Pourquoi faut-il préserver les zones humides?

par EMMANUELLE RÉJU

Les opposants aux projets d’infrastructures tels que le barrage de Sivens ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes mettent en avant la destruction de zones humides.

EXPLICATIONS de Ghislain de Marsily, professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris, spécialisé en hydrologie.

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La zone humide de l’étang des Landes dans le Limousin. / Teytaud / Flickr / CC

« Les zones humides sont très riches en eau durant au moins une partie de l’année. S’y développent des écosystèmes, avec plantes et animaux, qui ne se trouvent pas ailleurs. Les marais en font partie, mais pas seulement. Il peut s’agir de prairies humides, de zones avec des mares ou des fossés. On les trouve sur des plateaux, le long des rivières, les deltas, les régions de lacs, etc.

Une extension de la définition en 2008

La définition légale des zones humides, qui figure dans le code de l’environnement, a été modifiée en 2008. Sont considérées comme des zones humides des endroits où le sol sous-jacent possède des traces d’hydromorphie, c’est-à-dire des traces d’une saturation régulière en eau.

En vertu de cette définition plus extensive que la définition précédente, les zones humides concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont par exemple passées de 150 à 700 hectares, soit la quasi-totalité du terrain du projet d’aéroport.

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Les zones humides : un écosystème menacé (Vidéo)

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Cliquer sur l’image pour visionner le reportage de Notélé (Durée : 2:51)

Depuis vingt ans, le 2 février est consacré à la journée internationale des zones humides. Ces précieux écosystèmes sont souvent mal connus du grand public ou considérés comme inutiles. La région de Comines regorge encore de ces rares biotopes, et les naturalistes locaux se battent pour les protéger de l’urbanisation croissante.

Interviennent dans ce reportage sur les zones humides des Bas Prés et Kortekeer à Comines et du Pont-Rouge à Warneton :
– Martin WINDELS, Guide Nature,
– Marie-Laure JOLY, Secrétaire du collectif « Lys-Deûle Environnement »,
– Philippe MOUTON, Vice-Président du du collectif « Lys-Deûle Environnement ».

Source : NOTELE.BE – 3 février 2018

Les zones humides : des réservoirs de biodiversité à préserver

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Crue de la Lys débordant sur les prairies humides du Pont Rouge à Warneton (B).

À l’occasion du prochain rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité en Europe et en Asie Centrale, la FRB (Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité) donne chaque mois jusqu’à la sortie du rapport.
La parole à des chercheurs spécialistes de différents écosystèmes (marin, forestier, d’eau douce…) et de disciplines comme le droit, l’économie et la biologie de la conservation. Autant de domaines qui offrent chacun un éclairage précis sur les enjeux actuels pour la biodiversité en Europe.

Interview de Pierre Caessteker, chargé de mission zones humides à l’AFB

Dans le monde, 64 % des zones humides ont disparu depuis le début du XXe siècle.
Si les grands projets d’infrastructures et d’urbanisation ainsi que l’intensification de l’agriculture ont conduit à l’assèchement de ces zones, nos sociétés prennent aujourd’hui un peu plus conscience de la nécessité de les préserver. Ainsi, 74 % des Français se sont montrés favorables à l’abandon du projet d’aéroport à NotreDame-des-Landes, situé sur une zone humide. A l’occasion de la journée mondiale des zones humides et en lien avec le prochain rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité en Europe, Pierre Caessteker, chargé de mission à l’Agence française pour la biodiversité (AFB), revient sur les effets bénéfiques de ces écosystèmes, essentiels au cycle de l’eau et à la biodiversité.

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Zones humides : l’Agence de l’eau rappelle son engagement

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Le Parc régional de la Brenne (Photo : MH Guy)

La Journée mondiale des zones humides est célébrée aujourd’hui. A cette occasion, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne rappelle qu’elle est intervenue dans la signature, le 12 septembre dernier, d’un contrat territorial jusqu’en 2021 pour restaurer les zones humides du Parc naturel de la Brenne.
Les zones humides représentent en effet 20 à 30 % de la surface de ce territoire, soit entre 40.000 et 50.000 ha, dont 4.234 plans d’eau pour 9.224 ha. Façonnées par l’homme au cours des siècles, les zones humides sont imbriquées dans une mosaïque de milieux composés de prairies, landes, boisements, étangs. Un programme de quarante-quatre actions est prévu sur la durée du contrat, qui ont pour objectifs de restaurer les zones humides et les secteurs dégradés, lutter contre les espèces envahissantes, accompagner et valoriser les pratiques éco-responsables pour l’eau comme pour la biodiversité, maintenir des haies, acquérir des sites à haute valeur environnementale ou hydrologique, animer, sensibiliser, communiquer.
Pour les actions éligibles aux aides de l’agence de l’eau, le coût prévisionnel du contrat s’élève à 4,49 M€, financé à 58,4 % par l’agence de l’eau.

Source : LANOUVELLEREPUBLIQUE.FR – 2 février 2018

Les 5 atouts des zones humides face au dérèglement climatique

Les zones humides rendent bien des services au monde vivant. Parmi leur myriade de bienfaits, ces territoires de rencontre entre l’eau et la terre ont de sérieux atouts face au dérèglement climatique. Explications de France Nature Environnement.

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Débordement de la Lys dans les prairies humides du Pont-Rouge à Warneton (B) observé depuis Deûlémont (F)

2010 : 29 morts et disparus dans le Var. Automne 2014 : 17 morts et disparus dans le Sud-Est de la France. Octobre 2015 : 21 morts et disparus dans les Alpes-Maritimes… Derrière ces chiffres, des inondations d’une ampleur folle, meurtrière, dévastatrice dont la répétition est consternante.

Les fortes pluies liées au climat local du Sud-Est sont en cause. Avec le dérèglement climatique, ces intempéries risquent de devenir plus fréquentes, plus intenses et plus longues. Mais à cette météo s’ajoute un facteur aggravant : une urbanisation irréfléchie. Étudiant les inondations du Var en 2010 et 2011, un rapport sénatorial de 2012 a d’ailleurs épinglé l’aménagement du territoire conduit dans ce département : il a amplifié les inondations et ses dégâts.

L’attrait touristique du Sud-Est de la France, particulièrement du littoral méditerranéen, a conduit à une forte urbanisation du territoire. Des zones humides et des terres agricoles ont été détruites pour de nouveaux bâtiments, de nouvelles infrastructures. Seulement, tous ces aménagements ont imperméabilisé les sols. Résultat : les sols n’absorbent plus l’eau, celle-ci ruisselle, et lors d’intempéries, les inondations prennent alors de l’ampleur conduisant à davantage de désastres humains et matériels.

Pourtant, ces drames ne sont pas une fatalité. En tenant compte de la valeur des zones humides, certains territoires ont atténué les effets des inondations.

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Au rythme des marais (reportage vidéo)

Plaidoyer écologique pour la restauration des zones humides, vitales pour l’équilibre de notre environnement, aux images d’une grande beauté. 

Dans le monde, 5000 km2 de marais disparaissent chaque année, du fait de l’extraction de tourbe et de l’agriculture intensive, synonyme d’assèchement et de défrichement. Les marais ne recouvrent plus que 3% de la surface de la planète. Pourtant, à eux seuls, ils absorbent plus de dioxyde de carbone que toutes les forêts réunies.

Voilà dix mille ans, la majeure partie de l’Europe était couverte de marais. Aujourd’hui, les rares zones paludéennes à avoir échappé aux travaux d’assèchement et d’exploitation de la tourbe recèlent quelques-unes des formes les plus étranges et les plus chatoyantes de notre faune et de notre flore. Dans ces écosystèmes uniques, entièrement vierges de la présence de l’homme, il règne une atmosphère onirique. Au fil des saisons, entre jour, nuit et crépuscule, on découvre une vie extraordinairement fourmillante.

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Inondations : les zones humides, la solution efficace pour lutter contre ce fléau ?

France 3 s’intéresse ce vendredi 26 janvier au bassin de la Bièvre (Essonne), au sud de Paris. Sur place, un système a visiblement permis aux habitants d’éviter les inondations.

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La dernière grande crue remonte à 1982

Les flux sont analysés, surveillés, gérés par ordinateur, même si la main de l’homme peut intervenir à tout moment. Le projet porté par 14 communes vise surtout à redonner libre cours à la nature. Dans le parc de Vilgénis à Massy (Essonne), le bassin artificiel a été vidé, la zone humide s’étend sur 15 hectares. La Bièvre s’étale sans déborder. Un choix qui semble efficace. Ici, la dernière grande crue remonte à 1982.

Source : FRANCEINFO – 26 janvier 2018

Le 2 février : « Journée des zones humides. » Quand Paris mouille ses pieds dans la Seine.

Trois grands projets à Comines-Warneton. La transformation des Bas-Prés à Comines, le Projet Kortekeer, le projet de plate-forme portuaire au Pont-Rouge.

La vallée de la Lys est en pleine mutation industrielle et urbanistique. Si on laisse tout faire ce sera une catastrophe. Les projets d’urbanisation de toutes natures s’imposent sans qu’aucune vision globale ne les harmonise ni entre eux, ni avec les éléments paysagers existants, ni avec ceux de la Flandre ou de la France. Quand je souligne l’absence d’harmonie dans les espaces, je dois ajouter l’absence de logique dans le temps. On pouvait dans un contexte de projets si anciens, espérer qu’un air de modernité souffle le long de la Lys. Je regrette de le dire, mais jamais, ni en écrit, ni en paroles pendant les dizaines d’années de luttes pour une prise en compte des éléments que j’ai cités plus haut, la majorité de Comines-Warneton n’a fait le moindre signe pour défendre les Bas-Prés de Comines ou ceux de Warneton ni les habitants qui vivent autour, au contraire.

Philippe Mouton & Frank Efesotti
Conseillers Communaux Ecolo à Comines-Warneton.
28 janvier 2018

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2 février 2018 : journée mondiale des zones humides

Chaque année, la Journée mondiale des zones humides (JMZH) – comme celle du Pont-Rouge à Warneton – est célébrée le 2 février, pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar.

Chaque année depuis 1997, des organismes gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et des groupes de citoyens à tous les niveaux de la société profitent de l’occasion pour lancer des actions de sensibilisation du public aux valeurs et aux avantages des zones humides en général, et de la Convention de Ramsar en particulier.

Menacé par les activités humaines et les changements globaux, ce patrimoine naturel fait l’objet d’une attention toute particulière. Sa préservation représente des enjeux environnementaux, économiques et sociaux importants.

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L’instabilité politique aggrave le déclin de la biodiversité

Par Audrey Garric

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Photo : Les Amis de Warneton

Une nouvelle étude scientifique montre qu’une bonne gouvernance des Etats est essentielle au succès de la conservation des espèces.

La sixième extinction de masse des animaux s’accélère, cette triste réalité est désormais connue. Partout, sous l’effet des activités humaines, les vertébrés et les invertébrés reculent sur Terre, à la fois en nombre d’espèces, de spécimens et d’étendue. On souligne moins que l’instabilité politique et la gouvernance défaillante de certains Etats conduisent à cette érosion de la biodiversité au même titre que la croissance économique, la démographie galopante ou encore le changement climatique.

Voilà la conclusion d’une vaste étude publiée dans Nature, mercredi 20 décembre, qui apporte toutefois une lueur d’espoir : les aires naturelles protégées permettent de conserver la diversité de la faune sauvage lorsqu’elles sont situées dans des pays relativement stables politiquement avec des structures juridiques et sociales solides.

L’équipe internationale de chercheurs, dirigée par l’université de Cambridge, a utilisé les espèces d’oiseaux d’eau (canards, hérons, flamants, etc.) comme un baromètre de l’état de la biodiversité. Leurs habitats – les zones humides, qui s’étendent sur 1,3 milliard d’hectares dans les zones côtières comme dans les terres – sont en effet parmi les plus diversifiés, mais aussi les plus menacés de la planète. Les scientifiques ont analysé pas moins de 2,4 millions de recensements de 461 espèces d’oiseaux d’eau, menés pendant près de vingt-cinq ans sur 26 000 sites à travers le monde.

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