Psycho : comment expliquer le déni face au réchauffement climatique ?

Par Mariel Bluteau

Il est difficile d’ignorer aujourd’hui qu’un effondrement écologique est en train de se produire. Pourtant, la mobilisation citoyenne reste assez faible. Pourquoi nous est-il si difficile de changer nos modes de vie ?

Cyril Dion est le co-fondateur, avec Pierre Rabhi, du mouvement écologiste Colibri ; il est également le co-réalisateur derrière le documentaire qui a eu tant de succès en 2016, Demain. Invité à s’exprimer sur France Inter au micro d’Ali Rebeihi, l’écologiste a rappelé l’ampleur du danger environnemental qui nous guette… et que pourtant nous avons tendance à oublier :

Nous sommes face à un danger comparable à celui d’une guerre mondiale, sans doute même plus grave.

Cyril Dion précise : « Si on écoute les scientifiques, d’ici la fin du siècle, c’est la moitié de l’humanité qui peut disparaître. C’est quand même considérable, 3,5 milliards de personnes… Ça va bien plus loin qu’une guerre mondiale ! »

Pour sonner l’alerte, les initiatives ont été très diversifiées et répétées : il y a eu les cris d’alarme répétés du glaciologue Claude Lorius, les COP successives, une alerte concertée et signée par 520 scientifiques internationaux, un « train du climat » rempli des scientifiques pour vulgariser le changement climatique, sans oublier le documentaire Demain, qui a quand même été vu par 1,2 millions de personnes dans les salles… Il nous est difficile aujourd’hui d’ignorer cette épée de Damoclès qui menace notre avenir. Mais alors, pourquoi change-t-on si peu nos habitudes ?

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Source : FRANCEINTER.FR – 4 juin 2018

L’écologie essentielle n’est pas une utopie, c’est une urgence

Par Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant (REV)

Un an après son arrivée au pouvoir, le bilan écologique de Macron n’est pas au niveau de ses prises de position sur la scène internationale. Pour Benjamin Joyeux, coprésident du Rassemblement des écologistes pour le vivant, ce devrait pourtant être la priorité de tous les dirigeants face à la catastrophe annoncée.

L’IPBES1, le « GIEC2 de la biodiversité », a rendu sa synthèse en mars sur l’état actuel de la biodiversité planétaire, et ses conclusions sont sans appel : d’ici 2050, entre 38 et 46% des espèces animales et végétales risquent de totalement disparaître, tandis que la dégradation des sols et le changement climatique vont pousser entre 50 et 700 millions de personnes à migrer. Toujours en mars dernier, le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS ont annoncé également les résultats de leurs études de suivi des oiseaux : en France, un tiers de leurs populations se sont réduites en quinze ans, phénomène attribué à l’intensification de pratiques agricoles comme la généralisation des néonicotinoïdes, ces pesticides neurotoxiques responsables du déclin des abeilles et de la disparition de l’ensemble des insectes. Une situation extrêmement préoccupante qui de plus, d’après les scientifiques, s’aggrave ces deux dernières années. D’après une autre étude récente publiée dans la très sérieuse revue Scientific Reports, le tristement fameux « continent de plastique » en plein cœur de l’océan Pacifique serait beaucoup plus grand que prévu, évalué à 1,6 million de km2, soit trois fois la France continentale ! Et il ne fait que s’étendre, semant la mort et la maladie parmi la faune et la flore océaniques. Le coût annuel global de la pollution au plastique a été évalué par les Nations unies à 7… trillions de dollars par an! Sur les 8,3 milliards de tonnes de plastique qui ont été produites entre 1950 et 2015, 6,3 milliards de tonnes, soit l’immense majorité, n’ont pas été recyclées et ont fini dans la nature, en particulier dans les océans où l’on continue à en déverser plus de 8 millions de tonnes chaque année.

L’accumulation de tous ces chiffres, qui n’émanent pas de groupuscules écologistes, mais d’études scientifiques indépendantes, sérieuses et objectives, donne le vertige. Ce devrait être LA priorité absolue qui nous mobilise tous, et en premier lieu nos dirigeants. On ne peut pas dire que ce soit le cas.

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Source (extrait de) : LIBERATION.FR – 7 mai 2018

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Notes :

  1. IPBES : Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques
  2. GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

L’individualisme dans notre société

Par le Réseau Québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS)1

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Dans notre société, l’individualisme marque fortement le rapport à l’autre; on semble avoir évincé le besoin naturel d’échange et de partage. La transaction a pris le pas sur la relation. À la solidarité familiale intergénérationnelle et aux solidarités de voisinage, fondements de la vie sociale, s’est progressivement substituée une solidarité collective et institutionnelle, bien sûr indispensable, mais ne pouvant répondre à tous les besoins.

« L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui prédispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même »2.

L’individualisme peut difficilement être modifié à une aussi grande échelle, mais il est possible d’agir pour influencer les comportements, tel que plusieurs initiatives en participation citoyenne et en développement du bénévolat tentent de le faire.

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Comment créer la résignation et la docilité dans une société ?

La psychologie sociale est un outil fascinant qui est malheureusement utilisé à mauvais escient par les puissants…

Saviez-vous qu’il suffisait de lire un magazine féminin pendant 15 minutes pour voir son estime de soi baisser de 30% ? On le sait, la société de consommation est une drogue douce, qui vend un rêve inaccessible au goût de poison. Frustration.

Pour réussir ce tour de force (ce n’est pas si facile de faire aimer le poison à des personnes de tous horizons, de toutes cultures etc.), il faut convaincre le futur empoisonné que sa vie sans poison ne vaut rien. Il faut inculquer la frustration, et à terme, la résignation.

Pour comprendre comment la résignation peut être inculquée à une population, la psychologue Charisse Nixon propose une expérience dans sa classe. Et prouve qu’en 5 minutes, on peut provoquer l’impuissance et la résignation à travers la frustration et la peur de l’échec. Saisissant.

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97% des Français prêts à boycotter des entreprises ayant des pratiques sociales ou environnementales destructrices

Selon une enquête révélée mercredi par franceinfo, la quasi totalité des Français attendent « des grands groupes qu’ils adoptent des pratiques sociales et environnementales responsables. »

Le résultat de cette étude est implacable. 97% des Français se disent prêts à boycotter des entreprises ayant des pratiques sociales ou environnementales destructrices. Ce chiffre ressort d’une enquête* publiée mercredi 28 février révélée par franceinfo.

Menée par la société d’expertise comptable, de conseil et d’audit Denjean & Associés, cette enquête analyse la responsabilité sociale et environnementale des grandes entreprises vue par les Français. Elle met en évidence que nos compatriotes « attendent aujourd’hui des grands groupes qu’ils adoptent des pratiques sociales et environnementales responsables. » S’ils ne tenaient pas compte de cette attente, les grands groupes « risquent de connaître de graves difficultés, aussi bien pour développer leur chiffre d’affaires que pour recruter de nouveaux talents », assurent les auteurs de l’enquête.

Les mauvaises pratiques pointées

Parmi les mauvaises pratiques des entreprises figure le fait de faire travailler des sous-traitants qui emploient des enfants dans un pays étranger. Cela révolte près de 8 Français sur 10 (78%). 19% se déclarent choqués. Les sondés réagissent aussi nettement au cas où une entreprise n’assurerait pas la sécurité des salariés qui manipulent des produits toxiques ou qui travaillent sur des chantiers de construction. Cela suscite le rejet de 71% des personnes interrogées. Les entreprises qui mettent sous pressions leurs collaborateurs, quitte à les faire « craquer » ou les mener à la dépression, sont aussi jugées révoltantes par les deux tiers des Français (66%). Parmi les autres pratiques qui provoquent de forts rejets des personnes interrogées, on trouve également le fait de confier à des stagiaires des travaux qui reviennent à des salariés en CDI.

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Inde. Un village du Kerala bientôt neutre sur le climat

La municipalité de Meenangadi, dans le sud du pays, ambitionne d’effacer son empreinte carbone dans les deux ans. En replantant notamment dans une région abîmée par la déforestation qu’impose la culture du poivre et du café.

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C’est à son retour de la COP21, la conférence sur le climat qui s’est tenue à Paris à la fin de 2015, que Thomas Isaac, ministre des Finances du Kerala(1), s’est donné pour mission de réduire à zéro l’empreinte carbone du village de Meenangadi. Une opération pilote destinée à mobiliser la population du sud de l’Inde contre les émissions de gaz à effet de serre. Le pari est “en passe d’être tenu”, a annoncé The Indian Express le mardi 27 février. “La municipalité distribue des boutures de bananiers aux femmes de Meenangadi”, donnant ainsi le top départ à une opération visant tous les gestes quotidiens de la contrée.

Les élus demandent à la population “de ne pas jeter les pots en plastique des plantes” et en profitent pour recommander “l’utilisation des déchets organiques issus de la préparation des repas comme engrais pour le jardin, et un usage limité du savon pour faire la vaisselle”. Mais pour compenser les 14 500 tonnes de carbone produites par le village, il faut aller beaucoup plus loin.

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En Suisse, les citoyens s’opposent à l’agriculture intensive

Par Mathilde Sallé de Chou

En Suisse, l’agriculture intensive pourrait bien disparaître dans les années à venir. C’est en tout cas le sens de cette initiative citoyenne. Explications.

Voilà un exemple de démocratie participative inspirant.

En Suisse, l’initiative populaire fédérale est un droit civique qui permet aux citoyens de proposer une modification totale ou partielle de la Constitution. Pour ce faire, il faut réunir le soutien d’au moins 100.000 citoyens ayant le droit de vote. C’est dans ce cadre que se sont exprimés nos voisins helvètes, déterminés à se battre « Pour une eau potable propre et une alimentation saine».

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Leur proposition : supprimer les subventions allouées aux exploitations qui utilisent des pesticides et des antibiotiques prophylactiques (préventifs) pour mettre un terme à une agriculture intensive. Soutenu par 114.420 citoyens, le projet de loi a été déposé à la Chancellerie fédérale le 18 janvier dernier.

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VIDÉO – Comment ralentir le réchauffement climatique en 5 gestes ?

Par Charlotte Hattenberger

Symbole de la lutte pour la sauvegarde de l’environnement, les ours polaires sont une espèce particulièrement menacée. Principal danger : le réchauffement climatique qui empêche les ours de chasser et donc de se nourrir. Mais quels gestes peut-on faire au quotidien pour préserver la planète ?

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Symbole de la lutte pour la sauvegarde de l’environnement, les ours polaires sont une espèce particulièrement menacée. Photo : ICEPEOPLE.NET

Trier ses déchets, soutenir les associations de protection de l’environnement, préférer les sacs réutilisables… Il existe de nombreux gestes et initiatives éco-responsables. Mais les connaissez-vous tous ? A l’occasion de la Journée internationale de l’ours polaire, France Bleu vous propose cinq gestes simples pour participer à notre échelle à la sauvegarde de la planète.

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Source : FRANCEBLEU.FR – 27 février 2018

Zéro Phyto 100% Bio à Bailleul

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Les cantines biologiques se développent presque aussi rapidement que l’arrêt des pesticides dans les communes françaises. Des femmes et des hommes, conscients de leurs responsabilités en termes de santé publique et d’environnement, agissent pour des paysages en transition au travers d’initiatives vertueuses !

SÉANCE-DÉBAT LE DIMANCHE 25 MARS À 18H30 dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides. Débat avec l’association Terre de Liens.
– lundi 26 mars 14H DERNIÈRE SÉANCE

Flyers et affiche à télécharger ici ►► www.dahu.bio/evenements/projections/429-zero-phyto-100-bio-a-bailleul

Nombreuses infos sur le site du cinéma http://flandria.cine.allocine.fr/
Sur le site du film www.0phyto-100pour100bio.fr
Toutes les projections www.dahu.bio/evenements

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Pollution sonore : les oiseaux ne s’entendent plus chanter

Par Frédéric Mouchon

C’est une des conséquences inattendues du bruit : le chant des oiseaux s’en trouve modifié avec un impact, notamment, sur leur reproduction.

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Lorsque vous ouvrez vos fenêtres chaque matin sur les bruits de la ville, adieu l’esprit champêtre. Le son strident des klaxons, le murmure de la circulation ou le vrombissement des usines ont tendance à masquer le gazouillis des oiseaux. Si votre âme de rat des champs en souffre, ce n’est rien à côté de ce que doivent subir les oiseaux victimes de cette pollution sonore. D’après une étude que vient de dévoiler l’Académie nationale des sciences américaine, certains volatiles sont tellement stressés par les bruits ambiants que cela influe sur leur reproduction et modifie leur façon de chanter !

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont suivi à la loupe le comportement de trois espèces d’oiseaux qui avaient élu domicile non loin d’un site de production de pétrole et de gaz. Deux cent quarante nichoirs ont été étudiés. Les scientifiques ont constaté des taux d’éclosion réduits. Les analyses de sang réalisées sur les femelles ont montré qu’elles étaient beaucoup plus stressées : les sons des prédateurs approchant du nid étant étouffés par le bruit des machines, les oiseaux devaient rester en état constant de vigilance.

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