Climat: la frilosité belge met de l’eau dans le gaz du Benelux

Par Michel De Muelenaere

La Belgique a fait savoir qu’elle ne pourrait pas souscrire à une proposition de déclaration politique à propos de la lutte contre les changements climatiques.

« Aujourd’hui, j’aurais préféré être Luxembourgeois ou Néerlandais« . Ce fonctionnaire belge s’exprimant anonymement, lundi après-midi, résumait les sentiments de plusieurs dizaines de participants à une réunion commune du Benelux. Au centre de la rencontre : la manière dont les acteurs de ce vaste dossier (entreprises, syndicats, ONG, administrations…) des trois pays peuvent coopérer pour améliorer la lutte contre les changements climatiques. Il y avait là de l’enthousiasme, des idées, de la volonté et un évident sens de l’urgence. « La question n’est seulement d’améliorer nos efforts, mais aussi de les accélérer« , soulignait Hans Bruyninckx, le patron de l’Agence européenne pour l’Environnement.

Peu d’ambition

Parallèlement à cet exercice de rapprochement des sociétés civiles, un autre débat, politique, se jouait en coulisse. L’enjeu : tricoter une déclaration ministérielle commune positionnant le trio du Benelux parmi les pays les plus ambitieux sur le climat. On sait que les engagements climatiques, notamment de l’Union européenne, sont insuffisants pour atteindre l’objectif de l’accord de Paris : maintenir l’élévation de la température bien en dessous de 2ºC. Il faut donc relever le niveau de l’ambition. En Europe, certains veulent l’annoncer dès cette année. D’autres veulent attendre.

Où allait se positionner le Benelux ? Le Luxembourg et les Pays-Bas sont parmi les plus ambitieux. Mais la Belgique – à l’autre bout du spectre – a fait capoter une proposition de déclaration pourtant pas mirobolante. Le week-end dernier, après des mois de négociations, notre pays a fait savoir qu’il ne pourrait souscrire au document. En cause : une ambition jugée « trop élevée » par le fédéral. La dernière mouture, pourtant agréée par les trois Régions du pays, avait été soumise en dernière minute à une consultation entre les cabinets ministériels fédéraux. Vendredi, le blocage est venu de la N-VA qui a émis un si grand nombre d’objections qu’il n’était même plus possible de poursuivre la discussion avec nos voisins, eux-mêmes à la limite inférieure de l’acceptable.

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Source :  LESOIR.BE – 24 septembre 2018

 

La prise de conscience environnementale

Si les nombreuses crises environnementales de ces dernières décennies ont contribué à une prise de conscience sur la fragilité des écosystèmes, celle-ci s’est faite par phases et n’a pas encore véritablement conduit à un changement des modes de vie.

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Déversement d’effluents polluants dans la Lys par l’usine Clarebout de Warneton (B) – Photo: ©Denis Viaene (14/09/2018)

Le tournant des années 1970

Le début des années 1970 marque un tournant dans la prise de conscience environnementale, tant au niveau national qu’international. La fin des Trente Glorieuses est concomitante au premier choc pétrolier et à l’émergence d’un chômage de masse. Le modèle de société qui avait prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale dans les pays occidentaux est largement remis en question. À la suite du mouvement de la Beat Generation et des groupements pacifistes, le modèle productif des sociétés industrielles est remis en question.
Une sensibilisation plus grande aux problématiques environnementales voit alors le jour.
En 1971, sont créées deux des plus grandes organisations non gouvernementales
agissant dans le domaine de la protection de la nature, Greenpeace et le World Wide Fund (WWF). En 1972, est publié le rapport du Club de Rome The limits to growth (traduit en français Halte à la croissance?).
Ce rapport publié sous l’autorité de Dennis Meadows et du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, annonçait qu’en ne maîtrisant pas leur développement et croissance économiques, les grandes puissances industrialisées entraîneraient un épuisement des réserves mondiales (de pétrole et de gaz) à l’orée des années 1990. La même année est fondé le Programme des Nations unies pour l’environnement chargé de coordonner les actions devant être mises en place afin de sauvegarder l’environnement naturel.

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Comment évoluent actuellement les émissions de gaz à effet de serre ?

Un peu de CO2 pour commencer

Depuis que Denis Papin et James Watt nous ont fait découvrir les joies de la machine à vapeur, la croissance de la production industrielle – qui, en volume, augmente sans discontinuer depuis cette époque, la « dématérialisation » n’étant qu’un terme à la mode – les émissions de CO2 – le principal gaz à effet de serre d’origine humaine – augmentent, et non seulement elles augmentent, mais elles ont même tendance à augmenter de plus en plus vite, comme on peut facilement le constater ci-dessous.

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Evolution constatée des émissions mondiales du seul CO2 provenant des combustibles fossiles, de 1870 à 2000, en millions de tonnes de carbone (rappel : une tonne de carbone = 3,67 tonnes de CO2).
Le lien entre développement industriel et émissions de CO2 est manifeste, et fonctionne dans les deux sens : la récession qui a frappé les pays de l’Est après la chute du Mur de Berlin a engendré une baisse massive de leurs émissions (Eastern Europe sur le graphique).
Source : Marland, G., TA. Boden, and R. J. Andres, 2003. Global, Regional, and National Fossil Fuel C02 Emissions. In Trends: A Compendium of Data on Global Change. Carbon Dioxide Information Analysis Center, Oak Ridge National Laboratory, U.S. Department of Energy, Oak Ridge, Tenn., United States

Ce constat commence avec les émissions provenant des combustibles fossiles, que nous présentons ci-dessous discriminées par zone d’émission.

Mais il n’y a pas que les combustibles fossiles qui contribuent aux émissions de CO2 : c’est aussi le cas de la déforestation et de la production de ciment. Dans le premier ce qui cause les émissions est le fait de couper puis brûler les arbres pour défricher des forêts et les transformer en surfaces agricoles (ce qui provoque l’essentiel de la déforestation), et dans le deuxième le CO2 provient de la réduction du carbonate de calcium (composant essentiel du calcaire), CaCO3, pour le transformer en chaux vive sous l’effet de la chaleur dans de grands fours à environ 1000 °C (le ciment est en effet un composé proche de la chaux vive).

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Source : JANCOVICI.COM – 1er août 2013

Réchauffement climatique et dégel du permafrost : la plus grave menace de l’humanité

Le permafrost, soit le nom donné aux sols gelés des régions arctiques, est parfois appelé « bombe à retardement ». En dégelant, il libère de grandes quantités de carbone et de méthane. Des gaz qui auraient un effet dévastateur sur la planète, alerte Dorota Retelska, docteure en biologie.

L’effet de serre a déjà élevé la température de la Terre de presque un degré et nous en voyons les conséquences.

Aujourd’hui, les glaces d’Arctique, du Groenland et d’Antarctique fondent vite. Le WWF rapporte que la moitié d’espèces d’animaux vertébrés a déjà disparu.

La spécialiste climat de la Banque mondiale déclarait récemment que moins d’aliments ont pu être cultivés sur la Terre en 2013, et qu’il y en aura de moins en moins ces prochaines décennies. L’eau salée s’infiltre dans les champs situés en bord de mer, les vagues de chaleur et les sécheresses tuent les cultures. L’acidification des océans empêche la croissance des huîtres, et d’autres mollusques marins. Les plages Atlantiques sont érodées, et le moustique tigre tropical a fait son apparition dans le Sud-Est de la France.

Les accords internationaux pourraient mener à une réduction d’émissions de gaz à effet de serre qui limiterait le réchauffement à deux degrés. Ce seuil a été choisi car, au-delà, le climat terrestre risque de se dérégler complètement.

Le permafrost est une bombe à retardement

Le permafrost, terres gelées du grand Nord, est parfois appelé une bombe à retardement. Il contient un énorme danger. En dégelant, il pourrait libérer une grande quantité de gaz à effet de serre qui ferait monter la température terrestre de plusieurs degrés.

Dans le permafrost sont congelés des restes de plantes et d’animaux anciens, y compris des dépouilles de mammouth. Dès que le sol dégèle, ces débris fermentent et le gaz carbonique et le méthane s’échappent dans l’atmosphère. Le méthane cause un effet de serre 23 fois plus important que le gaz carbonique (sur 100 ans).

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Source : LEPLUS.NOUVELOBS.COM – 26 octobre 2014

Les Alpes continuent à s’effondrer

Il ne fait aucun doute que c’est bien le réchauffement climatique qui est à l’origine de l’effondrement observé sur l’Arête des Cosmiques, à 3500 mètres d’altitude, dans le massif du Mont Blanc le 22 août 2018. 300 à 400 m3 de roches ont lâché prise et d’autres éboulements ne sont pas exclus d’ici l’automne. C’est l’une des courses les plus fréquentées dans le massif.

Une petite partie de la paroi, située 25 mètres en contrebas de l’arête, s’est effondrée à 11h06 le 22 août. Par bonheur, on ne déplore aucune victime, alors que des cordées d’alpinistes se trouvaient en amont et en aval de l’arête.

Très belle et relativement facile d’accès par le téléphérique de l’Aiguille du Midi, l’Arête des Cosmiques est l’une des courses les plus populaires dans le massif du Mont Blanc. On peut y croiser certains jours près une centaine d’alpinistes. Le refuge des Cosmiques n’est pas menacé, ni l’itinéraire qui mène au Mont Blanc, mais un itinéraire d’évitement de la zone dangereuse va être mis en place, pour éviter tout problème.
Suite à des canicules répétées en 2003, 2006, 2015, 2017 et 2018 mais aussi plusieurs autres étés très chauds, le permafrost de roche qui assure la stabilité des parois est en train de fondre et de provoquer de tels effondrements. Le «ciment de glace» qui assure depuis toujours la cohésion des blocs se dégrade, d’où des éboulements plus fréquents. Même si l’hiver dernier a été très enneigé, cette période plus froide n’a pas suffi pour recharger en glace.

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Source : claudegrandpeyvolcansetglaciers.com – 24 août 2018

Une association citoyenne lance une initiative pour préserver le climat

Une association citoyenne, nouvellement créée, a lancé samedi une initiative pour ancrer dans la Constitution fédérale l’objectif que la Suisse réduise à zéro ses émissions de CO2 d’ici 2050.

Les initiants se sont symboliquement rassemblés au pied du Steingletscher au col du Susten. Le lieu témoigne des conséquences du changement climatique: le glacier disparaît à vue d’oeil, a indiqué l’Association suisse pour la protection du climat.

Selon les initiants, presque tous les glaciers des Alpes auront disparu d’ici la fin du XXIe siècle. La fonte des glaciers et du permafrost menace l’existence même de notre civilisation. De fortes crues menacent lors de la fonte des neiges, alors qu’en été les rivières et les fleuves peuvent s’assécher, avertissent-ils.

Exceptions
Concrètement, « L’initiative pour les glaciers » stipule qu’au plus tard en 2050 il ne pourra plus être fait usage d’un combustible fossile. Une exigence qui fait référence aux objectifs de l’Accord de Paris. Des exceptions seraient toutefois autorisées, notamment quand il n’est technologiquement pas possible de faire autrement.

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Source : RTS.CH – 25 août 2018

Psycho : comment expliquer le déni face au réchauffement climatique ?

Par Mariel Bluteau

Il est difficile d’ignorer aujourd’hui qu’un effondrement écologique est en train de se produire. Pourtant, la mobilisation citoyenne reste assez faible. Pourquoi nous est-il si difficile de changer nos modes de vie ?

Cyril Dion est le co-fondateur, avec Pierre Rabhi, du mouvement écologiste Colibri ; il est également le co-réalisateur derrière le documentaire qui a eu tant de succès en 2016, Demain. Invité à s’exprimer sur France Inter au micro d’Ali Rebeihi, l’écologiste a rappelé l’ampleur du danger environnemental qui nous guette… et que pourtant nous avons tendance à oublier :

Nous sommes face à un danger comparable à celui d’une guerre mondiale, sans doute même plus grave.

Cyril Dion précise : « Si on écoute les scientifiques, d’ici la fin du siècle, c’est la moitié de l’humanité qui peut disparaître. C’est quand même considérable, 3,5 milliards de personnes… Ça va bien plus loin qu’une guerre mondiale ! »

Pour sonner l’alerte, les initiatives ont été très diversifiées et répétées : il y a eu les cris d’alarme répétés du glaciologue Claude Lorius, les COP successives, une alerte concertée et signée par 520 scientifiques internationaux, un « train du climat » rempli des scientifiques pour vulgariser le changement climatique, sans oublier le documentaire Demain, qui a quand même été vu par 1,2 millions de personnes dans les salles… Il nous est difficile aujourd’hui d’ignorer cette épée de Damoclès qui menace notre avenir. Mais alors, pourquoi change-t-on si peu nos habitudes ?

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Source : FRANCEINTER.FR – 4 juin 2018

Une plainte pour inaction climatique jugée recevable : l’espoir d’ « une décision qui s’apparente à celle de Monsanto »

La justice européenne vient d’accepter d’examiner une plainte pour « inaction climatique » contre les Etats européens. Elle a été déposée par dix familles, dont un producteur de lavande installé dans la Drôme.

« Mes récoltes ont baissé en moyenne de 44% sur les dix dernières années, sans compter cette année« , déplore Maurice Freschet, un producteur de lavande de Grignan (Drôme). Il fait partie des dix familles qui ont saisi la justice européenne pour réduire davantage les émissions de CO2. La Cour de justice de l’Union européenne a annoncé, lundi 13 août, qu’elle acceptait d’examiner cette plainte pour « inaction climatique ». C’est la première fois qu’une telle assignation est jugée recevable en Europe.

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Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

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