pourrait se stabiliser à +4°C ou +5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, bien au-delà de l’objectif de l’accord de Paris sur le climat (+2°C maximum), révèle une étude de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), publiée lundi 6 août 2018. Voici les grandes lignes de cette étude conduite par une équipe internationale de chercheurs.

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L’homme est un prédateur pour la planète

Par Marie Toussaint, Présidente de l’association « Notre affaire à tous »

La destruction de notre planète est une politique de prédation sociale : en détournant le regard face au réchauffement climatique, nos dirigeants s’enferment dans une attitude méprisante, coupable et dangereuse.

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La cheminée de 60m de l’usine Clarebout de Warneton. Au cours de l’été 2017, l’AWAC (Agence Wallonne de  l’Air et du Climat) autorisait CL Warneton à augmenter ses émissions de gaz à effet de serre (CO2) à dans l’atmosphère…  Photo : Laurie Herbaut (Nov. 2016)

La planète brûle littéralement, et nous regardons ailleurs. Un appel qui semble n’avoir jamais été aussi cuisant et actuel. Car face au jour le plus chaud jamais mesuré, aux milliers d’hospitalisations, aux dizaines de morts au cœur même de l’Europe, au cercle arctique qui prend feu, les Etats membres de l’Union européenne se gargarisent de pouvoir faire preuve de solidarité à travers une aide technique face aux incendies en Grèce ou en Suède. Une aberration, là où la véritable solidarité consisterait à lutter réellement et rapidement contre le réchauffement climatique, là où nul n’assume la responsabilité d’être à l’origine de ces catastrophes.

Car les catastrophes climatiques actuelles ont une cause : l’action humaine. Et à celles et ceux qui considèrent encore l’environnement comme une affaire de « bobos », nous répondons que la destruction de notre planète constitue une véritable politique de prédation sociale, peut-être même la plus grave – car irréparable.

Les violences infligées par la destruction environnementale sont graves. Nous pourrions passer de 3.000 décès annuels à 150.000 d’ici à 2050. Les températures n’ont jamais été aussi élevées, et Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du GIEC1, nous annonce des pointes à 45 °C en France dans la décennie qui vient.

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Frah (Shaka Ponk) : « Les gens ne savent pas comment faire pour moins polluer »

Par Marine Rolland

Entretien déplastifié avec le chanteur du groupe

Entouré d’un collectif de 32 personnalités (dont Aymeric Caron, Audrey Pulvar, Christophe Willem ou Maxime Le Forestier), le groupe de rock Shaka Ponk a lancé une initiative pour «réduire notre empreinte écologique» à l’aide de «22 gestes qui, si tout le monde s’y mettait, sauveraient l’homme et la planète». Entretien avec Frah, le chanteur du groupe.

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Marine Rolland. Comment est née l’initiative « The Freaks » ?

Frah. Je te fais la petite histoire. On était étroitement en relation avec la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) depuis quelques années déjà. Ils avaient sollicité Shaka Ponk et plein d’artistes pour aider My Positive Impact, une de leurs associations en quête de solutions pour lutter contre la pollution. Il fallait voter pour les trois meilleures et diffuser l’info sur les réseaux. On trouvait ça cool mais on voulait faire plus. Alors, pendant la tournée des Zénith de 2014, on s’arrêtait au milieu du concert pour passer le message. On se rendait bien compte que les personnes étaient ultra réceptives mais à la fin du speech tout le monde jetait son gobelet en plastique en l’air pour célébrer… Et il fallait ramasser 7500 gobelets à la fin du show. C’est un vrai paradoxe… Aujourd’hui encore, on sent que les gens comprennent la situation mais n’ont aucune notion de comment faire pour moins polluer. Ils ne savent pas par où commencer. Le but de « The Freaks » est de fournir cette base, avec une liste de gestes simples pour réduire notre empreinte environnementale.

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Jour du dépassement : le 1er août, l’humanité aura épuisé les ressources annuelles de la Terre

Photo : Shutterstock

Le Jour du dépassement mondial tombera cette année le 1er août 2018. Calculé par l’ONG Global Footprint Network, il désigne la date à laquelle la population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire en un an.
Le 1er août prochain, selon Global Footprint Network, la population humaine aura consommé depuis le début de l’année autant de ressources naturelles, c’est-à-dire en eau, en terres ou en forêts, que la Terre peut renouveler en un an. Cette étude, menée chaque année par l’organisme, tient compte de plusieurs empreintes écologiques liées à l’Homme, comme ses besoins en terres et en pâturages, l’ensemble des zones de pêches utilisées et la déforestation. À cela s’ajoutent les zones biologiquement productives remplacées par des infrastructures, ainsi que la quantité d’émissions de dioxyde de carbone, supérieure à la capacité d’absorption des océans et des arbres.

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Vers un changement de paradigme – De l’inéquité du monde moderne à un bien-être pour tous

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« L’humain et la Nature sont indissociables. Changeons de paradigme en acceptant la performance de la simplicité, alors que nous sommes dans un monde de complexité », prône Pierre Rabhi, cofondateur et président d’honneur du mouvement Colibris. (Photo © P. Lazic)

La FAO estime qu’un milliard d’êtres humains sont privés d’eau potable et souffrent de sous-nutrition chronique, et que trois autres milliards souffrent de malnutrition malgré des ressources encore abondantes sur la planète. Pour répondre à cet enjeu, l’agriculture moderne s’était donnée comme mission de résoudre le problème de l’alimentation mondiale : non seulement elle a échoué mais elle l’a aggravé: l’agriculture occidentale, intensive et subventionnée crée des concurrences insoutenables pour les pays en développement, entraînant misères, indigence et dépendances. Les besoins vitaux de nombreuses populations de sont plus assurés. Les conséquences sur l’environnement ne sont plus à démontrer. Les difficultés d’accès à l’eau potable et à certaines ressources naturelles pourraient faire naître de nouveaux conflits armés. La situation est d’une gravité sans précédent.

L’inéquité du monde moderne

Prédateur majeur parmi toutes les êtres vivants, victime et bourreau de sa propre espèce, l’être humain moderne outrepasse plus que jamais ses besoins légitimes de s’alimenter, se vêtir, s’abriter et soigner ses maux. Il attend de la nature qu’elle assouvisse inexorablement ses superflus auxquels il ne sait plus donner de limite. Les cités urbaines dévorent le vivant sans l’entretenir ni le renouveler. Elles sont comme de gigantesques estomacs engloutissant des masses considérables de nourriture et générant des montagnes de déchets et de matière morte. L’insatisfaction accompagne sa dévorante aventure faite d’insécurité et d’angoisse.
Gaspillage éhonté d’un côté, famines de l’autre. L’injustice est à son comble. Pourant, la nature, selon les experts, pourrait nourrir 12 milliards de personnes sans pour autant ponctionner dans les réserves naturelles.

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Le temps est compté. L’UE doit agir contre la déforestation ! (Pétition)

Saviez-vous que nos habitudes de consommation contribuent à une déforestation massive ? La production de bœuf, de soja, d’huile de palme et de cacao représente 70% de la déforestation mondiale ! Grande importatrice de ces produits, l’UE s’est engagée à arrêter la déforestation d’ici 2020. Elle n’a plus que 20 mois pour agir !

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Déforestation au profit de plantations de soja dans la région du Chaco, Amérique du Sud (© Jim Wickens / Ecostorm & MPD01605 / Flickr – Collage Rainforest Rescue – CC BY-SA 2.0)

La production de ces ingrédients cause une déforestation mondiale massive, détruisant les forêts en Indonésie, Côte d’Ivoire, Argentine, Brésil et dans de nombreux autres pays boisés. L’expansion des plantations et des fermes est à l’origine d’expulsions, de violence, d’intimidation, de travail forcé, de massacre de communautés locales et d’assassinat d’activistes.

L’UE est le deuxième importateur mondial de produits agricoles résultant de la déforestation. La planète a perdu une surface boisée de la taille du Portugal entre 1990 et 2005 à cause de la consommation en UE de produits cultivés sur des terres déboisées, en grande partie de manière illégale.

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Hubert Reeves veut faire battre le « coeur » des hommes pour sauver la Terre

« De plus en plus, les gens sont au courant du problème qui se pose de garder la planète habitable (…) mais l’important c’est que ça passe du cerveau au cœur: si on veut mobiliser les gens, il faut qu’ils se sentent impliqués affectivement« , estime l’astrophysicien franco-canadien lors d’un entretien avec l’AFP.

« L’écologie, ce n’est pas un grand problème, mais des millions de petits problèmes« , parfois quotidiens, alors il faut que les gens aient « envie de les aborder, et ça veut dire que ça vient du cœur« , insiste-t-il à quelques jours de la sortie en France d’un documentaire bâti autour de son engagement envers la biodiversité.

Rivières, forêts tropicales, banquises, ours polaires et caribous du Grand nord canadien: « La Terre vue du coeur » (sortie en salles le 23 mai) rend « hommage » à la splendeur de la nature pour « motiver à passer à l’action« , explique sa réalisatrice Iolande Cadrin-Rossignol.

Il faut « agir par amour« , résume celle qui a choisi pour incarner ce message le scientifique de 85 ans, qui décrit d’abord une situation bien sombre.

« Nous sommes responsables »

« La phase de destruction se poursuit. On coupe la forêt, on vide les océans de leurs poissons, ça se poursuit, il faut être réaliste, il faut bien voir que la sixième extinction (des espèces) est réelle« , lance le président d’honneur de l’Agence française pour la biodiversité et de l’ONG Humanité et Biodiversité.

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Jour du dépassement: La France vivra écologiquement à crédit à partir de ce samedi

EMPREINTE ECOLOGIQUE – Le think tank1 Global Footprint Network a fait le calcul : si le monde vivait comme les Français alors ce samedi 5 mai, nous aurions déjà consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an…

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Les deux tiers de l’empreinte écologique d’un Français provient de son alimentation, des dépenses d’énergie de son logement et de ses déplacements (Photo illustration). – GUILLAUME SOUVANT / AFP

  • Chaque année, Global Footprint Network calcule le jour du dépassement mondial date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an. L’an dernier, c’était le 2 août.
  • Mais le think tank décline aussi l’opération pour plus de 200 pays et territoires. Et pour la France, ce jour du dépassement tombe ce samedi 5 mais, soit trois mois avant le jour mondial planétaire.
  • Non seulement la France fait chuter la moyenne, mais depuis 2015, son empreinte écologique est repartie à la hausse en raison notamment de la baisse du prix du pétrole qui dope la consommation de carburant.

Ce samedi, la France entrera en déficit écologique. Dit autrement, si le monde entier vivait comme les Français, alors ce samedi 5 mai, nous aurions déjà consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an. C’est bien simple, il faudrait 2,9 terres2 si toute l’humanité vivait comme les Français. Et si on s’intéresse strictement au territoire français, nous demandons 1,8 fois plus à la nature que ce que les écosystèmes de nos zones terrestres et marines sont en mesure de nous fournir.

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Océan de plastique

Le plastique – à la fois une invention géniale et un fléau pour la planète. Plus de 300 millions de tonnes seront produites cette année. La majorité n’est jamais recyclée et reste sur notre planète pour toujours. Notre récit montre les dégâts causés à tous les êtres vivants qui dépendent de l’océan, des oiseaux… aux humains.

Bali: Un plongeur se filme au milieu d’un océan de déchets plastiques

POUBELLE – L’Indonésie est le deuxième producteur mondial de déchets marins, après la Chine…

Le 3 mars dernier, un plongeur britannique investit les eaux turquoises de Nusa Penida, une île au large de Bali. Et là, ce ne sont pas les coraux qui retiennent son attention mais les centaines de déchets qui flottent tout autour de lui. Rich Horner a publié sa vidéo sur YouTube, dans laquelle on peut voir cet impressionnant océan de déchets.

Dans un post Facebook, le plongeur commente cette découverte. « Les courants océaniques nous ont apporté le joli cadeau d’une nappe de méduses, de plancton, de feuilles, de branches, de bâtons, etc. Oh, et un peu de plastique », déplore-t-il. « Des sacs en plastique, des bouteilles en plastique, des gobelets en plastique… du plastique, du plastique, tellement de plastique ! » Le lendemain, les déchets avaient disparu, emportés par le courant, indique Rick Horner.

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Biodiversité : l’extinction d’une espèce peut en provoquer une autre

Par Marie-Céline Ray

Par un effet domino, l’extinction d’une espèce peut en entraîner d’autres. Des chercheurs montrent qu’il y a plus de risque d’extinctions en cascade lorsqu’aucune espèce ne vient boucher le trou laissé par la disparition d’une autre.

Les activités humaines continuent de causer la disparition d’espèces, au point de provoquer la sixième extinction de masse de l’histoire de la planète. Or, cette perte de biodiversité pourrait avoir des conséquences dramatiques. Des chercheurs de l’université d’Exeter (Royaume-Uni) ont réalisé des prédictions en travaillant sur des communautés de plantes et d’insectes, notamment la guêpe parasitoïde Aphidius megourae. S’ils retiraient une espèce de guêpes de l’écosystème, d’autres espèces indirectement liées pouvaient disparaître.

Pour Dirk Sanders, de l’université d’Exeter, « les interactions entre les espèces sont importantes pour la stabilité de l’écosystème ». Il ajoute : « Et parce que les espèces sont interconnectées par de multiples interactions, un impact sur une espèce peut également affecter les autres ». Tout dépend de l’importance du réseau de la chaîne alimentaire dans laquelle se trouve l’espèce qui disparaît.

Source : FUTURA-SCIENCES.COM – 21 février 2018